Le grand groupe automobile chinois SAIC (marque MG) va installer à La Corogne, dans la région de Galice en Espagne, sa première usine de voitures électriques en Europe, ont annoncé lundi les autorités régionales.
« Le plan est de commencer la construction (du site) en 2027 et d’avoir l’usine opérationnelle avant fin 2028 » avec « un objectif de production de 120.000 véhicules par an », a déclaré le président régional, Alfonso Rueda, lors d’une conférence de presse.
Ce projet de SAIC, entreprise basée à Shanghai, d’un « coût initial de 200 millions d’euros », doit générer « la création de 2.300 emplois », a précisé M. Rueda face aux journalistes.
Cette annonce est l’une des toutes premières du genre en Espagne, pays qui mise largement sur les énergies renouvelables pour son mixte électrique, en plein essor des véhicules électriques dans le monde, notamment en Europe.
Ces dernières semaines, plusieurs marques automobiles chinoises ont affirmé leur intention de fabriquer en Europe pour conquérir le marché européen, face aux difficultés des constructeurs traditionnels, notamment allemands et français.
Dans ce contexte, le 20 mai, c’était le groupe franco-italo-américain Stellantis (Peugeot, Fiat, Opel, Jeep, Citroën, Chrysler…) qui avait annoncé un protocole d’accord avec Dongfeng pour distribuer des voitures électriques de ce groupe chinois en Europe et en produire dans son usine de Rennes, dans l’ouest de la France.
D’autres constructeurs européens, comme Volkswagen, pourraient être aussi tentés d’ouvrir leurs usines aux modèles chinois.
En raison de la baisse des ventes, les usines européennes sont en surcapacité moyenne de production de 50%, selon des analystes, et certaines risquent la fermeture.
Lors d’un déplacement en Chine mi-avril, son quatrième dans le pays depuis 2023, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait pressé Pékin de corriger le déséquilibre commercial « intenable » avec l’Union européenne, premier bloc commercial mondial et deuxième économie de la planète, notamment « en s’ouvrant » davantage.
L’Espagne a enregistré en 2025 un déficit commercial de 42,3 milliards d’euros avec la Chine.
L’Espagne plaît aux investisseurs chinois, selon les analystes, notamment parce que son économie affiche l’un des taux de croissance les plus élevés d’Europe et que les coûts de l’énergie y restent relativement bas.
Dans l’imaginaire collectif, les marchés financiers semblent fonctionner principalement grâce à l’argent disponible, aux taux d’intérêt ou aux décisions des banques centrales. Pourtant, une autre mécanique beaucoup moins visible influence désormais une partie croissante des financements mondiaux. Dans de nombreuses opérations financières, ce n’est plus seulement la capacité à emprunter qui compte, mais aussi la qualité des actifs qu’un acteur peut mettre en garantie. Autrement dit, l’économie mondiale dépend de plus en plus du collatéral.
Le terme reste technique, mais son rôle est devenu central dans la finance contemporaine. Lorsqu’une banque emprunte à une autre institution, lorsqu’un fonds d’investissement réalise certaines opérations ou lorsqu’une banque centrale fournit de la liquidité, une garantie est souvent exigée en contrepartie. Cette garantie peut prendre différentes formes : obligations d’État, titres financiers, créances ou autres actifs considérés comme suffisamment sûrs. Plus l’actif est jugé solide, plus il devient recherché.
Cette logique a pris une importance particulière après la crise financière de 2008. Avant cette période, une partie du système financier fonctionnait sur une confiance relativement élevée entre institutions. L’effondrement des marchés a profondément modifié ce fonctionnement, car les régulateurs ont ensuite renforcé les exigences prudentielles et accru les demandes de garanties pour limiter les risques systémiques.
Depuis lors, les banques et les acteurs financiers doivent immobiliser davantage d’actifs considérés comme sûrs afin de sécuriser certaines opérations. Les obligations souveraines de pays très bien notés, notamment américaines ou allemandes, sont devenues des références particulièrement recherchées dans cette économie du collatéral.
Les montants concernés donnent une idée de l’ampleur du phénomène. Le marché mondial des accords de pension livrée, plus connu sous le nom de marché repo, représente plusieurs milliers de milliards de dollars de transactions quotidiennes. Dans ce système, les institutions échangent de la liquidité contre des titres mis temporairement en garantie. En apparence, il s’agit d’un marché très technique, mais il constitue l’un des circuits centraux de financement de la finance mondiale.
Or, la disponibilité de garanties considérées comme irréprochables n’est pas infinie. C’est précisément là qu’apparaît une question devenue importante dans plusieurs travaux de recherche économiques, celle de la rareté du « bon collatéral ». Certains actifs sont tellement recherchés qu’ils finissent par exercer une influence directe sur les conditions de financement mondiales.
Les obligations du Trésor américain occupent une place particulière dans cet équilibre. Le marché des Treasuries dépasse aujourd’hui les 28 000 milliards de dollars, et ces titres servent largement de référence dans les opérations financières internationales. Lorsqu’une partie de ces actifs devient moins disponible ou plus difficile à mobiliser, les tensions peuvent rapidement se diffuser dans l’ensemble du système financier.
La crise de liquidité survenue sur le marché repo américain en septembre 2019 a d’ailleurs illustré cette réalité. Malgré un environnement où les liquidités semblaient abondantes, les taux sur certaines opérations se sont brutalement envolés. La Réserve fédérale des États-Unis avait alors dû intervenir rapidement afin d’injecter des dizaines de milliards de dollars pour stabiliser la situation.
Cette évolution modifie progressivement la lecture traditionnelle des marchés financiers. Une économie peut disposer de capitaux importants, mais rencontrer malgré tout des tensions si les actifs considérés comme suffisamment sûrs deviennent rares ou concentrés entre quelques acteurs.
Les économies africaines restent moins directement exposées à ces mécanismes sophistiqués, mais elles n’en sont pas totalement éloignées. Les États, les banques et les entreprises africaines évoluent eux aussi dans un système financier mondial où la perception du risque influence fortement les conditions d’accès aux financements.
Dans plusieurs pays du continent, la qualité perçue de la dette souveraine joue un rôle important dans les coûts d’emprunt. Une dégradation de notation ou une détérioration de certains indicateurs budgétaires peut rapidement modifier l’appétit des investisseurs et renchérir le coût des financements disponibles.
Cette transformation est moins visible que les débats sur les taux d’intérêt ou sur la dette publique, mais elle influence profondément les flux financiers mondiaux. À mesure que les marchés deviennent plus réglementés et plus sensibles aux garanties, la capacité à disposer d’actifs considérés comme sûrs devient elle-même une ressource stratégique.
Dans de nombreuses économies africaines, le recours aux technologies étrangères s’impose comme une étape presque incontournable du développement. Machines industrielles, logiciels, équipements énergétiques, infrastructures numériques, la majorité de ces outils est conçue, produite et souvent contrôlée depuis l’extérieur du continent. Cette réalité permet d’accélérer certains projets, mais elle pose aussi une question de fond, celle de la dépendance technologique.
Importer des technologies permet de gagner du temps. Une entreprise peut rapidement moderniser sa production, améliorer sa qualité ou augmenter ses volumes sans devoir développer elle-même des solutions complexes. Les États peuvent déployer des réseaux, des systèmes numériques ou des infrastructures en s’appuyant sur des partenaires étrangers.
Mais cette facilité a un coût. Une économie qui dépend fortement de technologies importées reste exposée à plusieurs vulnérabilités. Les équipements doivent être achetés en devises, entretenus par des experts parfois étrangers et remplacés régulièrement. Les mises à jour, les pièces de rechange et le support technique dépendent souvent de fournisseurs extérieurs.
