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Une histoire de pilotage de bateau

Selon Abdoulaye Siny Diop, ce village existe avant les autres localités de Ndiébéne-Gandiole.

A l’époque, des pêcheurs expérimentés, tels que Mafall Bateau (le premier à s’installer dans ce village), Gorgui Magatte Fall, Mame Masène Pathé Sène, Vieux Daouda Diagne et Mamadou Diallo, quittaient Sindoné (le sud de l’île) et Guet-Ndar, pour venir piloter des bateaux européens qui transportaient des marchandises, en vue de les aider à traverser l’embouchure. On les avait surnommés « les grands pilotes », parce qu’ils étaient capables de manœuvrer ces gros navires.

Ces derniers, a-t-il précisé, étaient aidés dans leur tâche par une autre équipe de pêcheurs, qui était chargée de baliser le chemin qui devait leur permettre de conduire ces bateaux jusqu’à la fin de la traversée de l’embouchure. Cette équipe était composée de Pape Assane, Malick Fall, Ameth Diagne, Pape Iba Diagne et Pape Oumar Diop.

Poursuivant, Abdoulaye Siny Diop a souligné que Pilote vient de Pilotage, le terme Barre renvoie au Gouvernail d’un bateau. Tous ces pêcheurs ont fini par s’installer dans ce village, avant de lui donner le nom de Pilote-Barre.

Parlant de l’origine du phare qui surplombe le village, M. Diop a rappelé qu’il y avait un système de signalisation en bois, qui orientait les bateaux de telle sorte qu’ils puissent éviter d’échouer sur les bancs de sable. Ce phare en bois a été finalement remplacé par un phare très moderne de 37 mètres de long, « jusqu’à présent, il clignote, nuit et jour ».

Il a été installé dans ce village par les européens. Ce phare constitue l’identité de cette localité. Il attire chaque année des milliers de touristes qui viennent l’admirer et le photographier. C’est un monument historique aménagé dans un site touristique. Certains villageois sont allés jusqu’à dire que cet ouvrage est un porte-bonheur.

Pilote-Barre Les lustres éblouissants d’un village atypique du Gandiolais

Le village gandiolais de « Pilote-Barre » fait partie des localités du département de Saint-Louis, les plus affectées par l’érosion côtière. Ce terroir de la commune de Ndiébéne-Gandiole, abrite plus de 3000 âmes.

Du fait de l’impossibilité de mettre en valeur ne nombreuses parcelles maraîchères (due à la salinisation des terres cultivables) de développer l’élevage et la pêche fluviale dans cette zone, ses bras valides ont presque vidé les lieux pour aller chercher un emploi décent sous d’autres cieux plus cléments.

Avec nos mains en visière sur nos yeux illuminés par les lustres éblouissants de la nature joviale de Pilote-Barre, nous avons pu admirer l’année dernière la beauté de ce village niché au cœur du Gandiolais.

Ce reportage était éprouvant. Il nous a fallu emprunter des sentiers escarpés, des pistes sinueuses, ellipsoïdales, qui devaient nous mener, selon certaines indications, vers Gopp (le Nord) ou Tank (le Sud) de Pilote-Barre. Ce terroir, par endroits, ressemble à une petite hêtraie. Sa strate est arborée et arbustive. Autour du village, certaines plantes bulbeuses, ressemblant à des colchiques, attirent toujours les touristes.

Ici, les villageois, ostensiblement, sont de très bonne humeur et leurs yeux racontent le bonheur, malgré les problèmes environnementaux auxquels ils sont quotidiennement confrontés pour survivre. Ces derniers mènent une vie rustique.

Il est hors de question dans ce milieu d’être dérangé par l’impudeur des femmes aguichantes qui sèment la pluie et le beau temps dans les grands centres urbains. A Pilote-Barre, nos braves concitoyennes sont plutôt préoccupées à aller chercher de l’eau potable.
Ici, on ne sent pas la précarité de la vie. Tantôt, nous sommes impressionnés par de superbes villas et autres constructions futuristes appartenant à des sénégalais nantis, à des européens tombés sous le charme de cette belle localité. Ces maisons très vastes nous remplissent agréablement la vue. Elles sont délimitées par des troncs d’eucalyptus très géants, hauts comme des piliers de cathédrale. Ces grandes concessions sont aménagées de telle sorte, qu’une fois à l’intérieur, le visiteur se croirait dans un paradis terrestre.

Une dizaine de jeunes et de femmes que nous avions pu interroger l’année dernière dans cette partie du Gandiolais, sont restés profondément marqués par la disparition en haute mer de nombreux enfants et autres candidats malheureux à l’émigration clandestine.
Ces derniers ne pouvaient plus supporter le chômage, l’oisiveté, le désœuvrement, à cause de la salinisation des terres et du fleuve, et n’avaient plus la possibilité de pêcher ou de cultiver.

Les notables de ce village nous avaient fait comprendre « que les populations de Pilote-Barre arrivent à survivre grâce à l’argent que certains d’entre eux, qui sont parvenus à s’installer en Espagne, envoient régulièrement à leurs parents ».

L’impact de l’ouverture de la brèche

La ville coloniale de Saint-Louis, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est construite sur une île de l’estuaire du fleuve Sénégal.

