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Barthélémy Dias et Bougane Gueye Danny en route vers une alliance ?

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Seules les montagnes ne se rencontrent pas. Qu’est-ce que ces deux jeunes, qui ont un avenir certain dans l’arène politique du Sénégal ont vraiment à se dire ?

Le maire de sacré coeur a posté sur sa page facebook hier cette photo visiblement prise dans son bureau. L’homme d’affaires candidat déclaré à la présidentielle et l’un des lieutenants de Khalifa Sall en prison se sont rencontrés hier mais rien n’a filtré. Personne dans leur entourage ne peut nous dire dans le moindre détail. Mais une alliance en vue serait une aubaine pour les deux camps. Le PS sans candidat -à part khalifa Sall incarcéré- se ralliera t-il avec « Gueum sa Bopp » de Bougane? En tout cas l’avenir nous édifiera

Afrique: des documents révèlent l’impressionnante présence militaire américaine

La présence militaire américaine en Afrique est bien plus importante que ne l’affirme le Pentagone. Africom disposerait d’au moins 34 sites sur le continent, selon des documents officiels compilés par The Intercept. Pour ces révélations, ce magazine en ligne spécialiste de l’investigation n’a eu qu’à faire jouer la loi sur la liberté de l’information pour obtenir des données parfois à contre-courant du discours officiel.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

Africom dispose de cinq sites au Niger et en Somalie, quatre au Kenya mais également deux au Cameroun et au Mali. Si l’on savait les Américains militairement présents dans ces pays, on ignorait qu’ils y étaient aussi implantés.

Au total, 34 bases, 14 principales et 20 autres plus ou moins équipées, plus ou moins visibles, sont disséminées autour du camp Lemonnier de Djibouti, principale structure du continent hébergeant 4000 militaires. Elles se trouvent essentiellement à l’ouest pour les opérations dans le Sahel, dans la Corne de l’Afrique, et en Libye, trois zones où les Etats-Unis participent à la lutte contre le terrorisme.

Future grande base au Niger

En Afrique centrale, on ne recense qu’une base, essentiellement aérienne, en Ouganda, et plus au sud, une seule autre, au Botswana. Les documents d’Africom montrent surtout le poids grandissant des drones, qui permettent des missions aussi bien d’attaques que de surveillance.

Patrimoine : d’anciennes photographies aériennes de l’Afrique menacées de destruction

Les images aériennes collectées par l’IGN français à l’époque de la colonisation sont aujourd’hui victimes du « syndrome du vinaigre », qui les condamne à la destruction. Faute de fonds suffisants, elles pourraient disparaître avant d’avoir été scannées, privant les nations concernées de la mémoire de leur territoire.

À l’heure où les médias s’agitent autour de la question de la restitution des œuvres d’art africaines spoliées pendant la colonisation, il est un autre patrimoine africain qui, lui, risque fort de disparaître à jamais si personne ne réagit.

Peu connu, mais néanmoins fondamental sur le plan anthropologique, géographique, urbanistique, environnemental, le fonds étranger de la photothèque de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) français est actuellement menacé. Constitué par l’IGN, ce fonds comporte quelque 950 000 clichés originaux, plaques de verre et films, réalisés dans les anciennes colonies françaises et pour la grande majorité, en Afrique.

Couverture complète

Créé en 1940 avec pour objectif de cartographier le territoire national, l’IGN a vu ses fonctions élargies par décret, en 1944, aux « travaux géodésiques, topographiques et cartographiques d’intérêt général dans les territoires d’outre-mer relevant du secrétariat d’état à la marine et aux colonies ». Si bien qu’au début des années 1960, à l’heure des Indépendances, la France disposait d’une couverture complète au 1:200 000e de ses territoires africains, d’une couverture partielle au 1:50 000e ; et de toutes les photographies aériennes utilisées pour réaliser ces cartes.

LEUR SAUVEGARDE PASSE PAR LEUR DÉMATÉRIALISATION, C’EST-À-DIRE LEUR NUMÉRISATION

Ce trésor – constitué par la France coloniale à des fins de contrôle économique et administratif – est aujourd’hui menacé par le temps. Ou, plus précisément, par ce que l’on appelle le « syndrome du vinaigre » : une lente dégradation du support des films en acétate de cellulose qui s’accélère au bout de quelques décennies, rendant rapidement l’ensemble des clichés inexploitables. Pour le rédacteur en chef d’IGN Magazine, Eric Bonneau, « L’ensemble des films infrarouges des années 1950 et 1960 et les films panchromatiques des années 1940 et 1950 sont actuellement menacés, à des niveaux divers. Leur sauvegarde passe par leur dématérialisation, c’est-à-dire leur numérisation. »

Restitution à la demande

Bien entendu, c’est là que le bât blesse, puisque le montant annoncé lorsque la sonnette d’alarme a été tirée, autour de 2013, tournait autour de 2,5 millions d’euros, une somme que ne peut dépenser l’IGN sur un temps aussi court en période de restrictions budgétaires.

