Accueil Blog Page 19

Sénégal : 436 milliards F CFA investis en cinq ans dans l’enseignement supérieur (Pm)

Mouhammad Boun Abdallah Dionne, le Premier ministre du Sénégal a déclaré, lundi à Dakar, que l’Etat a dépensé 436 milliards F CFA en cinq ans dans l’enseignement supérieur depuis l’accession du président Macky Sall au pouvoir.

« Les réformes engagées par le président Macky Sall pour une restructuration profonde du système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation ont coûté en cinq ans 436 milliards F CFA d’investissement en infrastructures et équipements compte non tenu des dépenses de fonctionnement, de la politique des bourses et des œuvres sociales universitaires », a indiqué Mouhammad Boun Abdallah Dionne.

Le Premier ministre s’exprimait à la cérémonie de retour des diplômés de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Présidant cette rencontre qui a vu la participation de plusieurs sommités, M. Dionne a souligné qu’ « en 2015, un Prix pour la Recherche doté de 500 millions F CFA a été créé afin de financer les chercheurs pour relever les défis du développement ».

Poursuivant, il a salué l’initiative des anciens de l’Ucad qui « n’attendent pas tout des pouvoirs publics ». Un point que partage Ibrahima Thioub, le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

Pour cet historien, ces retrouvailles sont une occasion de « procéder à une introspection pour vérifier si le legs des aînés a été bien préservé et fructifié par les cadets ». Selon le professeur Thioub, « au bout d’un siècle d’existence, l’Ucad se doit, s’adossant toujours à sa riche trajectoire qui en fait un patrimoine africain, de se repositionner pour faire partie des premières universités du monde ».

Pour l’atteinte d’un si ambitieux objectif, il faut selon lui, « la mobilisation de toutes les énergies, l’observation du parcours de cette institution avec la sagesse et l’esprit critique positif qui aideront à corriger ses tares afin d’identifier les solutions à mettre en œuvre pour son renouveau ».

Concluant son propos, Ibrahima Thioub a soutenu que « dans la grande compétition entre les nations et les civilisations, le savoir est devenu l’arme par excellence. Nul n’est forclos a priori, il n’y en a que le manque de confiance en soi qui constitue un handicap. Nul ne part perdant s’il a foi en soi, en sa culture et nourrit en son cœur l’amour de sa patrie ».

Les festivités marquant le retour des diplômés de l’Ucad « homecoming » coïncide avec le centenaire de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) de l’Ucad. De l’avis du Pr Abdoulaye Samb, doyen de ladite faculté, cet anniversaire « offre aux spécialistes des sciences biomédicales et sociales et aux historiens l’opportunité de revisiter l’évolution des enseignements des sciences biomédicales depuis la création de l’Ecole de médecine de Dakar jusqu’à nos jours ».

En outre, M. Samb a informé qu’un « colloque international plaçant la FMPO au cœur du débat va identifier les pistes de solutions salvatrices pour l’évaluation voire la refondation de la faculté dans un contexte de mondialisation irréversible et face aux enjeux actuels de la santé publique ».

Henriette Dagri Diabaté, Grande chancelière de l’Ordre national de la République de Côte d’Ivoire  a été choisie comme marraine du « homecoming » des diplômés de l’Ucad. Un choix justifié du reste car, c’est dans ce temple du savoir qu’elle a obtenu « son premier diplôme universitaire, le Certificat littéraire général (CELG) en 1958-1959 après avoir fréquenté l’Ecole normale de Rufisque ».

Très émue, elle n’a pas manqué de jeter un regard sur le rétroviseur. « C’est à cette époque que j’ai remarqué, souvent debout au fond du bus qui nous transportait de l’université à la cité, Abdou Diouf, un grand jeune homme réservé et courtois. Personne, pas même lui, n’imaginait alors qu’il serait un jour le président de la République du Sénégal, puis le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) », s’est-elle souvenue.

De son côté, Tamaro Touré, la présidente du Comité d’initiative des anciens de l’Ucad a fait savoir que les anciens résidant au Sénégal ou dans les pays de l’ancienne Afrique Occidentale Française (AOF) ont été  mobilisés autour d’une action solidaire. Ainsi, a-t-elle renseigné, « Ibrahim Boubacar Keïta, président du Mali et ancien étudiant de l’Ucad (en latin et grec) a versé 65 millions F CFA. Macky Sall, président du Sénégal et ancien étudiant de l’Institut des Sciences de la Terre (IST) a donné une contribution de 100 millions F CFA ».