Dans le secteur des télécommunications, cette dépendance est particulièrement visible. Les réseaux, les équipements et une partie des logiciels utilisés par les opérateurs reposent largement sur des technologies développées par de grands groupes internationaux. Les opérateurs locaux, comme Sonatel, dépendent de fournisseurs étrangers pour une grande partie de leur infrastructure.
Le numérique renforce aussi cette dépendance. De nombreuses entreprises africaines utilisent des solutions développées par des acteurs internationaux comme Microsoft, Google ou Amazon pour leurs données, leurs services cloud ou leurs outils de gestion. Ces technologies facilitent l’activité, mais elles posent des questions sur la localisation des données, la sécurité et la capacité à développer des alternatives locales.
Dans l’industrie, la dépendance se traduit par l’importation de machines, d’équipements et de procédés techniques. Cela limite la capacité des entreprises locales à innover, adapter ou produire elles-mêmes ces technologies. Une partie importante de la valeur ajoutée reste ainsi captée à l’extérieur.
Réduire cette dépendance ne signifie pas se couper du reste du monde. L’enjeu est plutôt de développer progressivement des compétences locales, des centres de recherche, des formations techniques et des écosystèmes d’innovation capables de s’approprier ces technologies.
Certains pays commencent à investir dans ces domaines, notamment dans les services numériques, les fintechs ou les solutions adaptées aux marchés locaux. Mais le défi reste important, car il nécessite du temps, des investissements et une coordination entre secteur public, entreprises et universités.
La dépendance technologique rappelle ainsi une réalité souvent sous-estimée. Utiliser une technologie ne signifie pas forcément la maîtriser. Et sans maîtrise, une partie de la souveraineté économique reste entre les mains d’acteurs extérieurs.
Après une impressionnante série de sept victoires consécutives toutes compétitions confondues, le Sénégal a subi un coup d’arrêt dimanche en s’inclinant face aux États-Unis (3-2) en match amical de préparation pour la Coupe du monde. Un revers qui a suscité de nombreuses réactions et alimenté les débats autour de la performance des hommes de Pape Thiaw à quelques jours de leurs débuts en Coupe du monde 2026.
Si certains motifs de satisfaction ont émergé de cette rencontre, notamment la prestation prometteuse du jeune Bara Sapoko Ndiaye, plusieurs secteurs de jeu ont été pointés du doigt. La défense sénégalaise, en particulier la charnière centrale composée de Mamadou Sarr et Abdoulaye Seck, a été vivement critiquée par les supporters et les observateurs. Les deux défenseurs ont affiché des difficultés dans la gestion de la profondeur et des transitions rapides américaines, des lacunes qui ont coûté cher aux Lions.
Toutefois, au-delà du résultat brut, cette défaite pourrait s’avérer bénéfique pour la sélection sénégalaise. Elle intervient à un moment stratégique de la préparation et offre au staff technique l’opportunité d’identifier les ajustements nécessaires avant le début du Mondial. Les enseignements tirés de cette rencontre permettront à Pape Thiaw d’évaluer certaines associations et de corriger les imperfections observées.
Pour les joueurs également, ce revers constitue un rappel utile. Champion d’Afrique et nation respectée sur la scène internationale, le Sénégal est désormais attendu à chaque sortie. Le moindre relâchement se paie immédiatement face à des adversaires de haut niveau.
Bien que douloureuse, cette défaite pourrait ainsi jouer un rôle important dans la préparation des Lions. En mettant en lumière leurs faiblesses avant la compétition, elle leur offre l’occasion de se remettre en question et d’aborder la Coupe du monde avec davantage de vigilance et d’exigence. Parfois, une défaite au bon moment vaut mieux qu’une victoire trompeuse.
Les entreprises publiques chinoises servent d’outils de puissance nationale — pour s’assurer l’accès aux ressources minérales, construire des corridors alternatifs vers l’économie chinoise et exercer une influence à long terme — ce qui a des implications profondes pour les intérêts des citoyens africains et le développement du continent.
Le port en eau profonde de Kribi, au Cameroun, construit par la China Harbor Engineering Company Ltd. (Photo : AFP/Xinhua/Kepseu)
Les grandes entreprises publiques chinoises ne sont pas de simples sociétés, mais des prolongements de la puissance nationale de la Chine, qui possède le plus grand secteur d’entreprises publiques au monde. Alors qu’environ 363 000 entreprises sont entièrement détenues par l’État, 629 000 le sont à au moins 30 % et près de 867 000 le sont au moins en partie. Les gouvernements provinciaux et locaux en contrôlent 116 000 autres. Les entreprises publiques représentent environ 20 % du produit intérieur brut de la Chine.
Le gouvernement chinois détient des « golden shares », des actions dorées dans des entreprises technologiques cotées en bourse qui ne sont pas strictement publiques, comme Tencent, Baidu et Alibaba. Ces actions permettent au gouvernement chinois de bloquer certains types de décisions d’entreprise. Il exerce également une influence sur des entités entièrement détenues par leurs employés, comme Huawei, par le biais de réglementations, de subventions et de prêts garantis par l’État.
Parmi les entreprises publiques chinoises les plus connues figurent des géants tels que Sinopec — le plus grand raffineur de pétrole au monde — et la China North Industries Corporation (NORINCO), première entreprise chinoise de technologie et de fabrication dans le domaine de la défense. Ces entreprises publiques dominent des secteurs stratégiques et bénéficient d’un soutien prioritaire dans le cadre de la politique industrielle chinoise. Grâce à ce soutien, les grands conglomérats d’entreprises publiques chinoises mettent en place des chaînes d’approvisionnement mondiales, s’assurent l’accès à des minerais stratégiques (y compris les terres rares), bâtissent des infrastructures essentielles, construisent, financent et exploitent des ports, développent des pôles énergétiques et soutiennent les efforts militaires et diplomatiques chinois.
LE PRÉCÉDENT AFRICAIN
L’argument du « profil d’ancien chef d’Etat » n’est pas anodin. L’Afrique a déjà occupé le fauteuil avec Koffi Annan, considéré comme le véritable candidat continental à l’époque. Avant lui, Boutros Boutros- Ghali avait réussi une synthèse diplomatique entre Afrique et Proche Orient, fort du soutien personnel du président français Jacques Chirac, dont l’engagement fut déterminant pour faire franchir le seuil du Conseil de sécurité à sa candidature.
A l’Union africaine, l’exemple d’Alpha Oumar Konaré, est souvent cité : ancien chef d’Etat du Mali, devenu plus tard, président de la Commission de l’Union africaine, il avait su s’imposer là où ses prédécesseurs étaient parfois réduits au rang de simples secrétaires, voire d’assistants-son galon présidentiel lui conférant une autorité morale que les chefs d’Etat en exercice ne pouvaient ignorer. Message subliminal : à New York comme à Addis- Abeba, le galon présidentiel pèse.
DIPLOMATIE EN RÉSEAU, ANGLAIS EN RÉSERVE
Bien réseauté, disposant de solides relais en Afrique, en Europe et dans le monde arabo-musulman, Macky Sall miserait davantage sur un lobbying ciblé plutôt que sur une campagne à ciel ouvert. Un proche du dossier résume : « Ici, ce n’est pas une campagne populaire. Il faut convaincre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et quelques pivots sur chaque continent, » L’équation est connue : sans l’aval d’au moins un des P5 (Etats Unis, Russie, Chine, France, Royaume- Uni), pas de salut.
Un soutien du Président français serait-il envisageable? Les observateurs qui connaissent la relation entre les deux hommes sourient à la question. Macky Sall et Emmanuel Macron ne se sont jamais cachés d’une proximité qui dépasse le protocole : ils se tutoient, s’appellent par leurs prénoms. Dans les chancelleries, ce type de relation ne s’oublie pas au moment des grands arbitrages. Sans qu’aucune information officielle ne soit venue de l’Elysée, peu d’analystes parieraient contre un coup de pouce français le moment venu.