Resté en contact avec les nations africaines indépendantes où il continue parfois d’intervenir, l’IGN n’a jamais refusé de restituer ces fonds et les a rendus aux pays qui en faisaient la demande, comme par exemple le Mali, la Tunisie, l’Algérie et le Cameroun. « Pour le Mali, un premier rapatriement a été organisé en 1998, concernant 31 497 négatifs sur films de prises de vue aériennes (PVA) postérieures à l’indépendance (1963), rappelle Eric Bonneau. Le rapatriement du reste des PVA a été réalisé entre l’automne 2007 et l’automne 2008, de mémoire, en deux ou trois envois. » Le Tchad, pour sa part, a préféré faire scanner les fichiers plutôt que les rapatrier.

LE FONDS COMPORTE PLUS DE 100 000 CLICHÉS DE MADAGASCAR, 93 000 CLICHÉS DU NIGER, 75 000 CLICHÉS DE LA CÔTE D’IVOIRE, 36 000 DU BÉNIN…

Évolution de l’état des lieux

Rares sont néanmoins les pays qui, à ce jour, ont manifesté leur intérêt pour récupérer ces documents. Lesquels représentent pourtant un état des lieux très précis de leur territoire à un moment donné. À titre d’exemple, le fonds comporte plus de 100 000 clichés de Madagascar, 93 000 clichés du Niger, 75 000 clichés de la Côte d’Ivoire, 36 000 du Bénin, etc. Pour l’IGN, « la sauvegarde des fonds patrimoniaux anciens liés aux terres d’Afrique et d’Asie est essentielle pour en favoriser une gestion durable par leurs dirigeants car elle favorisera leur compréhension de l’évolution de ces territoires dans le temps. »

La comparaison avec des images satellites actuelles, par exemple, peut être riche d’enseignements sur l’érosion des sols, la montée des eaux, la désertification, l’emprise des terres agricoles, les surfaces forestières…

Patrimoine de l’humanité

« Pour montrer le potentiel de ces photos anciennes, nous avons créé pour la France le site Remonter le temps qui permet de voir et comparer les évolutions du territoire, explique encore Eric Bonneau. Quant à l’évolution du littoral ouest-africain, notamment, l’IGN a travaillé avec cinq organismes sous l’égide du ministère de la Transition écologique, dans le cadre du programme WACA, pour mettre en place un site du même ordre. »

L’OBJECTIF EST DE SAUVEGARDER CE PATRIMOINE PAR UN APPEL À MÉCÉNAT, PUIS DE METTRE À DISPOSITION CE BIEN COMME « PATRIMOINE DE L’HUMANITÉ »

Si aujourd’hui l’Institut agite un drapeau rouge, ce n’est pas vraiment avec l’espoir que les nations africaines se précipitent pour récupérer des images qu’elles ne pourraient sans doute pas sauver de la destruction. L’idée est plutôt de susciter l’attention de mécènes qui permettraient de rendre ces images disponibles pour tous ceux qui s’y intéressent. « L’objectif est de sauvegarder ce patrimoine par un appel à mécénat, puis de mettre à disposition ce bien comme « patrimoine de l’humanité », disponible pour tous, États, citoyens, enseignants, chercheurs, historiens, entreprises, dans l’esprit du site Remonter le temps. »

Reste à attendre les bonnes volontés – et les financements idoines.

Nouvelles technologies : le boom des jeux vidéo sur mobile en Afrique

Les ventes de mobiles et le paiement électronique ont permis la diffusion de jeux africains pour les appareils. Le marché est prometteur mais demande des capacités de connexion robustes.

L’action se passe dans les années 1950. Une armée d’humains anéantit une colonie d’extraterrestres. Les mains sur son téléphone, les yeux rivés sur son petit écran, le fabricant de jeux vidéo sud-africain Simon Spreckley s’amuse comme un fou avec sa nouvelle création conçue pour les mobiles.

« Le taux de pénétration du téléphone portable en Afrique est très élevé. Les gens possèdent souvent deux, voire trois téléphones. C’est la folie », estime le tout juste quadragénaire, vêtu d’un tee-shirt représentant « Brute », du nom de l’extraterrestre à quatre bras, tout droit sorti de son dernier jeu, « Invasion Day ». Comme Simon Spreckley, de nombreux développeurs africains optent pour la création de jeux destinés aux téléphones et tablettes, et non aux consoles traditionnelles comme la PlayStation ou les ordinateurs fixes.

Explosion de la vente de mobiles

« L’Afrique a énormément de potentiel parce que c’est un continent essentiellement de mobiles », explique Sidick Bakayoko, 34 ans, fondateur de Paradise Game, qui regroupe des développeurs ivoiriens. « On a fait ce bond technologique. Au lieu de passer par le PC, nous sommes allés directement au mobile », dit-il à l’AFP à l’occasion de la convention Africa Games Week, qui a réuni au Cap du 28 novembre au 2 décembre codeurs de jeux, développeurs, artistes et géants de l’industrie.

« Aujourd’hui, il est très facile de se payer un téléphone mobile grâce à un certain nombre de smartphones à bas prix », assure Sidick Bakayoko, alors que des mordus de jeux vidéo testent à côté de lui de nouvelles créations.