A en croire Mme Touré, l’objectif est d’apporter « un souffle nouveau à l’Ucad qui ne doit pas perdre son caractère de producteur d’une élite africaine éclairée ».

Ibrahima Dione

Internet des Objets : Un accord pour son développement au Sénégal

Internet Society annonce la signature d’un protocole d’accord avec le Ministère de la Communication et de l’Économie Numérique, l’ARTP et Internet Society Sénégal pour le développement de l’Internet des Objets au Sénégal.

Un nouveau protocole d’accord tripartite a été signé entre l’organisation à but non lucratif Internet Society (ISOC), le Ministère de l’économie Numérique du Sénégal, l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) et le chapitre Internet Society Sénégal (ISOC SN), pour une coopération étroite dans le cadre d’une initiative nationale d’élaboration d’un cadre de sécurité de l’Internet et des objets connectés (IoT), la promotion des bonnes pratiques, et le développement de formations liées à Internet et à l’IoT au Sénégal.

 

Cet accord marque la volonté de mettre en place une stratégie commune pour développer et promouvoir la numérisation du Sénégal et sa participation à la révolution de l’Internet des Objets, le tout dans des conditions optimales de sécurité et de démarche qualité auxquelles veilleront l’ensemble des protagonistes. Ce protocole pose les bases d’une coopération renforcée entre les parties, dans le respect des compétences de chacun, dont les objectifs principaux sont le partage des connaissances et expertises, la mise à disposition de ressources financières et logistiques, la promotion de formations et ateliers, et l’engagement d’entités complémentaires pour asseoir cette démarche au Sénégal et en Afrique. Expression d’une volonté commune de coordination et d’intensification des actions pour renforcer la présence du Sénégal sur la scène numérique, ce protocole d’accord réunit les représentants du gouvernement avec l’expertise indépendante et le leadership mondial reconnu d’Internet Society en matière de normes technologiques, de développement économique et de progrès social.

Le gouvernement sénégalais et l’ARTP se sont engagés dans cet accord avec la volonté de favoriser le développement de l’Internet et de son encadrement législatif. Les signataires de cet accord partagent la vision d’un Internet ouvert et mondial, qui favorise l’innovation et les opportunités sociales. Ce protocole d’accord doit permettre une meilleure mutualisation des moyens et compétences des différents partenaires au Sénégal et à l’international, ainsi que la constitution d’un réseau réactif et cohérent pour servir de relais entre les entreprises, institutions et entités sénégalaises participantes.

Il se traduira par la réalisation de missions communes, d’actions d’information et de formation, et par la mise en œuvre d’un cadre réglementaire soutenu par diverses initiatives de promotion.

​Le Syndicat professionnel de l’industrie du Sénégal dénonce une « pléthore » de taxes

PressAfrik

Sénégal : Décès du patron de presse Sidy Lamine Niasse

Sidy Lamine Niasse, le fondateur du groupe Walf Fadjri et homme de presse très engagé politiquement, est décédé le 4 décembre à Dakar, à la suite d’un malaise cardiaque.

Le fondateur du groupe Walf Fadjri et figure de la presse privée sénégalaise est décédé le mardi 4 décembre aux alentours de 8 heures du matin, à l’hôpital principal de Dakar. Âgé de 68 ans, il avait été hospitalisé la veille à la suite d’un malaise cardiaque.

En janvier 1984, il avait lancé le premier numéro du journal Walf, « poussé par un immense sentiment de révolte suite à son incarcération sous le régime de Léopold Sédar Senghor », se souvient Abdourahmane Camara, directeur de la publication de Walf. D’abord un bimensuel, le journal devient un quotidien dans les années 1990, avant de s’étendre à la radio et à la télévision et de devenir l’un des groupes de presse privée les plus influents du pays.

Très engagé politiquement, le président de Walf Fadjri a dédié sa vie à incarner les contre-pouvoirs face aux régimes successifs. Écouté sous Abdou Diouf puis sous Abdoulaye Wade, avec qui il a eu des relations difficiles, « il était très attaché à l’idée de contre-pouvoir et à la conservation de sa liberté de ton », insiste Abdourahmane Camara.

« Ni pour ni contre » les gouvernements

La critique permanente des gouvernants lui vaudra quelques affrontements avec les autorités. Notamment sous la présidence de Macky Sall, à l’occasion du référendum constitutionnel de 2016. Face à un service public laissant beaucoup d’espace aux partisans du « oui », Sidy Lamine Niasse tenait à ouvrir les colonnes de son journal aux défenseurs du « non ».