Reste un point sensible : sa maîtrise jugée imparfaite de l’anglais, langue de travail dominante à l’Organisation des Nations unies. Certains observateurs estiment que cela pourrait constituer un handicap dans un environnement où la diplomatie se joue aussi dans la nuance lexicale. D’autres relativisent : à New York, les équilibres géopolitiques pèsent souvent davantage que l’accent. Certains tempèrent néanmoins. À l’instar de ce diplomate africain en poste à New York, qui a requis l’anonymat : «Macky Sall est une figure respectée, mais le poste de Secrétaire général ne se gagne pas sur un bilan continental. Il faut être acceptable pour Washington, Pékin et Moscou simultanément- et c’est là que les profils francophones africains ont historiquement buté.» Une réserve qui rappelle que la diplomatie onusienne est moins une course de popularité qu’un jeu d’équilibre de vétos.
Les grandes entreprises publiques chinoises ne sont pas de simples sociétés, mais des prolongements de la puissance nationale de la Chine, qui possède le plus grand secteur d’entreprises publiques au monde. Alors qu’environ 363 000 entreprises sont entièrement détenues par l’État, 629 000 le sont à au moins 30 % et près de 867 000 le sont au moins en partie. Les gouvernements provinciaux et locaux en contrôlent 116 000 autres. Les entreprises publiques représentent environ 20 % du produit intérieur brut de la Chine.
Le gouvernement chinois détient des « golden shares », des actions dorées dans des entreprises technologiques cotées en bourse qui ne sont pas strictement publiques, comme Tencent, Baidu et Alibaba. Ces actions permettent au gouvernement chinois de bloquer certains types de décisions d’entreprise. Il exerce également une influence sur des entités entièrement détenues par leurs employés, comme Huawei, par le biais de réglementations, de subventions et de prêts garantis par l’État.
Parmi les entreprises publiques chinoises les plus connues figurent des géants tels que Sinopec — le plus grand raffineur de pétrole au monde — et la China North Industries Corporation (NORINCO), première entreprise chinoise de technologie et de fabrication dans le domaine de la défense. Ces entreprises publiques dominent des secteurs stratégiques et bénéficient d’un soutien prioritaire dans le cadre de la politique industrielle chinoise. Grâce à ce soutien, les grands conglomérats d’entreprises publiques chinoises mettent en place des chaînes d’approvisionnement mondiales, s’assurent l’accès à des minerais stratégiques (y compris les terres rares), bâtissent des infrastructures essentielles, construisent, financent et exploitent des ports, développent des pôles énergétiques et soutiennent les efforts militaires et diplomatiques chinois.
Les entreprises publiques chinoises exercent une influence considérable qui peut restreindre l’autonomie politique et les priorités des pays africains.
Les entreprises publiques chinoises agissent également en tant qu’intermédiaires en matière de crédit en injectant des fonds ou en bénéficiant elles-mêmes de prêts préférentiels accordés par des banques publiques chinoises telles que la Banque d’import-export de Chine (China Exim Bank). Depuis 2000, la Chine a prêté plus de 150 milliards de dollars à des emprunteurs africains, dont une partie a été acheminée par l’intermédiaire d’entreprises publiques.
Compte tenu de l’ampleur de leur implication dans le financement et la construction des infrastructures critiques de l’Afrique, les entreprises publiques chinoises exercent une influence considérable qui peut restreindre l’autonomie politique et les priorités des pays africains, en particulier dans les contextes où la volonté politique de protéger les intérêts publics africains et de faire respecter les lois, normes et réglementations locales fait défaut. De nombreux secteurs économiques africains, notamment l’exploitation minière, les chemins de fer et la production d’électricité, risquent d’être dominés par de grandes entreprises publiques chinoises.
Ces avantages permettent aux entreprises publiques chinoises d’évincer les entreprises africaines et les autres investisseurs, de créer une dépendance de la chaîne d’approvisionnement vis-à-vis des entreprises chinoises et de réduire le pouvoir de négociation des gouvernements hôtes. Cela est particulièrement pertinent dans le domaine des minéraux critiques, où les entreprises chinoises contrôlent les étapes intermédiaires et en aval de la transformation, du raffinage et de la fabrication, ne laissant que peu ou pas de valeur ajoutée au pays hôte, qui reste prisonnier de l’exportation de matières premières.
De même, les entreprises publiques chinoises mènent souvent des projets financés par de grandes banques publiques telles que la Banque chinoise de développement et la Banque chinoise d’import-export, ce qui comporte des risques d’accumulation de la dette souveraine, de nantissement des recettes liées aux exportations de ressources et de pression budgétaire en cas de sous-performance des projets.
De plus, les contrats des entreprises publiques chinoises sont souvent négociés de gouvernement à gouvernement. Cela peut réduire le contrôle parlementaire et public et masquer les conditions confidentielles des prêts, ce qui nuit à la transparence des coûts des projets et de leurs impacts environnementaux.La Zambie constitue un exemple édifiant. Sous le mandat du président Edgar Lungu (2015-2021), la Zambie a accru ses emprunts auprès de bailleurs chinois alors que les cours du cuivre s’effondraient, tout en restreignant la transparence des informations publiques. Lorsque sa dette envers les bailleurs chinois et autres avait atteint un point critique, le gouvernement a annoncé publiquement que sa dette envers les bailleurs de fonds chinois s’élevait à 3,4 milliards de dollars, alors qu’elle s’élevait en réalité à 6,6 milliards de dollars.
De nombreux projets sont considérés comme servant davantage les intérêts stratégiques de la Chine que les besoins de développement à long terme du pays hôte.
En résumé, il est essentiel de reconnaître le rôle central des entreprises publiques chinoises dans la politique chinoise en Afrique afin de garantir la protection des intérêts économiques, de développement et de propriété des Africains.
Comment le secteur des entreprises publiques chinoises s’est développé et s’est implanté à l’étranger
L’expansion des entreprises publiques chinoises en Afrique et dans d’autres régions du Sud a été motivée par la politique du gouvernement chinois, soulignant l’utilisation des entreprises publiques comme instruments de la puissance nationale. La stratégie chinoise « Go Out » (zouchuqu zhanlue, 走出去战略), mise en œuvre en 1999, a incité les entreprises publiques à se développer à l’étranger grâce à des subventions publiques massives (s’élevant à environ 200 milliards de dollars par an), des crédits d’impôt, une assurance contre les risques politiques et un soutien diplomatique. « L’ Initiative route et ceinture », connue internationalement sous le nom de « Belt and Road Initiative » (BRI) et parfois appelée « Nouvelle route de la soie », est un élément central de cette stratégie, qui s’articule en grande partie autour des principales entreprises publiques chinoises.
Des ouvriers chargent des camions destinés à l’exportation vers l’Afrique dans le port de Yantai, dans la province chinoise du Shandong. (Photo : AFP/CN-STR)
Le solide soutien du gouvernement chinois a permis aux entreprises publiques chinoises de se développer rapidement et d’opérer à faible coût pour prendre le contrôle de secteurs stratégiques tels que les minéraux, la banque, les transports et l’énergie, ce qui leur a permis de dominer leurs concurrents nationaux et internationaux. Les entreprises publiques mettent également en œuvre les directives du gouvernement et du Parti communiste chinois (PCC), y compris les objectifs de politique étrangère.