Le nombre croissant de jeux africains pour les appareils mobiles s’explique aussi par l’explosion des moyens bancaires sur portable, comme Mpesa au Kenya, un système de transfert d’argent via téléphone mobile. « En Afrique, beaucoup de gens n’ont pas de carte bancaire, mais il existe des solutions de paiement électronique grâce aux télécommunications », qui permettent d’acheter des jeux vidéo en ligne, poursuit Sidick Bakayoko.

« Il y a effectivement un potentiel au niveau des jeux mobiles et du paiement électronique. Ca marche très bien au Kenya par exemple (…) Il n’y a pas de raison pour que le reste de l’Afrique ne puisse pas prendre le train en marche. »

Un potentiel mais une connexion onéreuse

Autre avantage des jeux sur portable, ils ne sont pas trop gourmands en data, alors que l’internet peut être cher et lent dans certaines régions du continent. « Au Nigeria, il y a même des jeux pré-téléchargés sur les téléphones parce que le data est très cher », explique Evan Greenwood, directeur du principal studio de jeux vidéo en Afrique du Sud, Free Lives.

« Le potentiel est là (en Afrique) mais le data doit être plus accessible », insiste-t-il. Et évidemment « il faut fabriquer de bons jeux ». Pour attirer les passionnés, « Invasion Day » sera gratuit à télécharger mais les joueurs pourront acheter des mises à jour. Dans ce contexte, nombre de développeurs africains rencontrent des difficultés à transformer leurs créations en monnaie sonnante et trébuchante. « Point Point », création ivoirienne basée sur un jeu d’enfants traditionnel sur papier, et « Gazkar » de Madagascar, qui met en scène la mythique 2CV, sont populaires parmi les joueurs, mais ils ne sont toujours pas rentables.

Un marché prometteur

La récente décision en juin de Google de monétiser, et non plus de proposer en téléchargements gratuits sur son » play store », des jeux de différents pays africains dont le Nigeria, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud et la Tanzanie pourrait cependant changer la donne.

« Invasion Day », créé par une équipe de huit personnes travaillant pour VSUS, un développeur basé au Cap, devrait être lancé en 2019 sur cette plateforme et probablement l’App Store d’Apple. Le marché est prometteur, selon le géant de l’audit PwC, qui estimait en 2017 que « les revenus des jeux de consoles et de PC allaient perdre des parts de marché au profit des jeux » proposés sur des appareils mobiles.

L’industrie du jeu vidéo en Afrique, qui représente actuellement 310 millions de dollars par an, pourrait peser 642 millions de dollars d’ici à 2021, selon la même source.

Afrique: essor de la parole féministe ?

Certains pays d’Afrique passent pour exemplaires en raison de la place faite aux femmes dans leurs Parlements. Le Rwanda se classe premier du monde avec 61,3% de femmes députées, la Namibie 6e, l’Afrique du Sud 10e et le Sénégal 12e, après la Finlande et avant la Norvège. Toutes ces sociétés n’en restent pas moins patriarcales. Des voix de femmes s’y élèvent toujours pour contester l’ordre établi. Véritable essor ou simple passage de relais générationnel ? La question reste posée.

La retentissante « affaire Weinstein », fin 2017, a fait des remous jusqu’en Afrique, avec la reprise du hashtag #MeToo, lancé lorsque des actrices américaines victimes de ce producteur de films et prédateur sexuel ont commencé à témoigner. En France, il est devenu #BalanceTonPorc. Au Sénégal, la jeune féministe Ndèye Fatou Kane avait emboîté le pas avec #BalanceTonSaï-Saï (un terme qui signifie « mauvais garçon » en wolof)… avec moins de succès.

Auteure de l’ouvrage « Vous avez dit féministe ? » (L’Harmattan, 2018), Ndèye Fatou Kane écrivait fin 2017 : « Une amie a partagé un visuel sur Facebook qui parle de mon pays, où les femmes sont devenues étrangement aphones, stipulant qu’au Sénégal le harcèlement sexuel ne semble pas exister, tant l’absence de réactions est flagrante. » Le rapport de Human Rights Watch (HRW) sur le harcèlement sexuedont sont victimes les écolières du Sénégal, publié en octobre dernier, est venu confirmer ce constat. Il appelle sans détour « à mettre fin à la culture du silence » au Sénégal.

Des figures méconnues

Ndeye Fatou Kane, pourtant, est loin d’être isolée, en tant qu’héritière d’une longue série de femmes engagées. La philosophe et anthropologue Awa Thiam (82 ans) avait notamment publié en 1978. La parole aux négresses, livre culte de « l’afro-féminisme ». De son côté, l’universitaire Marie-Angélique Savané (71 ans) a été rédactrice en chef de la revue Famille et développement. Les romancières ne manquent pas non plus, avec entre autres Mariama Bâ (1929-1981), qui a connu un succès posthume avec son roman autobiographique sur la polygamie, Une si longue lettre (1981).

Les féministes ne manquent pas au Sénégal, pas plus qu’ailleurs en Afrique. Force est de constater, cependant, que leurs noms restent le plus souvent méconnus hors des frontières de leurs pays respectifs. Qui connaît la Libérienne Leymah Gbowee, même avec son prix Nobel de la Paix, obtenu en 2011 ? Ou la Sud-Africaine Mamphela Ramphele, qui fut l’amie et compagne de Steve Biko ?