Le jour du vote, il avait fait face à une opération des autorités, entrées en force dans les locaux de ses antennes radio et télé afin d’en couper la diffusion. Le groupe de presse avait alors bénéficié d’un vif soutien des populations, venues manifester, jusqu’à obtenir le recul des autorités. «Ni pour ni contre» les régimes en place, Sidy Lamine Niasse tenait dur comme fer à sa posture de contre-pouvoir, et, comme il se plaisait à le dire, souhaitait « donner la parole aux sans voix ».

Les pays émergents dans le viseur du sud-africain Aspen

Après avoir cédé sa branche nutrition au français Lactalis, le groupe entend se concentrer sur les médicaments. Rencontre avec son PDG, Stephen Saad.

En septembre, le laboratoire pharmaceutique sud-africain Aspen cédait sa branche nutrition au groupe français laitier Lactalis pour 740 millions d’euros afin de se concentrer sur son coeur de métier: la pharmacie. C’est ainsi qu’il continue d’investir dans ses capacités de production. le groupe a annoncé en octobre qu’il allait injecter 3,4 milliards der ands (216 millions d’ euros) dans son unité de fabrication de Port Elizabeth, dans la province du Cap-oriental.

Bien que l’afrique du Sud continue d’être un centre de production et une source de revenus essentielle pour le groupe, l’expansion d’aspen en Europe, en Chine ou en Amérique latine a été jusque-là bien supérieure à ce qu’elle est en Afrique du Sud et sur le reste du continent. Cependant, comme le déclare à Jeune Afrique Stephen Saad, fondateur et directeur général du groupe, « si les marchés africains n’ont pas atteint la taille critique de certains des autres territoires où le groupe est présent, les taux de croissance peuvent y être très élevés ».

Aspen, dont les revenus, avec une augmentation de 3 %, ont atteint en 2018 42,6 milliards de rands, produit plus de 24 milliards de comprimés par an et dispose de 25 unités de fabrication réparties sur 17 sites. Il emploie plus de 10000 personnes et vend ses produits dans plus de 150 pays. En Afrique subsaharienne, qui représente 23 % de son chiffre d’affaires, le groupe fournit des médicaments de marque ou des génériques, principalement en Afrique du Sud, mais aussi au Botswana, en Namibie, au Kenya, en Tanzanie, au Nigeria, au Ghana et en Ouganda.

L’activité Mena (Moyen-orient et Afrique du Nord) du groupe fournit des produits pharmaceutiques de marque mondiale et des marques

locales au Moyen-orient et en Afrique du Nord, notamment en Égypte, en Algérie, au Maroc et en Arabie saoudite, cette dernière représentant environ la moitié des ventes de la région.

La question de l’harmonisation de l’enregistrement des brevets

La cession de l’activité nutrition à Lactalis permettra aux branches des régions Asie-pacifique, Amérique latine et Afrique subsaharienne de se concentrer sur leurs activités pharmaceutiques principales. Par cette vente, Aspen ne diminue pas son attention sur l’europe. L’europe de l’ouest représente 29 % de son chiffre d’affaires, plus que l’activité africaine du groupe, et l’europe de l’est, 7 %. Outre ses investissements industriels en Afrique du Sud, il développe également ses capacités de fabrication sur ses sites en France et en Allemagne. Néanmoins, Aspen a pour principal objectif de se concentrer sur les pays émergents, où il détient des « positions solides » et où il prévoit de croître en augmentant ses volumes. Ses résultats financiers pour 2018 indiquent que les revenus générés par l’ensemble de ses produits ont enregistré une croissance nettement plus forte sur les marchés émerg gents que sur les marchés développés. .

L’afrique reste un élém ment central de cette stratégie. « Not tre vision stratégique de l’afrique du Suds et de l’afrique est qu’il existe un ppotentiel de croissance pour la simp ple raison que les gens veulent un meilleur accès aux médicaments, a déclaréd Saad. Pour démontrer notre engae gement, nous avons établ i des capacités de production à Accra,a Dar es-salaam et Nairobi, oùo on souhaite commercialiser r nos produits. »

Saad rappelle qu’aspen a une forte présence en Afriqu ue de l’est grâce à Beta Kenya et Sshelys Tanzanie, acquis en 2012 ete qui sont des acteurs clés du se ecteur pharmaceutique pour les s produits prescrits médicalem ment et pour ceux en vente libre. Deuxeu fabricants qui fournissent une base pour l’expansion d’aspen en Afrique centrale et en Afrique de l’est, y compris pour les marques génériques.