En tirant parti des finances publiques et du soutien politique pour exercer une influence à long terme, les entreprises publiques chinoises ont pu opérer dans des environnements à haut risque et difficiles sur le plan logistique en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Environ 10 000 entreprises chinoises opèrent en Afrique, représentant environ 12 % de la production industrielle totale du continent et près de 50 % du marché africain de la construction sous contrat international. Les entreprises publiques chinoises sont présentes dans 78 ports répartis dans 32 pays africains en tant que constructeurs, bailleurs de fonds ou exploitants. Sur les 166 projets miniers chinois dans le monde, 66 se situent en Afrique.
Cela a toutefois parfois conduit à des investissements économiques non viables qui font peser un lourd fardeau de la dette sur les pays africains.
L’aéroport international de Mamamah, en Sierra Leone, en est un exemple. Ce projet de 318 millions de dollars, financé par la China Exim Bank et confié à China Railway International Group par le gouvernement du président Ernest Bai Koroma, a été annulé en 2018 par le président Julius Maada Bio en raison des craintes d’alourdir la dette du pays et de la sous-utilisation de l’aéroport international de Lungi existant. La Sierra Leone a préféré rénover Lungi et construire un pont pour en améliorer l’accès.
Un autre exemple est celui de la ville nouvelle de Kilamba, en Angola, un projet de 3,5 milliards de dollars construit dans les années 2010 par la China International Trust and Investment Corporation (CITIC) dans le cadre d’un accord de financement controversé adossé aux ressources naturelles, qui permettait à l’Angola de rembourser ses emprunts chinois grâce à ses exportations de minerais. Les logements et les bureaux ainsi construits ont été largement sous-occupés et ont été largement qualifiés de « ville fantôme » en raison de leurs prix élevés. Le gouvernement angolais a par la suite subventionné les coûts de logement et proposé des prêts hypothécaires à long terme par l’intermédiaire de sa compagnie pétrolière nationale, Sonangol. Grâce à cet apport, la ville nouvelle de Kilamba a connu une augmentation de son taux d’occupation. Cependant, le projet fait l’objet de critiques persistantes pour avoir alourdi la dette de l’Angola, généré des retombées financières limitées et reposé fortement sur la main-d’œuvre chinoise plutôt que locale.
Comment les entreprises publiques chinoises sont structurées
L’orientation politique générale des entreprises publiques chinoises émane du « Petit groupe de direction » (LSG) au sein du PCC, présidé par le président Xi Jinping, ce qui souligne l’importance des entreprises publiques dans le système politique chinois. Le Petit groupe dirigeant et ses filiales constituent les centres névralgiques de la prise de décision du gouvernement chinois, chargés de la coordination des stratégies et des politiques au sein du parti, du gouvernement et de l’armée. Dans de nombreux cas, des comités du PCC sont intégrés aux conseils d’administration des entreprises publiques et occupent des postes de direction clés, renforçant ainsi le contrôle politique du parti parallèlement à la gouvernance d’entreprise.
Kilamba New City, construite par la China International Trust and Investment Corporation (CITIC), à 30 kilomètres de Luanda, en Angola. (Photo : AFP/Griffin Shea)
Les cadres supérieurs et les PDG des grandes entreprises publiques sont sélectionnés par les canaux du PCC et occupent des grades équivalents à ceux de ministres ou de gouverneurs de province, ce qui leur confère une proximité et un accès au parti au pouvoir leur permettant d’influencer les politiques, de faire avancer leurs propres agendas par le biais des structures du PCC, voire de passer outre les directives gouvernementales.
Bénéficiant du soutien des plus hautes instances du PCC, les dirigeants des entreprises publiques peuvent mener des négociations rapides, déployer rapidement des ressources dans l’intérêt du parti et mettre en œuvre des projets dans des pays considérés comme stratégiquement importants pour la Chine. Cependant, l’accent mis sur les considérations politiques et la tendance à s’attirer les faveurs des élites locales en soutenant leurs projets phares peuvent parfois nuire à la justification économique et à la rentabilité d’un projet, comme le montre l’exemple de la ville nouvelle de Kilamba en Angola.
Conséquences pour l’Afrique des investissements des entreprises publiques chinoises
La China Harbour and Engineering Company (CHEC) a remporté en 2021 le contrat pour la construction du terminal à conteneurs du port maritime d’Abu Qir en Égypte, face à d’autres entrepreneurs internationaux. Elle y est parvenue en associant le projet à la Zone de développement économique et technologique de Tianjin (TEDA), une autre entreprise publique chinoise qui a construit un parc industriel au sein de la zone économique du canal de Suez, un nœud clé de la BRI également financé et construit par des entreprises chinoises. Cependant, rien n’indique qu’il y ait eu un appel d’offres ouvert ou un examen parlementaire et public, ce qui signifie que le type, le montant et les conditions du prêt ne sont pas accessibles au public. Il est donc difficile d’évaluer les coûts et les avantages de l’accord pour l’Égypte ou de suivre les performances du projet.
Ce qui importait davantage, c’était le solide soutien politique de Pékin et la volonté du gouvernement égyptien d’étendre la zone économique du canal de Suez en tant que projet phare. L’Égypte a insisté sur l’utilisation de matériaux locaux, de main-d’œuvre égyptienne, le transfert de technologies en matière de construction portuaire, ainsi que l’intégration d’une formation et d’un enseignement militaires professionnels. Ce projet groupé comprenait également la rénovation d’un terminal de la base navale d’Abu Qir, située à proximité du port d’Abu Qir. La société Hutchison Ports, basée à Hong Kong, dispose d’une concession de 38 ans accordée par la marine égyptienne pour exploiter le terminal de cette base. Cela soutient les activités à double usage de la Chine en Égypte, comme le montre le rôle joué par ce terminal lors des exercices militaires conjoints « Eagles of Civilization 2025 » menés par la Chine et l’Égypte.
Des membres des armées égyptienne et chinoise
Si l’Égypte a atteint les objectifs visés par ce projet, ces accords ne peuvent être considérés comme avantageux pour toutes les parties, car les conditions du prêt et les clauses de résolution des conflits ne sont pas connues. On ignore donc le montant de la dette contractée par l’Égypte, les institutions financières impliquées dans le projet, ainsi que les implications en matière de contrôle de cette infrastructure stratégique si l’Égypte venait à ne pas être en mesure de rembourser le prêt.
La ligne ferroviaire à voie normale (SGR) Mombasa-Nairobi-Naivasha, financée et construite par la Chine pour un montant de 4 milliards de dollars au Kenya, est un autre exemple qui met en évidence les risques liés aux accords avec les entreprises publiques chinoises. La China Road and Bridge Corporation (CRBC) a obtenu ce contrat grâce à un accord direct entre gouvernements qui a contourné la procédure d’appel d’offres public requise par la législation kenyane en matière de marchés publics. Le gouvernement du président Uhuru Kenyatta (2013-2022) cherchait un projet phare pour renforcer sa popularité avant les élections générales de 2017.
Le gouvernement chinois, quant à lui, cherchait à construire une nouvelle artère de transport et de fret transfrontalière pour ses projets de la BRI en Afrique de l’Est, afin de compléter le SGR Addis-Abeba-Djibouti et les projets prévus en Tanzanie et en Ouganda. La Chine visait également à mettre en avant ses compétences en matière de construction ferroviaire pour remporter davantage de contrats en Afrique, tout en soutenant les priorités du gouvernement Kenyatta.
Quai du terminus de Nairobi de la ligne ferroviaire à voie normale construite par la China Road and Bridge Corporation (CRBC).