« Etre à la fois féministe et africaine »

Reste à savoir si toutes les femmes engagées se revendiquent comme « féministes ». La cinéaste Angèle Diabang, dont les œuvres traitent de sujets féminins, se reconnaît dans ce mouvement, mais ne se considère pas comme une militante. Réalisatrice en 2014 du documentaire Congoun médecin pour soigner les femmes sur le Dr Denis Mukwege, elle ne veut pas s’inscrire dans un combat. « Je ne suis pas dans la revendication. Ce n’est pas mon envie. Mon travail parle tout seul. Je traite les sujets sans vouloir heurter, faire du tapage, dire que c’est moi la femme qui parle de la femme, etc. Je voudrais que chacun mène sa propre réflexion. Je ne fais que filmer. Après, à vous de réfléchir et de vous poser des questions. J’aimerais qu’après avoir vu un de mes films, un mari se demande : « Est-ce que je respecte mon épouse? Est-ce que c’est normal de lui dire, alors qu’elle est occupée à balayer avec un enfant dans le dos, d’aller me chercher un verre d’eau ? » »

Plus important encore, les féministes sont-elles entendues ? Fatou Sow, sociologue et féministe sénégalaise, auteure de nombreux essais, dont Genre et fondamentalismes (Codesria, 2018) et The Remaking of Social ContractsFeminists in a Fierce New World (Gita Sen, Marina Durano et al, pour Dawn, Zed Books, Londres 2014), estime que « la parole féministe existe en Afrique francophone, même si elle doit encore se battre pour réclamer le droit d’être à la fois féministe et africaine ».

Un vieux débat ne cesse de refaire surface : le féminisme pose en effet problème en Afrique parce qu’il serait importé d’Occident. La romancière nigériane Chimamanda Ngozi Achidie est l’un des rares porte-voix du féminisme en Afrique à jouir d’une renommée mondiale – qui n’est pas due cependant à ses prises de position sur les questions de genre.

Chimamanda Ngozi Achidie, une exception ?

Elle n’a pas clos la polémique, malgré ses discours et ses livres à portée universelle, We should all be feminists (2014, Fourth Estate) et Chère Ijeawele, un manifeste pour une éducation féministe (2017, Gallimard). Elle rappelle que le terme « féministe » est assorti en Afrique de jugements sur des « femmes qui seraient malheureuses », ou jugé incompatible avec la « culture africaine ». Et de se décrire comme « féministe africaine heureuse », ce qui est encore jugé trop tiède par certaines, du moins en France, où un conflit entre féministes noires et blanches s’est déclaré.

Conclusion de Fatou Sow : « Avec la parole féministe (ou féminine, pour rassurer un grand nombre), les femmes ont obtenu des gains indéniables en termes de droits, de liberté d’expression, d’accès à l’éducation, aux technologies nouvelles et à de meilleures situations professionnelles, d’entrée en politique, etc. ». La preuve ? Au Sénégal, pour la première fois, six femmes font campagne pour la présidentielle de février 2019, sur une pléthore de 87 candidats.

« Il n’en reste pas moins difficile, toujours, poursuit Fatou Sow, de lutter contre le sexisme de nos cultures, les différences de statut et inégalités entre hommes et femmes, aggravées par des évolutions politiques et économiques tumultueuses, la montée des fondamentalismes culturels et religieux et le poids incontrôlable de la mondialisation et de ses effets pervers ». Une si longue liste.

L’Afrique, eldorado des énergies renouvelables

COP 24. Pour relever le défi du développement et du changement climatique, le continent peut compter sur un fort potentiel énergétique renouvelable. Certains pays l’ont bien compris qui multiplient les projets pour l’exploiter.

Malgré les effets d’annonce qui promettent pour demain l’électrification de l’Afrique, le continent reste largement plongé dans le noir. Avec près d’un milliard d’habitants, celui-ci représente 13 % de la population mondiale mais seulement 4 % de la production énergétique. Si bien que 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité et que ce nombre risque d’augmenter sous l’effet de la croissance démographique, renforçant les effets du mal développement.

Un potentiel encore inexploité

Pourtant le continent dispose d’un énorme potentiel énergétique renouvelable, encore largement inexploité. « Bien sûr, l’Afrique est plurielle. Certains pays, notamment le Maroc pour le solaire, le Kenya pour la géothermie ou l’Éthiopie pour les barrages, sont déjà bien avancés quand d’autres, plus fragiles, comme le Mali ou le Niger, sont moins dotés même s’ils progressent rapidement », nuance Christian de Gromard de l’Agence française de développement (AFD). « Mais si l’on regarde large, le continent a tout ce qu’il faut en ressources naturelles – solaire, hydraulique, géothermie, éolien ou biomasse – pour relever le défi »,poursuit-il.

Un diagnostic confirmé par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) qui estime que la capacité installée de l’Afrique, actuellement de 34 gigawatts (GW), pourrait atteindre les 300 GW en 2030, niveau requis pour un accès universel sur l’ensemble du continent.