Cependant, dans certains pays africains, les coupures de courant, la mauvaise qualité de l’eau et le manque de compétences pour répondre aux besoins du groupe sont un frein à son déploiement. Par ailleurs, explique Saad, il y a aussi la question de l’harmonisation de l’enregistrement des médicaments, par exemple en Afrique de l’est, ainsi que celle des notices, pour lesquelles les réglementations peuvent être différentes en fonction des pays. « Beaucoup d’entre eux, explique-t-il, ont un faible volume, et un enregistrement séparé peut être contraignant. Ce serait un changement très important pour le groupe si l’enregistrement harmonisé était plus largement accepté sur le continent. »

Des investissements importants au Kenya et en Tanzanie

Les chiffres d’aspen peuvent suggérer que, dans le portefeuille mondial d’aspen, d’autres territoires sont de plus en plus dominants par rapport à ceux de l’afrique. « Bien que la taille absolue du marché africain hors Afrique du Sud soit relativement petitee, les taux de croissancce en pourcentage sonnt élevés, et il n’y a au ucune raison pour qu’iils ne soient pas parmi les plus élevés. » Le groupe a réalisé des investissements importants, en particulier au Kenya et en Tanzanie, et a transféré une partie de la fabrication dans les usines qu’il y a implantées, notamment pour les produits en vente libre. « Nous les utilisons également comme base pour nous implanter plus largement dans le reste de la région, et nous regardons plus loin en nous concentrant particulièrement sur l’afrique de l’est, a déclaré Saad. Nous sommes le plus grand fournisseur de médicaments en Tanzanie. » Cependant, il faudra une croissance significative pour que les opérations africaines se rapprochent de celles de l’afrique du Sud ou de l’europe en matière de contribution aux revenus.

Comme un certain nombre de sociétés sud-africaines, Aspen a indiqué avoir entendu l’appel du président, Cyril Ramaphosa, aux entreprises pour sortir le pays de la récession. Le laboratoire a ainsi annoncé « le plus gros investissement pharmaceutique » sud-africain, de 3,4 milliards de rands, dans la production d’anesthésiques stériles. Néanmoins, des inquiétudes concernant la stabilité politique et économique persistent. Des préoccupations similaires concernent de nombreux États africains, en particulier la Tanzanie. Mais Saad reste optimiste pour les activités tanzaniennes et africaines du groupe.

Tribune L’UE va-t-elle enfin se débarrasser de ses tendances paternalistes ?

Si de nombreux événements ont marqué le début du XXIE siècle, la signature de la « Déclaration du millénaire » et l’accord de Cotonou comptent parmi les plus importants pour l’afrique. Ils ont un point commun : tous deux offrent une vision paternaliste d’un continent pas encore totalement intégré à l’économie mondiale. Est-ce que cette vision a vraiment changé depuis ?

Les relations entre l’afrique et l’europe ne peuvent pas rester figées comme elles l’étaient à la fin du siècle dernier. La bonne nouvelle est que la conjoncture actuelle – qui incite tant aux questionnements qu’aux réformes sur chacun des deux continents – nous permet d’amorcer un dialogue qui devrait nous guider vers un nouveau paradigme. Ce dernier devra prendre en compte les évolutions qui ont eu lieu en Afrique au cours des vingt dernières années sur les plans économique, social, politique et institutionnel, et ainsi permettre de construire un partenariat diversifié, au-delà d’une relation de dépendance fondée presque exclusivement sur l’aide au développement. Quand

l’union européenne (UE) a signé son accord de partenariat avec les pays des ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) en 2000, deux mois après le sommet Ue-afrique au Caire, le continent était en pleine transformation. Entre-temps, l’union africaine (UA) a succédé à l’organisation de l’unité africaine (OUA).

Cette institution a depuis montré qu’elle pouvait faciliter l’émergence d’initiatives – telles que son Agenda 2063 ou son rôle dans le maintien de la paix – avec lesquelles ses partenaires peuvent s’engager pour construire une coopération équitable, dans le respect des principes d’appropriation et de redevabilité.