La CRBC a négocié le prêt grâce à ses relations privilégiées avec la China Exim Bank, ce qui lui a sans doute donné davantage d’influence sur l’orientation du projet que son partenaire kenyan. À titre d’exemple, le gouvernement kenyan a autorisé la CRBC à mener l’étude de faisabilité du projet, ce qui constituait un conflit d’intérêts manifeste. Ce projet – le plus coûteux du Kenya depuis l’indépendance – a également alourdi la dette du pays et suscité des inquiétudes quant à sa viabilité, le Kenya étant peu susceptible de rembourser le prêt en s’appuyant uniquement sur le trafic de passagers et de marchandises, même s’il mettait en place un système de transport obligatoire. Les médias ont également mis en évidence les prix gonflés des intrants, ce qui a donné lieu à des plaintes selon lesquelles le SGR, alimenté au diesel, était bien plus coûteux que les trains électriques de la Tanzanie et de l’Éthiopie.
À la suite d’années d’enquêtes médiatiques coordonnées et de procédures judiciaires menées par des groupes de la société civile, la Cour d’appel du Kenya a rendu en 2020 un arrêt historique déclarant que le projet avait fait l’objet d’une passation de marché illégale, car il ne reposait pas sur un appel d’offres équitable et ouvert. Suite à un recours formé par Kenya Railways, la Cour suprême a statué en 2023 que la passation de marché n’était pas illégale, car il s’agissait d’un accord intergouvernemental exempté des lois standard en matière de marchés publics.
Cela n’a toutefois pas empêché la société civile et les médias de mener d’autres enquêtes pour examiner l’impact négatif du projet sur la législation, les moyens de subsistance, l’environnement et la dette du Kenya.
Ces exemples soulignent à la fois l’attrait et les risques liés aux grands projets d’infrastructure menés par des entreprises publiques chinoises.
Points de vue africains divergents
Pour de nombreux gouvernements africains, les entreprises publiques chinoises sont attrayantes car elles offrent ce que de nombreux autres bailleurs internationaux ne proposent souvent pas : un financement rapide, des conditions de prêt flexibles et la capacité de réaliser rapidement de grands projets d’infrastructure. Leurs investissements dans les secteurs de l’énergie, des routes, des ports et des chemins de fer s’accompagnent souvent de programmes de formation pour les fonctionnaires et les ingénieurs, de bourses d’études, de la rénovation ou de la construction d’installations publiques, ainsi que d’un certain transfert de technologie, ce qui renforce la perception parmi les responsables que les entreprises publiques chinoises offrent une « solution complète », contrairement à leurs concurrents.
Les groupes de la société civile, les économistes indépendants et les organisations environnementales affirment que les projets financés par la Chine peuvent entraîner un lourd fardeau de la dette et une dépendance à long terme.
Les détracteurs, cependant, proposent une évaluation radicalement différente. Les groupes de la société civile, les économistes indépendants et les organisations environnementales affirment que les projets financés par la Chine peuvent entraîner un lourd fardeau de la dette et une dépendance à long terme. Ils soulignent l’opacité des contrats qui affaiblit la responsabilité, les chaînes d’approvisionnement dominées par des entreprises chinoises qui limitent la valeur ajoutée locale, ainsi que les dommages environnementaux et sociaux fréquents.
Dans cette optique, de nombreux projets sont considérés comme servant davantage les intérêts stratégiques de la Chine que les besoins de développement à long terme du pays hôte.
Partout en Afrique, les communautés, les avocats et les militants ont de plus en plus développé toute une gamme d’outils pour protéger l’intérêt public, notamment :
des campagnes de sensibilisation du public utilisant les réseaux sociaux pour dénoncer les expulsions, les accidents et la pollution,
des actions en justice stratégiques devant les tribunaux nationaux,
des actions parlementaires et des instances d’arbitrage international et
des partenariats de recherche qui produisent des rapports fondés sur des données factuelles.
Les militants ont également organisé des manifestations, des villes minières de Zambie aux villages côtiers du Kenya, tout en ouvrant de nouveaux canaux diplomatiques pour dialoguer directement avec les entreprises publiques chinoises. Il convient de noter que ces stratégies s’étendent désormais au dépôt de plaintes devant les tribunaux chinois, ce qui témoigne d’une sophistication et d’une diversification croissantes des efforts civiques.
Renforcer les intérêts publics de l’Afrique
Pour maximiser les avantages des partenariats externes avec les entreprises publiques chinoises tout en réduisant les risques, les gouvernements africains doivent se concentrer sur une gouvernance plus forte et une coordination stratégique. Cela commence par l’application de la transparence et d’une réglementation solide en matière de marchés publics, de normes environnementales et de protection du travail. Des initiatives impliquant l’ensemble de la société sont nécessaires pour adopter des lois et des politiques visant à améliorer la divulgation publique, les marchés publics concurrentiels, des cadres de gestion de la dette qui équilibrent les plafonds et les emprunts stratégiques, ainsi que la responsabilité. Les accords devraient inclure des clauses contraignantes sur le transfert de technologie et le contenu local afin de garantir que les compétences et la création de valeur restent sur le continent. La diversification des partenaires est tout aussi importante, afin qu’aucun acteur externe ne domine à lui seul les voies de développement des pays africains.
Des initiatives impliquant l’ensemble de la société sont nécessaires pour adopter des lois et des politiques visant à améliorer la transparence publique, les marchés publics concurrentiels et les cadres de gestion de la dette.
Ces efforts nécessitent des institutions de contrôle dotées de pouvoirs, notamment des bureaux de gestion de la dette, des agences environnementales et des organismes d’audit, afin de surveiller la conformité et de gérer les risques à long terme. Une planification inclusive est également essentielle : les communautés africaines concernées et les dirigeants locaux doivent être consultés dès le début du cycle du projet, et non après le début de la construction. Enfin, une meilleure coordination régionale peut renforcer le pouvoir de négociation, harmoniser les normes et améliorer les résultats en permettant aux pays de négocier avec la Chine et les acteurs chinois de manière collective plutôt qu’individuellement.
Ni candidat fantôme, ni simple prétendant. L’ancien président sénégalais a franchi le pas ce lundi 2 mars 2026. Pendant que Dakar retient son souffle, les dossiers s’empilent officiellement dans les antichambres onusiennes.
InfraNews – C’est désormais officiel, sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies ne relève plus de la spéculation. Le dossier a été déposé par le président en exercice de l’Union africaine, le Burundais Evariste Ndayishimiye- signal fort que le continent parle d’une seule voix sur ce dossier. L’étincelle est venue de Brazzaville. En marge d’une visite officielle du Président sénégalais Diomaye Faye au Congo début février, ses hôtes congolais ont pris position en faveur de Macky Sall, affirmant que sa candidature était de nature à emporter l’adhésion continentale. Une prise de position relayée par le journal Maroc Hebdo, et reçue à Dakar avec le mélange habituel de calcul et d’embarras.
A cela s’ajoute désormais le soutien public du Crans Montana Forum (CMF), organisation internationale non gouvernementale de premier plan favorisant la coopération internationale, la paix et le développement économique. Le CMF, dont le siège est à Genève, et qui appelle à « confier le Secrétariat général des Nations Unies à une personnalité exceptionnelle », organise chaque année des forums réunissant élus, diplomates et chefs d’entreprises. Son influence réelle dans les chancelleries reste toutefois débattue : certains observateurs le décrivent davantage comme une tribune de networking diplomatique de haut vol que comme un faiseur de roi onusien. Dans son appel de mi-février, le CMF présente Macky Sall comme « le candidat le plus expérimenté », saluant son parcours de chef d’Etat et sa maîtrise des équilibres géopolitiques. Le Forum va plus loin, ajoutant- détail instructif, qu’un Secrétaire Général de confession musulmane constituerait « de nos jours un atout » : une assertion qui mérite d’être lue pour ce qu’elle est, un argument de lobbying, et non comme un soutien institutionnel pesant.