Un financement encore problématique

Utopique ? La progression spectaculaire du solaire photovoltaïque sur le continent montre le contraire. La baisse des coûts d’équipements et d’installation a permis à l’Afrique d’augmenter sa capacité de 800 mégawatts (MW) en 2014 et à nouveau d’autant en 2015. « Avec les bonnes politiques d’accompagnement, cette capacité pourrait atteindre plus de 70 GW en 2030 », soutient l’Irena.

« Mais l’accès difficile au crédit et à la finance reste un frein majeur. Car les énergies renouvelables, c’est moins cher, à condition d’investir dans la durée, l’amortissement se faisant sur 20 à 50 ans selon la taille et la nature des projets », souligne Christian de Gromard.

Pour attirer l’argent privé, l’engagement des pouvoirs publics et des bailleurs internationaux est donc essentiel. D’ailleurs, depuis la COP21 de Paris, les plans d’action étatiques se multiplient, à l’image de l’« Initiative africaine pour les énergies renouvelables », lancée en 2015, qui vise à l’installation de 10 GW d’énergies renouvelables sur le continent d’ici à 2020. Soutenue par dix bailleurs – dont la France – à hauteur de 9 milliards d’euros, l’initiative entre désormais dans la phase de mise en œuvre.

Concilier développement et changement climatique

« Mais à côté de cette stratégie des grands projets décidés d’en haut, qui peine à produire des résultats concrets, il existe un mouvement très fécond, venu du bas de la société, pour inventer un nouveau modèle énergétique. Un modèle non plus basé sur le développement de vastes réseaux intégrés mais sur des solutions hors réseau, aux dimensions d’un village ou d’un quartier, plus adaptées aux réalités africaines », souligne l’économiste Jean-Joseph Boillot.

L’Afrique parviendra-t-elle pour autant à concilier développement et défi climatique en misant tout sur les énergies renouvelables ? « Elles peuvent y participer, mais une solution 100 % renouvelable n’est pas raisonnable, pas plus en Afrique qu’ailleurs », nuance Jean-Pierre Favennec, de l’IFP Énergies nouvelles. La preuve : aucun des pays du continent qui ont amélioré significativement leur production d’électricité – comme le Ghana, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire – n’a pu le faire en se privant totalement des énergies fossiles, notamment des centrales au gaz. »a

Etre une femme en Afrique : « On doit toujours prouver qu’on est capables »

Une vingtaine de personnalités du continent et de France ont pris la parole lors des Débats du « Monde Afrique » au musée du Quai Branly-Jacques Chirac.

Debout sur la scène, elle se souvient – et le public avec elle. C’était il y a tout juste un an. La diffusion de son reportage sur CNN avait entraîné une sidération internationale. La journaliste soudanaise Nima Elbagir avait en effet filmé un marché aux esclaves dans la banlieue de Tripoli, en Libye, où la vie d’un homme ne vaut pas plus de 700 dinars (440 euros).

Mercredi 28 novembre, cette infiltrée est venue au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, à Paris, raconter les coulisses de ce travail qui a fait prendre conscience du traitement des migrants dans le chaos libyen. Si elle n’avait pas été femme, noire, musulmane et arabophone, aurait-elle réussi cette approche qui lui a nécessité « trois ans de travail » ? Pas sûr, comme le rappelle celle qui avait déjà été la première à raconter la guerre du Darfour de l’intérieur, en 2002 ; la première, aussi, à prendre le risque d’entrer en zone Ebola lors du début de l’épidémie en Afrique de l’Ouest, en 2014…

Le témoignage de Nima Elbagir a été l’un des temps forts des Débats du Monde Afrique, mercredi au Quai Branly, consacrés à la place des femmes sur le continent. Politiciennes, artistes, cheffes d’entreprises qui écrivent une nouvelle page de l’Afrique au féminin… Elles étaient une vingtaine, du continent et de France, à prendre la parole dans ce lieu symbolique pour raconter les nouveaux militantismes.

Qui sont donc les modèles de ces femmes d’action en ce début de XXIe siècle ? Sur ce continent où depuis des siècles, l’épouse, la mère ou la tante œuvre en silence, Louise Mushikiwabo, la nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), a tenu à commencer par rendre hommage à ces générations d’anonymes. « C’est surtout nos mères, nos tantes, qui sont nos modèles », a-t-elle souligné, avant d’ajouter que « sur le plan politique, on a besoin aujourd’hui de beaucoup plus de femmes qui aient de la visibilité ».

Plafond de verre

En ouverture de cette journée, trois femmes de premier plan – la Rwandaise Louise Mushikiwabo, donc, mais aussi la Tunisienne Bochra Belhaj Hmida et la Libérienne Williametta Saydee Tarr – sont venues raconter comment elles ont fait entendre leur voix dans un paysage politique où les hommes dominent depuis des décennies.