L’instauration de la Zone de libre-échange continentale (Zlec) fait partie de ces opportunités permettant d’insuffler une bouffée d’air frais dans les relations économiques entre les deux continents. En effet, le blocage des négociations des accords de partenariat économique (APE) – perçus par beaucoup comme une entrave à l’intégration économique du continent et sujet de pressions invraisemblables –, qui n’ont abouti jusque-là qu’à la signature d’un seul accord (avec la région Afrique australe, mais n’incluant même pas l’ensemble de la CDAA – Communauté de développement de l’afrique australe) montre qu’un autre chemin doit être emprunté pour exploiter pleinement le potentiel du commerce entre les deux continents.

Certes, L’UE a exprimé son soutien à la Zlec en augmentant sa contribution à sa mise en oeuvre de 7 millions d’euros, entre 2014 et 2017, à 50 millions d’euros pour la période courant de 2018 à 2020. On espère toutefois que ce soutien assoira la Zlec comme cadre africain pour la promotion simultanée des échanges commerciaux intra-africains et extérieurs, plutôt que de s’enferrer davantage en reprenant l’esprit des négociations ratées des APE. Le

rôle de L’UA dans le domaine de la paix et de la sécurité fournit également un autre espace privilégié de partenariat gagnant-gagnant intercontinental dont l’europe doit davantage se saisir. En effet, L’UE soutient, depuis 2004, l’architecture africaine de paix et de sécurité (Apsa) et a contribué, à ce jour, à hauteur de 2,4 milliards d’euros pour soutenir les troupes déployées par les États africains. Ainsi, L’UE, avec L’ONU, reste un partenaire clé de L’UA. Il n’en demeure pas moins que cette coopération pourrait s’étendre à d’autres domaines, comme la diplomatie préventive ou la lutte contre le terrorisme.

Le temps est aussi venu de se pencher sur les sujets qui fâchent. Dans le domaine des migrations, par exemple, où les non-dits dictent des attitudes de méfiance

réciproque. En ce qui concerne le cadre institutionnel pour arriver à des accords post-2020, la confusion règne du côté européen.

Au sein de L’UA, la décision du sommet des 17 et 18 novembre clarifie autant qu’il se peut le cadre des négociations entre les deux continents. D’une part, L’UA respecte l’engagement existant à travers le schéma ACP, entériné à Cotonou il y a dix-huit ans. D’autre part, L’UA indique que ce dernier cadre de négociations se limite aux 48 pays africains ACP.

En effet, des accords d’association entre L’UE et les pays d’afrique du Nord existent déjà, et il n’est pas nécessaire de modifier ce cadre, fondé sur la politique de voisinage de l’europe. Il est plutôt préférable d’élargir de tels privilèges aux autres pays du continent.

Sans vouloir minimiser le poids de l’aide au développement, qui continue d’être nécessaire dans certains contextes, il est important d’enrichir, de renforcer et de construire une autre coopération à l’échelle continentale qui sera conduite, côté africain, par les instances de L’UA. Àcet

égard, le récent sommet a identifié les domaines où la coopération entre l’afrique et l’europe est non seulement primordiale pour les deux continents, mais où elle peut également agir comme catalyseur d’un changement de paradigme : la paix et la sécurité, les migrations, le développement et les changements climatiques, et le commerce, en particulier à travers la mise en oeuvre de la Zlec. Il ne faut jamais oublier que l’afrique est le troisième partenaire commercial de L’UE, après les États-unis et la Chine.

Dans sa déclaration, en septembre 2018, le président de la Commission européenne, Jean-claude Junker, soulignait que « L’afrique n’a pas besoin de charité, elle a besoin de partenariat équilibré, d’un vrai partenariat. Et nous, Européens, avons besoin au même titre de ce partenariat ». Par ces décisions, L’UA a montré qu’elle partageait ce même souhait.

Le moment des changements est-il venu ? On ose l’espérer, tout en se souvenant que parfois « plus ça change, plus c’est la même chose ».

En Afrique, le taux de pénétration des smartphones atteindra 70% en 2024

Dans son dernier rapport sur la mobilité rendu public cette semaine, le groupe Ericsson qui évoque largement la pénétration de la 5G, a annoncé que le taux de pénétration des smartphones en Afrique et au Moyen-Orient sera à 70% en 2024 contre 40% actuellement. Quant à la 5G, sa commercialisation sur le Continent est attendue en 2022.