LE PRÉCÉDENT AFRICAIN
L’argument du « profil d’ancien chef d’Etat » n’est pas anodin. L’Afrique a déjà occupé le fauteuil avec Koffi Annan, considéré comme le véritable candidat continental à l’époque. Avant lui, Boutros Boutros- Ghali avait réussi une synthèse diplomatique entre Afrique et Proche Orient, fort du soutien personnel du président français Jacques Chirac, dont l’engagement fut déterminant pour faire franchir le seuil du Conseil de sécurité à sa candidature.
A l’Union africaine, l’exemple d’Alpha Oumar Konaré, est souvent cité : ancien chef d’Etat du Mali, devenu plus tard, président de la Commission de l’Union africaine, il avait su s’imposer là où ses prédécesseurs étaient parfois réduits au rang de simples secrétaires, voire d’assistants-son galon présidentiel lui conférant une autorité morale que les chefs d’Etat en exercice ne pouvaient ignorer. Message subliminal : à New York comme à Addis- Abeba, le galon présidentiel pèse.
DIPLOMATIE EN RÉSEAU, ANGLAIS EN RÉSERVE
Bien réseauté, disposant de solides relais en Afrique, en Europe et dans le monde arabo-musulman, Macky Sall miserait davantage sur un lobbying ciblé plutôt que sur une campagne à ciel ouvert. Un proche du dossier résume : « Ici, ce n’est pas une campagne populaire. Il faut convaincre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et quelques pivots sur chaque continent, » L’équation est connue : sans l’aval d’au moins un des P5 (Etats Unis, Russie, Chine, France, Royaume- Uni), pas de salut.
Un soutien du Président français serait-il envisageable? Les observateurs qui connaissent la relation entre les deux hommes sourient à la question. Macky Sall et Emmanuel Macron ne se sont jamais cachés d’une proximité qui dépasse le protocole : ils se tutoient, s’appellent par leurs prénoms. Dans les chancelleries, ce type de relation ne s’oublie pas au moment des grands arbitrages. Sans qu’aucune information officielle ne soit venue de l’Elysée, peu d’analystes parieraient contre un coup de pouce français le moment venu.
Reste un point sensible : sa maîtrise jugée imparfaite de l’anglais, langue de travail dominante à l’Organisation des Nations unies. Certains observateurs estiment que cela pourrait constituer un handicap dans un environnement où la diplomatie se joue aussi dans la nuance lexicale. D’autres relativisent : à New York, les équilibres géopolitiques pèsent souvent davantage que l’accent. Certains tempèrent néanmoins. À l’instar de ce diplomate africain en poste à New York, qui a requis l’anonymat : «Macky Sall est une figure respectée, mais le poste de Secrétaire général ne se gagne pas sur un bilan continental. Il faut être acceptable pour Washington, Pékin et Moscou simultanément- et c’est là que les profils francophones africains ont historiquement buté.» Une réserve qui rappelle que la diplomatie onusienne est moins une course de popularité qu’un jeu d’équilibre de vétos.
DAKAR ENTRE PRUDENCE ET CALCUL
Il y a peu, la chaîne de télévision française France 24 notait encore que Macky Sall « laissait planer le suspense » sur ses ambitions internationales. L’heure n’est plus aux suppositions. Plusieurs médias africains, dont Senenews, Dakarmidi, Faso.net et bien d’autres, ont confirmé le dépôt officiel de sa candidature.
Le calendrier joue en faveur de l’agitation. Le mandat de l’actuel Secrétaire général António Guterres s’achève en décembre 2026. La procédure est rodée : le Conseil de sécurité recommande un candidat – à l’unanimité ou sans véto-avant que l’Assemblée générale ne l’entérine formellement. Par convention informelle, un roulement régional est observé, et l’Afrique subsaharienne n’a plus occupé le poste depuis la fin du second mandat de Kofi Annan en 2006. L’argument du « tour de l’Afrique » est dans toutes les bouches- mais il ne suffit pas à déverrouiller un véto.
L’ancien directeur exécutif d’ONUSIDA et par ailleurs ancien ministre malien de la santé, Michel Sidibé, figure respectée des couloirs onusiens, apporte lui aussi son crédit à la démarche. Il a récemment déclaré publiquement que Macky Sall concentre en lui les atouts nécessaires pour diriger l’organisation mondiale.
Si les autorités sénégalaises n’ont à ce jour formulé aucun endossement officiel-prudence stratégique oblige, soutenir un prédécesseur encore clivant sur la scène nationale n’étant pas un geste neutre- la démarche du président de l’Union africaine signe une forme de caution continentale qui dépasse les calculs politiques internes.
Après Kofi Annan, l’Afrique peut-elle replacer l’un des siens au sommet du multilatéralisme ? La réponse ne se jouera ni à Dakar ni à Genève, mais dans les salons feutrés du Conseil de sécurité.
De Bush house à Abidjan, le Camerounais aux mille vies devient le bras droit du nouveau patron de la Banque africaine de développement. Portrait d’un homme de réseaux qui préfère les coulisses aux projecteurs.
Il y a des nominations qui ne surprennent personne- sauf ceux qui n’avaient pas suivi le dossier. Deux semaines après l’installation de Sidi Ould Tah à la tête de la BAD, Thierry Hot débarque au bord de la lagune Ebrié avec le titre de conseiller exécutif et chef de cabinet de la présidence. Un atterrissage en douceur pour celui qui, selon les fins observateurs de la diplomatie africaine, fut l’un des artisans discrets mais décisifs de l’élection du Mauritanien.
Secret de Polichinelle, certes. Mais Hot, c’est précisément ça : l’homme qu’on ne voit pas, mais sans lequel rien ne se fait vraiment.
DE BUSH HOUSEÀ LA LAGUNE EBRIÉ
Le natif de Douala se rêvait en blouse blanche. La vie en a décidé autrement, et franchement, l’Afrique devrait s’en féliciter. Recruté par la puissante BBC World Service (British Broadcasting Corporation) en 2001 à Londres, il y forge son identité professionnelle avec ce timbre clair et ce ton mesuré qui font les grandes voix de Bush House. Il devient rapidement l’un des journalistes africains les plus côtés de sa génération, parcourant la planète au rythme des crises et des sommets, apprenant à parler aux puissants sans jamais perdre la hauteur de vue du reporter.
Une décennie d’antenne mondiale. Puis, cap à l’ouest- direction Bruxelles. Dans la capitale de l’Union européenne, Hot change de braquet sans changer de cap. Il prend les commandes de la rédaction d’Africa24 en 2009, et place le média fondé par Constant Nemalé sur orbite. Interviewer hors pair, éditorialiste affûté, il impose Africa24 dans le paysage audiovisuel continental. Puis il lève le pied de la pédale rédactionnelle pour appuyer sur celle de l’entrepreneuriat.
En 2010, il fonde le groupe Samori Media Connection, incubateur sous lequel naît Notre Afrik, mensuel panafricain qui s’inscrit dans la longue tradition des plumes engagées pour le continent. Quatre ans plus tard, il lance le Rebranding Africa Forum-ce grand raout bruxellois annuel où se croisent chefs d’Etat, banquiers, investisseurs et jeunes créateurs dans un même élan de reconstruction narrative de l’Afrique. Un forum devenu incontournable. Une marque personnelle autant qu’un service public informel.
L’HOMME AUX MILLE MANDATS
Thierry Hot, 52 ans, ne court pas après les titres. Ils semblent courir après lui. Conseiller spécial du Président burkinabè Roch Marc Kaboré de 2015 à 2021, vice-président des relations institutionnelles de la holding américaine Lilium Capital en 2023, fondateur de Pivotal Africa Network en 2024…La liste ressemble à un inventaire de postes de combat sur plusieurs fronts simultanés.
Entre deux mandats, il a trouvé le temps de décrocher un MBA en management stratégique et en intelligence économique. Parce que Hot n’est pas du genre à s’asseoir sur ses acquis. Il apprend, il anticipe, il connecte.