De gauche à droite : Bochra Belhaj Hmida, députée tunisienne ; Maryline Baumard, rédactrice en chef du « Monde Afrique » ; Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie ; et Williametta Saydee Tarr, ministre libérienne du genre et de la protection sociale
De gauche à droite : Bochra Belhaj Hmida, députée tunisienne ; Maryline Baumard, rédactrice en chef du « Monde Afrique » ; Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie ; et Williametta Saydee Tarr, ministre libérienne du genre et de la protection sociale Camille Millerand pour Le Monde

Louise Mushikiwabo a conquis en octobre la tête d’une organisation représentant 300 millions de francophones et 21 pays, après neuf ans comme cheffe de la diplomatie du Rwanda. Un poste épuisant qu’elle a tenu avec brio dans une période où son pays se reconstruisait et se pacifiait. Très critiqué pour son approche des droits humains, le Rwanda a su très tôt laisser une place aux femmes. Louise Mushikiwabo a d’ailleurs rappelé qu’à Kigali, « 60 % du Parlement est féminin » ; mais elle n’oublie pas que la politique y reste pourtant « un monde d’hommes, puisqu’une fois que les femmes ont accès à des postes à responsabilité, on s’interroge sur leur présence, a-t-elle ajouté, puisqu’on doit toujours prouver qu’on est capables ».

Même si elle vit elle aussi dans un pays où le combat des femmes est depuis longtemps engagé, la députée tunisienne Bochra Belhaj Hmida a aussi tenu à rappeler qu’il lui fallait « militer tous les jours pour prouver que l’espace politique est notre espace naturel ». Un militantisme que la ministre libérienne du genre et de la protection sociale, Williametta Saydee Tarr, avait déjà développé dans ses premiers métiers dans le secteur bancaire et dans les ONG, avant de l’importer sur la scène gouvernementale de son pays. Pour elle, il faut se battre au quotidien pour être sur la première marche du podium et ne pas être reléguée au rang de conseillère ou de numéro deux.

Même si toutes trois représentent la pointe avancée des combats, celles qui font bouger les lignes, elles ont conscience de ce plafond de verre. Et pour le briser, c’est sur les sociétés qu’il faut travailler. En tant que présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), c’est d’ailleurs Bochra Belhaj Hmida qui est derrière la proposition de rééquilibrer l’héritage entre hommes et femmes en Tunisie. Un sujet qui sera discuté en début d’année au Parlement et qui déplace assez de pions pour faire ensuite évoluer la place de la femme dans la société tout entière.

24 % d’entrepreneuses

Cette conquête des terres masculines ne passe pas que par la politique. Elle trouve aussi un espace de combat sur les terrains de football. C’est en tout cas une bataille que porte la Sénégalaise Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA depuis 2016. Arrivée à la tête de cette organisation alors vérolée par les scandales, elle se bat aujourd’hui pour faire du sport un levier d’émancipation des jeunes filles. Déjà, « 46 % des postes à responsabilité de la FIFA sont occupés par des femmes », rappelle celle à qui ce score ne suffit pas. Mais ce qu’elle veut surtout, c’est faire venir plus de filles sur les terrains, pour leur donner grâce au ballon rond un moyen de prendre le pouvoir sur leur vie et de faire entendre leur voix dans la société.

La Sénégalaise Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA, au musée du Quai Branly, le 28 novembre 2018.
La Sénégalaise Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA, au musée du Quai Branly, le 28 novembre 2018. Camille Millerand pour Le Monde

Evidemment, Fatma Samoura sait que le sport ne changera pas tout. Elle le sait d’autant mieux qu’elle-même est passée par d’autres univers avant d’arriver là. Des années d’ONG ont façonné son goût du terrain et, avant encore, un emploi comme trader l’a baladée dans des univers éminemment masculins. De quoi se souvenir que l’économie est elle aussi un peu confisquée par les porteurs de costumes. Et pourtant, en Afrique, les choses bougent vite. Quand en Europe seules 6 % des femmes actives sont à la tête d’une société, elles sont 24 % en Afrique, ce qui en fait « le premier continent de l’entrepreneuriat féminin », selon une étude du cabinet Roland Berger réalisée pour le forum Women in Africa, en septembre.

Même si les zones anglophones sont plus innervées par l’esprit d’entreprise que l’Afrique francophone, « il n’y a pas d’eldorado entrepreneurial en Afrique », a expliqué Markus Goldstein, de la Banque mondiale, à un auditoire passionné par le sujet, mercredi au Quai Branly. Dans tous les pays du continent, les femmes se sont saisi du levier de l’entrepreneuriat pour survivre et nourrir leur famille. Mais là encore, l’affaire n’est pas simple.