Le dernier rapport d’Ericsson sur la mobilité permet d’avoir un aperçu sur la pénétration de la 5G dans le monde, mais aussi donne des précisions importantes concernant la pénétration des smartphones en Afrique. Sur ce dernier point, le rapport indique déjà qu’au 3e trimestre 2018, sur les 120 millions de nouveaux abonnements mobiles enregistrés dans le monde, 14 millions sont notés en Afrique, soit près de 11,67%. Ericsson ajoute dans son rapport qu’en Afrique, «le taux de pénétration du mobile est de 82 % (104 % au niveau mondial), avec de fortes disparités entre les  pays». Se basant sur ces informations, le rapport d’Ericsson sur la mobilité donne également des prévisions importantes pour la région Afrique et Moyen-Orient.

Ainsi, indique Ericsson, dans ces zones, le nombre d’abonnements à des smartphones devrait doubler d’ici 2024, faisant passer le taux de pénétration des smartphones de 45% à 70%. Au même moment, le trafic moyen mensuel de données mobiles aujourd’hui enregistré à 2,9 Go, devrait passer en 2024 à 15 Go, soit une progression de 517,2%. Quant au trafic mensuel de données mobiles, le rapport annonce qu’il sera multiplié par neuf en 2024, contre cinq au niveau mondial. La région connaîtrait ainsi le taux de croissance le plus élevé au monde sur ce plan. Malheureusement, malgré ces chiffres, l’Afrique sera quasiment absente quand il s’agira de parler des grandes avancées, notamment avec la 5G et sa commercialisation dans le monde.

L’Afrique, c’est pour après

Lors que le rapport d’Ericsson annonce que la 5G devrait atteindre 1,5 milliard d’abonnés en 2024, il mentionne également que cette percée ne sera pas portée par l’Afrique malgré les grandes avancées réalisées sur le continent. «La commercialisation de la 5G a commencé auprès de grands fournisseurs de services de communication. En Afrique, la 5G est attendue à partir de 2022», note le rapport. Ainsi pendant que les autres continents seraient déjà en train de profiter d’un meilleur débit internet, l’Afrique devra encore attendre jusqu’en 2022, où même si la commercialisation commencera, très peu de personnes sur le Continent y seraient abonnées.

«D’ici la fin de l’année 2024, la 5G devrait couvrir plus de 40 % de la population mondiale et atteindre 1,5 milliard d’abonnés au très haut débit mobile. Cela fera de la 5G la génération de technologie cellulaire la plus rapide en termes de déploiement à l’échelle mondiale», révèle le rapport. «L’Amérique du Nord et l’Asie du Nord-Est devraient jouer un rôle moteur dans cet essor. D’après les prévisions, la 5G représentera en Amérique du Nord 55 % des abonnements mobiles d’ici la fin de 2024. En Asie du Nord-Est, elle dépassera 43 %. En Europe de l’Ouest, la 5G devrait capter environ 30% des abonnements mobiles de la région d’ici fin 2024», ajoute le rapport

Société Générale réfléchit à des partenariats en Afrique de l’Est

La banque de la Défense mise sur le financement des PME et des infrastructures, mais songe aussi à des partenariats pour grandir en Afrique de l’Est.

Parmi les rares banques françaises à avoir maintenu une présence forte en Afrique, la Société générale veut plus que jamais pousser ses feux face à la concurrence. « Si le rythme de notre croissance n’atteint pas celui des marchés dans lesquels nous sommes présents, nous risquons de décliner », avertit Alexandre Maymat qui dirige l’Afrique, la Méditerranée et l’Outre-mer pour la banque de la Défense. Sur le terrain des clients particuliers, les opérateurs télécoms font de l’ombre à la finance traditionnelle avec leurs offres de porte-monnaie électronique. Et sur celui des entreprises, les banques panafricaines comme Eco Bank ou les marocaines Attijariwafa et BMCE se montrent très offensives.

Infrastructures et PME

Outre les particuliers, qu’elle veut séduire avec  son service de paiement mobile « YUP » , la Société générale veut creuser son sillon dans les infrastructures et les PME. « Nous voulons faire croître de 20% sur trois ans nos engagements dans les financements structurés sur le continent pour financer les besoins en infrastructures et augmenter de 60% nos encours de crédits aux PME au cours des cinq prochaines années », a détaillé Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale, lors d’une rencontre avec la presse à Dakar. Pour le groupe, qui revendique 18 milliards d’euros d’encours de crédits en Afrique, dont 6 milliards aux PME, cela correspond à 4 milliards de prêts supplémentaires pour les entreprises de taille moyenne.