Prix du meilleur entrepreneur camerounais de la diaspora lors de la deuxième édition de l’Economie Business Awards en 2023, et décoré au rang de chevalier de l’Ordre du mérite national de Mauritanie en juillet 2025 par le Président Mohamed Ould El- Ghazaouani, il collectionne les reconnaissances officielles avec la même discrétion qu’il met à les taire.
LE FIL INVISIBLE
Derrière le costume taillé avec soin,- latin dans le goût, anglo-saxon dans la rigueur- se cache un credo que l’homme assume sans fausse modestie : « Servir l’Afrique, bâtir l’avenir. » Ni slogan de campagne, ni formule creuse. Une boussole. Il le dit lui-même avec une franchise désarmante : « Ce que je suis aujourd’hui, je le dois à la BBC, à la rigueur et à la ponctualité que j’y ai apprises. »
Franc du collier, Hot ne mâche pas ses mots. Mais son efficacité réelle tient à cette capacité rare : être partout sans se montrer nulle part. Il préfère les coulisses – là où se tissent les vrais deals, là où se forgent les destins durables.
Le défi désormais s’appelle BAD. Premier bailleur de fonds du continent africain, l’institution abidjanaise cherche un second souffle sous la conduite de Sidi Ould Tah. Avec Hot en éclaireur, le tandem dispose d’un atout rare : une vision stratégique doublée d’un réseau continental opérationnel.
Thierry Hot n’est pas qu’un homme de réseaux. Il est ce fil invisible qui relie capitales, institutions et ambitions. Celui que l’on appelle quand il faut transformer l’essai. Et ça, il sait faire.
Reste une question que les prochains mois se chargeront de trancher : dans une institution aussi politique que la BAD, l’homme de l’ombre saura-t-il cette fois, s’accommoder de la lumière ?
Depuis le début d’année, la filière cacao fait face à d’importantes difficultés au niveau du bassin ouest-africain. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, l’heure est cependant à l’accalmie.
En Côte d’Ivoire, l’horizon s’éclaircit pour le segment de commercialisation du cacao. Selon Bloomberg, dans une publication du 25 février, les négociants ont repris leurs achats de fèves stimulés par la baisse du coût de la matière première.
Si le calcul du prix final d’acquisition de l’or brun tenait jusqu’ici compte en plus du prix du marché, du différentiel d’origine, prime associée à la qualité du produit et du différentiel de revenu décent de 400 $ (344 €) par tonne instauré depuis 2020/2021 pour améliorer la condition des producteurs, ces deux derniers éléments ont été désormais supprimés par le Conseil du Café-Cacao (CCC) selon le média économique.
La décision vient mettre un terme au bras de fer en cours depuis plusieurs semaines entre le régulateur et les acheteurs qui mettaient en lumière le caractère coûteux des fèves ivoiriennes. Cet épisode vient rappeler en outre, une séquence similaire en 2020/2021 où la baisse de la demande de cacao liée à la mauvaise conjoncture économique avait conduit le régulateur à négocier des décotes sur la fève ivoirienne qui ont supprimé les gains du DRD.
Alors que cette démarche devrait relancer les ventes à terme pour la petite traite qui démarrera d’ici avril, les analystes estiment que les acheteurs pourraient encore bénéficier d’un coup de pouce avec d’ici la fin du mois une annonce d’un prix au producteur à la baisse pour ladite saison. Fixé actuellement à 2 800 Fcfa/kg (soit environ 5 000 $ la tonne) pour la campagne principale d’octobre à mars, ce tarif reste supérieur aux cours mondiaux qui fluctuent depuis février entre 3 000 et 4 000 $.
Le gouvernement sénégalais mise sur le numérique comme accélérateur de croissance et d’emploi à l’horizon 2030. Une ambition qui passe par le renforcement des partenariats internationaux, considérés comme un vecteur essentiel pour capter investissements et expertises.
Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall (photo, au centre), a reçu en audience l’ambassadrice du Luxembourg, Laure Huberty, le dimanche 1ᵉʳ mars. Elle était accompagnée du représentant résident de LuxDev, l’agence de développement luxembourgeoise. Au menu des échanges : la structuration de l’écosystème FinTech, la montée en compétences des jeunes et l’ambition de consolider un numérique à la fois inclusif, souverain et créateur de valeur.
Au-delà du protocole diplomatique, cet entretien s’inscrit dans un contexte où le Sénégal cherche à accélérer sa transformation numérique et à renforcer la compétitivité de son économie. L’objectif est également de répondre à une demande sociale forte : élargir l’accès aux services financiers, créer des emplois qualifiés et renforcer la sécurité des infrastructures numériques.
FinTech : régulation, synergies régionales et cybersécurité
Un volet central des discussions a porté sur l’animation de la communauté FinTech au Sénégal, autour d’une feuille de route articulée autour de trois priorités. D’abord, l’amélioration continue du cadre réglementaire, afin d’accompagner l’innovation sans fragiliser la stabilité financière. Ensuite, la création de synergies au sein de l’espace Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où l’interopérabilité des services, l’harmonisation des pratiques et la circulation des talents peuvent accélérer l’émergence de champions régionaux. Enfin, le renforcement des liens entre finance, innovation numérique et cybersécurité — un triptyque devenu incontournable à mesure que les services financiers se digitalisent.
Dans cette logique, la coopération avec le Luxembourg, qui dispose d’une expertise reconnue en matière de services financiers et de technologies associées — le pays occupe la 31ᵉ place sur 116 en matière de capacité FinTech dans The Global Financial Centres Index 38 — est perçue comme un levier pour soutenir un numérique au service de l’inclusion financière et de la performance régionale. Côté sénégalais, l’objectif est clair : éviter la fragmentation en veillant à ce que régulation, innovation, sécurité et accès au financement progressent de concert.
Vers un Centre de référence des métiers du numérique
LuxDev a présenté sa vision d’un Centre de référence des métiers du numérique, conçu selon un modèle de partenariat public-privé. L’idée est de bâtir un hub intégré capable de rapprocher l’académie, les startups et les entreprises, afin de réduire l’écart entre les profils formés et les compétences réellement demandées par le marché.
Le centre ambitionne de devenir un espace de formation aux métiers stratégiques, avec un accent particulier sur la cybersécurité — devenue un enjeu transversal aussi bien pour les administrations que pour les opérateurs, les banques et les jeunes pousses. En filigrane, l’ambition est de faire de cet outil un levier d’employabilité et un accélérateur de carrière pour la jeunesse, tout en alimentant l’écosystème en talents immédiatement opérationnels.
La partie luxembourgeoise a insisté sur la volonté de positionner cette initiative en complémentarité avec les projets structurants déjà portés par le Sénégal, notamment le Parc des Technologies Numériques (PTN). L’enjeu est d’éviter les doublons et de s’inscrire dans un schéma d’ensemble où infrastructures, formation et innovation se renforcent mutuellement.
New Deal Technologique, une trajectoire assumée
Le ministre Alioune Sall a rappelé que ces chantiers s’inscrivent dans la dynamique du New Deal Technologique, feuille de route nationale de la transformation numérique. Il a également mis en avant le lancement, le 20 novembre dernier, de la Start-up Act — un dispositif de labellisation des startups innovantes et des Structures d’Accompagnement à l’Entrepreneuriat (SAE). Ce mécanisme contribuera à identifier et structurer un vivier national de jeunes entreprises à fort potentiel, renforcer l’attractivité de l’écosystème et préparer la mise en place d’un fonds de fonds destiné à mobiliser des investisseurs autour de projets alignés sur les priorités de Sénégal 2050.
À terme, l’enjeu est de créer des passerelles fluides entre formation, innovation, financement et régulation — une condition essentielle pour transformer des idées en entreprises durables.