La Franco-Ivoirienne Swaady Martin, fondatrice d’Yswara, une entreprise spécialisée dans le thé de luxe, a raconté les barrages qu’elle a dû franchir pour créer une entreprise viable, mais aussi une marque qui rayonne par-delà les frontières de l’Afrique. Son affaire a eu du mal à démarrer, a plusieurs fois failli fermer, mais a finalement pris un élan suffisant pour se lancer à la conquête de la Chine, ni plus ni moins… Et le comble dans tout cela, c’est que, comme le remarque Swaady Martin, « des financeurs qui ont refusé de m’aider au départ sont aujourd’hui partenaires de jeunes entrepreneurs que j’aide moi-même ». Elle a bien dit « entrepreneurs » et non « entrepreneuses ». Toute la différence se niche peut-être là, une fois encore…

D’ailleurs, Markus Goldstein a profité de cette journée pour présenter, en exclusivité pour Le Monde, une enquête au long cours réalisée par la Banque mondiale dans quatorze pays africains, sur sept ans. Ce travail montre que si les entreprises gérées par des femmes se développent moins que celles des hommes, créent moins d’emplois et dégagent moins de marge, c’est notamment parce qu’elles sont moins financées au départ et s’installent sur des créneaux moins porteurs. Mais ce sont les seuls champs laissés libres par les hommes à leurs concurrentes féminines…

De gauche à droite : Mame-Fatou Niang, documentariste et professeure à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh ; Coumba Kane, journaliste au « Monde Afrique » ; Chayet Chiénin, auteure du magazine en ligne « Nothing But the Wax » ; et l’écrivaine Laura Nsafou.
De gauche à droite : Mame-Fatou Niang, documentariste et professeure à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh ; Coumba Kane, journaliste au « Monde Afrique » ; Chayet Chiénin, auteure du magazine en ligne « Nothing But the Wax » ; et l’écrivaine Laura Nsafou. Camille Millerand pour Le Monde

Des mots d’hommes

Se faire une place, c’est aussi le combat en France des femmes noires qui veulent être reconnues comme telles. « La France noire, c’est le “hot topic” [le sujet chaud] de l’année 2018 dans les milieux universitaires, ici mais aussi aux Etats-Unis : les étudiants choisissent de plus en plus ce thème pour leur thèse », rappelle Mame-Fatou Niang, auteure du documentaire Mariannes noires et professeure à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh.

Chayet Chiénin, auteure du magazine en ligne Nothing But the Wax, a quant à elle ouvert cet espace de liberté parce que « l’Afrique est devenue tendance, oui, mais aussi parce qu’on n’a pas notre propre média », a-t-elle expliqué à la journaliste du Monde Afrique, Coumba Kane, ajoutant : « J’ai voulu donner la parole à notre génération pour qu’elle raconte notre réalité. » Et ce dans une France encore un peu trop pudique pour « parler de femme noire », préférant les termes « ethnique » ou « black »… « Le mot “noir” est difficile à sortir de la bouche des Français », s’accordent Chayet Chiénin et Mame-Fatou Niang. Preuve qu’il reste du chemin à parcourir…

Pour avancer, rien de tel que d’enrôler les hommes dans le mouvement. Deux d’entre eux ont d’ailleurs eu des mots très justes, mercredi, pour raconter comment ils partagent ces combats. Mohamed Keita, un jeune acteur sénégalais qui joue dans la série « C’est la vie », estime que les combats contre l’excision, les grossesses précoces, l’exposition des jeunes femmes au VIH sont aussi les siens.

Quelques heures plus tôt, un homme de théâtre malien avait aussi raconté ses actions. Au cœur de Bamako, Adama Traoré, metteur en scène, comédien et directeur de la compagnie Acte Sept et du Festival du théâtre des réalités, a mis en place une sorte de théâtre-action pour installer le débat dans la société. Et au centre de ses thématiques, il y a toutes ces violences, réelles et symboliques, faites chaque jour aux femmes. Les mots sont ses armes pour dénoncer l’injustice et, au musée du Quai Branly, il l’a dit et répété.

Maryline Baumard

En Afrique, Société générale recrute des conseillers chinois

La banque française démarche les grands groupes chinois qui investissent le continent africain.

Dans les bureaux de la Société générale, à Dakar, Sophie Zhang occupe un poste un peu particulier. Cette jeune Chinoise, parfaitement francophone, est chargée de nouer des contacts et de faire des affaires avec les entreprises de l’empire du Milieu, en pleine expansion en Afrique. En deux décennies, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent. Plus de 10 000 entreprises chinoises s’y seraient implantées, selon un rapport publié, en 2017, par le cabinet McKinsey.

La marge de manœuvre de Mme Zhang est étroite, car les grands groupes de travaux publics chinois qui viennent construire des autoroutes, des ponts ou des stations hydrauliques à travers le continent africain sont le plus souvent des structures étatiques financées par Pékin, par les banques chinoises ou par des bailleurs de fonds internationaux. Mais l’objectif de l’établissement français, présent dans dix-neuf pays africains, est de récupérer un morceau de la relation bancaire de ces géants asiatiques (les paiements locaux, le change, les transferts d’argent, la garantie bancaire pour le commanditaire des projets…), en mettant à contribution, en amont, les équipes de la Société générale en Chine.

« Nous sommes la seule banque à avoir généralisé ce service de “China desk”, explique Sophie Zhang. C’est un vrai atout vis-à-vis des groupes chinois. Ils nous approchent naturellement, car ils sont plus à l’aise avec un conseiller chinois : nous parlons la même langue, et nous partageons des habitudes culturelles. Cela crée de la confiance. »Les chefs d’entreprise de l’empire du Milieu, qui conduisent en Afrique des projets pour des durées d’un à trois ans, ne parlent le plus souvent ni français ni anglais.