D’ici à 2020, le groupe veut voir croître ses revenus africains en moyenne de 8% par an. « Aujourd’hui, l’Afrique représente 5% des revenus de la banque, si on tient compte du potentiel du continent cela pourrait représenter 10 à 12% en 2030 », note Philippe Heim, directeur général délégué de Société Générale. Mais il doit tenir compte de certaines contraintes. « Pour des raisons de profil de risque, nous n’allouons pas plus d’un tiers de notre capital aux pays émergents », confirme Frédéric Oudéa. Une jauge qui est d’ores et déjà atteinte, compte tenu de l’exposition du groupe en Russie, notamment.

Prochaine étape

Pour grandir en Afrique, Société Générale songe donc à d’autres mécanismes. « On réfléchit à nos options pour passer à une prochaine étape. L’une d’entre elles serait de faire des partenariats», », détaille Philippe Heim. Pour pénétrer l’Afrique de l’Est, la banque pourrait être tentée de se rapprocher d’acteurs anglophones, comme Absa (ex-Barclays) ou Standard Chartered. Un autre dirigeant précise : « on ne s’associera qu’avec un acteur qui a la même vision de la conformité que nous ».

Sharon Wajsbrot, à Dakar    

En Afrique, Société Générale mise sur le « mobile money »

Grâce à son nouveau service de paiement mobile « YUP », la banque de La défense espère doubler sa base de clientèle en Afrique subsaharienne.

Depuis quelques mois, Kiné et Aissatou, ont ajouté sur le mur blanc de leur kiosque en crépi l’inscription sur fond rouge ‘YUP’. Signe qu’ici, les clients pourront utiliser le nouveau service de paiement mobile de Société Générale, en plus de ceux d’Orange Money, de Joni Joni et de Wari. Situé au abords d’un carrefour très fréquenté, dans le quartier Mermoz à Dakar, le kiosque des deux jeunes femmes jouxte un étal de cacahuètes et un vendeur de chaussures qui a disposé son stock sur le trottoir.

La concurrence d’Orange Money 

Dans la petite boutique, on vient recharger son téléphone mobile avec de la monnaie électronique pour payer dans les magasins, envoyer de l’argent à des proches, régler ses factures d’électricité mais aussi acheter des Mentos ou y faire des photocopies.

Ce vendredi 30 novembre après-midi, le brouhaha des voitures et des bus est constant aux alentours, mais l’affluence est faible. «C’est un jour de prière, beaucoup de gens sont à la mosquée », explique Aissatou. Elle arbore le t-shirt blanc promotionnel de ‘YUP’ mais reconnaît que le service démarre. « Pour le moment, c’est Orange Money qui nous rapporte le plus car c’est le plus utilisé », dit-elle.

Doté de 1,9 million de clients au Sénégal, Orange Money fait de loin la course en tête devant YUP. Lancé fin 2017,  le service de Société Générale revendique 130.000 clients au Sénégal et un total de 300.000 si l’on inclut ceux qui l’utilisent au Burkina Faso, en Côté d’Ivoire et au Cameroun. D’ici 2020, il vise un million de clients.

« Outil d’accélération considérable »

Avec ce nouveau service qui se veut accessible à tous, Société Générale espère pourtant revenir dans la course de la banque du quotidien et élargir son vivier de clients africains. Dotée d’une présence historique dans les pays francophones, Société Générale compte au total 3,7 millions de clients dans 19 pays du continent. Mais il pâtit de taux de bancarisation qui ne dépassent pas 20% en Afrique de l’Ouest.

« En trois ans, YUP doit nous permettre de doubler notre base clientèle en Afrique subsaharienne ! Ce ne sont pas les même clients que nous avons mis 50 ans à conquérir, mais c’est un outil d’accélération considérable », s’enthousiasme Alexandre Maymat, responsable Afrique, Méditerranée et Outre-mer chez Société Générale.

Popularisé par les opérateurs télécoms en Afrique de l’Est il y a une dizaine d’année, le « mobile money » qui permet de stocker de l’argent dans son téléphone à la manière dont on stocke des minutes téléphoniques fait, il faut dire, une percée considérable en Afrique de l’Ouest. « On s’est demandé si des pans entiers de l’industrie allaient tomber dans les mains des telcos », les opérateurs de télécommunication, reconnaît Matthieu Vacarie, qui dirige YUP.

La carte du microcrédit

Pour faire la différence en tant que dernier entrant, Société Générale mise sur les services aux agents – c’est-à-dire les milliers de petits commerçants qui distribueront « YUP ». Dans son échoppe où canettes d’Orangina, rouleaux de papiers toilettes et paquets de céréales jalonnent les étagères, Omar teste l’un d’entre eux : un outil de caisse qui lui permet d’avoir l’oeil sur ses stocks. Mais la tablette enregistre aussi ses données de paiement pour permettre à la banque de se faire une idée de son risque de crédit afin de lui accorder un prêt.