Cette audience, au croisement de la diplomatie et de l’économie numérique, marque ainsi une étape supplémentaire dans le partenariat Sénégal–Luxembourg. Une coopération qui, si elle se concrétise par des dispositifs opérationnels, pourrait contribuer à la montée en gamme du capital humain, à la sécurisation du cyberespace et à l’essor d’une FinTech sénégalaise plus structurée, capable de rayonner à l’échelle de l’UEMOA.
Antioxydant, stimulant naturel et allié de la digestion, le thé vert à la menthe combine plaisir et santé dans une tasse parfumée. Découvrez comment l’intégrer facilement à votre routine.
ous cherchez une boisson naturelle qui allie plaisir et santé ? Le thé vert à la menthe coche toutes les cases. Rafraîchissant, parfumé et facile à préparer, il se consomme à tout moment de la journée. Quels sont vraiment ses bienfaits ? Comment le préparer correctement ? Quelles précautions connaître ? On fait le point avec Alioune Diaw, naturopathe et président de la Fédération Nationale des Naturopathes (FÉNA).
Quels sont les bienfaits du thé vert à la menthe pour la santé ?
Les bienfaits du thé vert à la menthe sont aujourd’hui bien documentés. Cette boisson associe les propriétés du thé vert et celles de la menthe, pour un effet à la fois tonique et digestif.
Une boisson riche en antioxydants
Le thé vert est naturellement riche en antioxydants, notamment en catéchines. Ces substances aident l’organisme à se défendre au quotidien. Elles permettent notamment de :
Lutter contre le stress oxydatif,
Protéger les cellules du vieillissement prématuré,
Contribuer à la prévention de certaines maladies chroniques.
« Les études montrent que la principale catéchine du thé vert, l’épigallocatéchingallate (EGCG), a un effet protecteur sur le cœur et le métabolisme », précise Alioune Diaw.
Un allié pour la santé cardiovasculaire
La consommation régulière de thé vert est associée à une meilleure santé cardiovasculaire. Les études montrent :
Une baisse modérée du cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol),
Une amélioration de la souplesse des vaisseaux sanguins,
Elle détend l’estomac et les intestins (effet antispasmodique),
Elle stimule le foie et l’élimination des déchets (effet cholagogue),
Elle procure une agréable sensation de fraîcheur grâce au menthol.
« Quand on combine thé vert et menthe, on obtient une boisson idéale après le repas, douce pour l’estomac et très agréable à boire », explique Alioune Diaw. À privilégier, donc, après un repas copieux !
Le thé vert à la menthe aide-t-il à lutter contre la fatigue ?
Oui, mais sans provoquer d’excitation excessive. Pour rappel, le thé vert contient un peu de caféine, qui stimule la vigilance, et de la L-théanine, qui apaise le système nerveux. Résultat :
Minceur : est-ce que le thé vert à la menthe fait maigrir ?
Non, le thé vert à la menthe ne fait pas maigrir à lui seul. Mais il peut être un bon allié dans le cadre d’une démarche minceur, s’il s’inscrit dans une alimentation équilibrée. Ses atouts :
Quelle différence entre le thé vert seul et le thé vert à la menthe ?
Les deux boissons sont bénéfiques pour la santé. La différence se joue surtout sur le confort digestif, le goût et la sensation ressentie après la dégustation.
Le thé vert seul
Le thé vert seul est apprécié pour son côté tonique. Il est souvent choisi le matin ou en cas de fatigue.
Il se caractérise par :
Un goût parfois amer,
Une forte action antioxydante,
Une meilleure sensation de « coup de fouet ».
En revanche, il peut être moins bien toléré par les estomacs sensibles, surtout à jeun.
Le thé vert à la menthe, lui, est plus équilibré. L’ajout de menthe adoucit le thé et le rend plus agréable à boire au quotidien. Il apporte :
Un goût plus frais et plus agréable,
Une meilleure tolérance digestive,
Une sensation de détente plus prononcée,
Un effet apaisant sur l’estomac et les intestins.
La menthe ne diminue pas les bienfaits du thé vert. Elle les complète, en rendant la boisson plus douce, plus digeste et plus facile à boire tous les jours, notamment après les repas.
Alioune Diaw
naturopathe et président de la Fédération Nationale des Naturopathes (FÉNA)
Est-ce bon de boire du thé vert à la menthe tous les jours ?
Oui, le thé vert à la menthe peut s’intégrer à votre routine quotidienne. Mais comme pour toute boisson contenant de la caféine, il est préférable de le boire avec modération !
Quand boire du thé vert à la menthe ?
Le bon moment dépend surtout de vos besoins. Privilégiez :
Le matin ou en milieu de matinée. Pour un coup de boost en douceur.
Après le déjeuner.Pour faciliter la digestion et éviter le coup de fatigue.
En début d’après-midi.En remplacement du café, si besoin.
Évitez d’en boire en fin d’après-midi, car la caféine peut perturber le sommeil de certaines personnes, prévient Alioune Diaw.
2 à 3 tasses par jour suffisent pour profiter de ses bienfaits.
Vous pouvez alterner avec de l’eau ou des infusions sans théine.
Le soir, optez pour une infusion de menthe seule, conseille le naturopathe.
Comment préparer le thé vert à la menthe pour profiter de ses vertus ?
Quelques gestes simples suffisent pour préserver les vertus de cette boisson et éviter les petits désagréments :
Optez de préférence pour un thé vert nature, si possible bio. Il sera plus riche en antioxydants et contiendra moins de résidus indésirables.
Si vous avez tendance aux brûlures ou aux maux d’estomac, évitez de boire le thé vert à jeun. Prenez-le plutôt après un repas ou en milieu de matinée.
L’eau ne doit pas bouillir. Une température entre 70 et 80 °C est idéale. Trop chaude, elle rend le thé amer et détruit une partie de ses bienfaits.
Laissez infuser 2 à 3 minutes maximum. Une infusion trop longue augmente l’amertume et la teneur en théine.
Quelques feuilles suffisent pour parfumer la boisson et faciliter la digestion. Évitez la menthe séchée, moins aromatique.
Limitez le sucre à tout prix. « Le thé vert à la menthe est souvent servi très sucré, mais cela annule une grande partie de ses effets bénéfiques. Il vaut mieux le boire nature ou avec une toute petite touche de miel », conseille Alioune Diaw. Si besoin, une cuillère de miel ou un peu de stévia suffit largement.
Thé vert à la menthe : effets secondaires, précautions et contre-indications à connaître
Même si le thé vert est naturel et sain, certaines personnes doivent être attentives :
En cas d’anémie ou de règles abondantes.Le thé vert peut limiter l’absorption du fer. Il est donc conseillé d’attendre au moins une heure après le repas avant d’en boire.
Pendant la grossesse ou l’allaitement.Le thé vert contient de la caféine. Les femmes enceintes ou allaitantes doivent en consommer avec modération, en limitant le nombre de tasses par jour, ou en choisissant un thé plus léger.
Si vous avez l’estomac fragile. En cas de reflux, de brûlures ou de troubles digestifs importants, le thé vert peut irriter. Mieux vaut alors se tourner vers des infusions plus douces, comme la camomille ou le fenouil.
En cas de traitement médical. Les interactions sont rares, mais possibles avec certains médicaments, notamment les anticoagulants ou les anti-inflammatoires. Si vous suivez un traitement régulier, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
« La modération est essentielle en toute chose. Même le thé vert à la menthe doit être consommé avec raison », rappelle Alioune Diaw.
En résumé, intégrer cette boisson à votre quotidien est un moyen agréable de prendre soin de vous. En plus de ses vertus santé, elle invite à un moment de pause, idéal pour réduire le stress et savourer l’instant présent !