Forte hausse anticipée du « business Chine-Afrique »

La banque française a lancé ce service en chinois, en 2014, au Cameroun et le propose aujourd’hui dans onze pays (Maroc, Algérie, Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Togo, Cameroun, Madagascar, Mozambique). Elle devrait ouvrir, en 2019, un bureau au Burkina Faso, « à la faveur du rétablissement de ses relations diplomatiques avec la Chine, en mai », précise Shujue Cai, la responsable commerciale Chine-Afrique de la Société générale, à Paris. « Le dispositif évolue selon les besoins. »

Le groupe bancaire français anticipe une forte hausse de ce « business Chine-Afrique ». S’il ne pèse aujourd’hui que 1 % du chiffre d’affaires du réseau africain (soit environ 15 millions d’euros en 2017), il a progressé de plus de 20 % au premier semestre. « Le gouvernement chinois encourage aujourd’hui les entreprises à investir en Afrique avec leurs propres fonds, affirme Sophie Zhang. Ces investisseurs complètement privés vont constituer à l’avenir une clientèle plus variée, porteuse de projets plus complexes et plus intéressants pour la banque. »

lemonde.fr

Sénégal : la BCP s’engage sur la phase 2 du PSE

La Banque Centrale Populaire (BCP) accompagnera  le Sénégal dans la phase 2 du Plan Sénégal Émergent qui sera lancée en marge  du Groupe consultatif prévu à Paris le 18 décembre prochain.

«Cet engagement sera multiforme, et aligné sur les ambitions du gouvernement en matière notamment d’exploitation des industries extractives, mais également le développement de l’agriculture, dont la filière arachidière, et la poursuite du renforcement des infrastructures.», a déclaré Kamal Mokdad, directeur général de la BCP en charge du développement à l’international. 

En visite au Sénégal, le 4 décembre,  à la tête d’une importante délégation des cadres de la banque, M. Mokdad a rappelé l’engagement constant de la banque dans le financement de l’économie sénégalaise. «Je rappelle que les relations entre Banque Atlantique et l’État sénégalais sont historiquement dynamiques. Elles ont franchi un cap significatif dès 2013 avec l’arrangement d’un financement global de 250 Milliards FCFA. »

Cette levée de fonds, la 1ère du genre tant sur le montant que sur la structuration dans la sous-région, avait permis dès lors à la banque de renforcer davantage ses liens avec l’État central, ainsi qu’avec les agences et entreprises publiques, par la mise en place et l’arrangement de financements directs de l’ordre de près de FCFA 500 Milliards. 

 «Le Sénégal est le premier partenaire du Maroc en Afrique subsaharienne», dira pour sa part Taleb Berrada, ambassadeur du Maroc au Sénégal, invitant les banques  marocaines à s’impliquer dans la phase 2 du PSE.

La BCP est l’une des toutes premières institutions bancaires du Maroc. Avec plus de 6 millions de clients et 1.600 agences, elle occupe la première place en termes de collecte de l’épargne, avec une part de marché de 27%. Elle est aussi le deuxième bailleur de fonds de l’économie marocaine, avec une part de marché de 25%.

La banque à l’emblème de cheval  qui est opérationnelle dans la zone UEMOA à travers la marque Banque Atlantique, figure dans le Top 10 des banques africaines en termes de taille de bilan, et est le 6e plus grand groupe bancaire en Afrique par les fonds propres.

Les réfugiés sénégalais en Guinée-Bissau obtiennent enfin des cartes d’identité

Après des années passées dans l’incertitude, les réfugiés sénégalais en Guinée-Bissau obtiennent enfin des cartes d’identité. Certains vivent dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest depuis plus de deux décennies après avoir fui les troubles dans la région de Casamance au Sénégal.

Ibrahima Ingo a fui le sud du Sénégal en 1992 à cause des troubles dans la région de Casamance. Depuis lors, il vit à Pelundo, près de la frontière entre la Guinée Bissau et le Sénégal. C’est la première fois qu’il se fait enregistrer pour obtenir une carte de citoyenneté en Guinée Bissau.

« C’est vraiment important car cela nous permet de nous déplacer librement en Guinée Bissau » dit-il.

Près d’un an après que la Guinée-Bissau a annoncé qu’elle accorderait la citoyenneté à tous les réfugiés sénégalais résidant sur son territoire, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a commencé à enregistrer une partie des quelque 10 000 réfugiés sénégalais présents dans le pays. Pour beaucoup, les nouveaux documents signifient un nouveau départ.

Ami Diatta est une réfugiée sénégalaise: « Si vous n’avez pas de documents, vous êtes traité comme un étranger. Mais vous n’aurez pas de problèmes si vous avez vos documents. »

Depuis 1982, des vagues de Sénégalais ont fui la Casamance, foyer d’un conflit opposant le gouvernement et les séparatistes. Auparavant, le gouvernement de Guinée-Bissau demandait environ 1 500 dollars par personne pour tout le processus d’enregistrement.

Le HCR a réussi à ramener les frais à 257 dollars. Maintenant que l’enregistrement est en cours, Diatta peut enfin se sentir chez elle en Guinée Bissau, vingt-sept ans après avoir fui son village natal au Sénégal.