D’autres idées sont aussi éprouvées. « Nous travaillons avec un producteur de cacao pour faciliter le paiement des planteurs via YUP. Lors des récoltes, les coopératives décaissent des quantités de cash qu’ils utilisent pour payer les planteurs », explique Matthieu Vacarie. Face à la concurrence effrénée, Société Générale veut, à l’instar d’Orange Money, aussi jouer la carte du microcrédit. La banque française entend proposer des avances sur salaires aux clients sénégalais de YUP dans les prochains mois.

Premiers pas dans l’Hexagone

Si le succès est au rendez-vous, Société Générale espère que YUP permettra d’alléger les frais d’exploitation de son réseau africain. « On a souvent 40 à 60 personnes qui font la queue dans une agence. Lorsque les clients reçoivent leur salaire, certains ont tendance à venir le retirer en espèce », explique Jean-Marc Mancel, directeur de la filiale sénégalaise du groupe. Compte tenu des économies dans la gestion du cash, la banque estime que YUP sera à l’équilibre en 2020. D’ici là, le service doit faire ses premiers pas dans l’Hexagone :  les transferts d’argent vers la France doivent être lancés en 2019.

Sharon Wajsbrot, à Dakar  

Mauritanie-Sénégal: Macy SALL à Nouakchott finaliser l’accord sur le gaz et lancer le fleuve

Le président sénégalais, Macky Sall, sera à Nouakchott la semaine prochaine pour mettre la touche finale à l’accord relatif à l’exploitation commune du champ gazier offshore transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et la pose de la première pierre du pont enjambant le fleuve Sénégal et reliant les deux pays.

Le chef de l’Etat sénégalais a fait cette révélation samedi, en marge d’une cérémonie d’investiture en grande pompe, comme candidat à l’élection présidentielle 2019, par la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY). Une manifestation organisée au complexe sportif «Dakar Arena», situé dans la nouvelle ville de Diamniadio, en présence de quatre chefs d’Etat invités. Il s’agit du président ivoirien Alassane Ouattara, du mauritanien Mohamed ould Abdel Aziz, du gambien Adama Barrow et du libérien Georges Weah.

Concernant le volet gazier de cette visite, il faut rappeler que la Mauritanie et le Sénégal ont signé un accord de principe pour l’exploitation commune du champ gazier offshore transfrontalier (Grand Tortue Ahmeyim) en février 2018 à Nouakchott. Les négociations relatives à la mise œuvre des aspects financiers de l’accord ont continué pendant toute l’année 2018, avec notamment des rencontres entre les deux pays organisées à Paris et Dakar.
Découvert en 2015, le champ gazier offshore transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) est présenté comme un site de classe mondiale, avec des réserves évaluées à 25 milliards de pieds cubes, dont 8 milliards de pieds cubes pourront être exploités dès le démarrage du projet.
Ce projet gazier est porté par un consortium constitué de la société américaine Kosmos Energy et British Petrolum (BP). La décision finale
d’investissement relative à l’exploitation de ce site gazier est attendue avant la fin de l’année 2018. D’où cette rencontre entre les deux chefs d’Etat pour mettre une touche finale au projet.

Quant au deuxième motif de la visite en Mauritanie annoncée par le président Macky Sall, il est relatif à la pose de la première pierre du pont sur le fleuve Sénégal à Rosso (localité frontalière située à 200 kilomètres au Sud de Nouakchott, et 350 kilomètres au Nord-Est de Dakar).
Ce projet de désenclavement des deux rives du fleuve est annoncé depuis plusieurs décennies. Son processus de réalisation a enregistré d’importantes avancées au cours de ces dernières années. Son coût est estimé à 54 milliards de francs CFA.

Le financement de l’ouvrage est porté par la Banque africaine de développement (BAD) pour 44 millions d’euros, l’Union européenne (UE) et la Banque européenne d’investissement pour 20 millions d’euros, et le Sénégal et de la Mauritanie contribueront chacun à hauteur de 5 millions d’euros.
Le pont sur le fleuve à Rosso à une dimension d’intégration au plan local, national et sous-régional, pour les espaces du Maghreb et de la  Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui seront ainsi reliés.

D’où d’importantes retombées économiques et commerciales au profit des populations, des opérateurs économiques et des Etats.