A cet endroit, le fleuve longe la côte vers le Sud et n’est séparé de l’océan que par une mince flèche de sable de quelques centaines de mètres de large, la Langue de Barbarie, qui protège la cité de l’assaut des vagues. Jusqu’en 2003, elle empêchait une évacuation rapide des eaux du fleuve lors des crues car elle s’allongeait sur environ trente kilomètres au sud de la ville. De ce fait, la cité était soumise à des inondations fluviales récurrentes en fin de saison des pluies.

L’ouverture artificielle d’une brèche, 7 kilomètres au sud de la ville, suite à la crue d’octobre 2003, a radicalement changé l’inondabilité de la cité.

En effet, selon certains experts, depuis cette époque, la ville n’a plus été inondée par le fleuve car l’élargissement spectaculaire de la brèche, qui est devenue la nouvelle embouchure, permet aux eaux de s’évacuer rapidement lors des crues.

Cependant, en corollaire, les courants marins ont fortement modifié le régime hydrologique. La ville est désormais en tête d’estuaire : le marnage a fortement augmenté et les niveaux d’eau du Sénégal sont de plus en plus calqués sur le rythme des marées. Or, la cité émerge à peine au-dessus du niveau des plus hautes mers actuelles.

Elle devient donc plus vulnérable à une augmentation, même modérée, du niveau moyen de la mer. Dans ce contexte, la question est de savoir si la prédominance des influences marines dans le régime du fleuve à Saint-Louis peut persister à moyen terme, compte tenu de la tendance naturelle à la migration vers le sud de la langue de Barbarie.

TE/APA

PRÉPAS : LA GRANDE DÉFAITE DES CERVEAUX SÉNÉGALAIS

Depuis 2017, l’absence de Sénégalais admis à l’École Polytechnique de Paris par la voie des prépas est un signal d’alarme. Entre précarité financière, pression académique et choc culturel, les jeunes talents se retrouvent broyés par un système impitoyable.

Si les Jeux olympiques (Jo) sont le rendez-vous des meilleurs athlètes de la planète, les classes préparatoires aux grandes écoles françaises (Cpge), surnommées « Prépas », elles, demeurent la filière d’excellence des meilleurs étudiants au monde. Il s’agit de lycées spécifiques qui forment et formatent les nouveaux bacheliers en deux ans afin de mieux les préparer aux concours très sélectifs d’entrée dans les grandes écoles françaises notamment celles d’ingénieurs. Incontestablement, la plus prestigieuse d’entre elles, c’est l’Ecole polytechnique de Paris (Epp). Malheureusement, depuis 2017, aucun Sénégalais n’a été admis dans cet établissement via les « Prépas ». Ce, contrairement aux étudiants marocains et tunisiens qui raflent les rares places réservées aux étrangers. Après avoir récemment fait une immersion dans la communauté des étudiants sénégalais en France, notre reporter Pape Ndiaye dit pourquoi cette impossibilité pour nos meilleurs élèves de franchir la porte d’entrée de cet établissement.

Considéré comme le diplôme le plus populaire au monde, le baccalauréat 2023-2024 a vécu ! Et pour beaucoup de nouveaux bacheliers sénégalais, le plus angoissant n’était pas forcément de décrocher une mention ou non. Le rêve, c’est plutôt d’aller poursuivre les études supérieures à l’étranger. Et particulièrement en France. L’essentiel, c’est de s’expatrier quitte à aller étudier le « Lingala » dans l’Hexagone.

Il est vrai qu’il y a de quoi déserter le Sénégal où de nombreux jeunes diplômés issus de nos universités publiques et privées éprouvent d’énormes difficultés à trouver un emploi correspondant à leurs études. D’où le choix irrépressible de très nombreux élèves de terminale de quitter le pays après avoir planifié leur avenir post-bac en faisant des pré-inscriptions dans les écoles et universités françaises. Pré-inscriptions généralement faites et acceptées à l’insu des pauvres parents d’élèves mis souvent devant le fait accompli.

Kh. Diop est un postier à la retraite. Domicilié à Nord-Foire à Dakar, il dit avoir subi toutes sortes de pressions de la part de son fils désirant étudier en France après son bac. « Dès la proclamation des résultats, mon fils a joyeusement exhibé son attestation de pré-inscription dans un lycée préparatoire sous réserve du bac. Non seulement il m’avait mis devant le fait accompli mais encore il m’a mis une pression terrible pour aller étudier en France. Pour lui, c’était partir ou rien puisqu’il n’imaginait même pas de s’inscrire à l’Université de Dakar. Embarrassé par cette rébellion, j’étais obligé de brader mon unique terrain situé à Malika et c’est avec l’argent de cette vente que j’ai financé son voyage. Il est vrai que la scolarité en classe prépa est gratuite dans les lycées publics français. Mais les charges relatives au logement en internat, la restauration, à l’inscription annuelle et au billet d’avion sont financièrement lourdes pour un salarié retraité comme moi » explique ce parent d’élève».

Rush vers les classes prépas !

Qu’est-ce qui donc fait courir les jeunes bacheliers sénégalais vers les classes préparatoires en France ? Du moins, les plus brillants d’entre eux. La réponse se trouve dans l’Europe des élites où la plupart des personnalités scientifiques, économiques, politiques et militaires ainsi que les lauréats de prix Nobel sont issus de grandes écoles via les prépas. En immersion dans de grandes écoles et universités situées à Paris, Lille et Nancy, « Le Témoin » s’est rendu compte que les prépas sont perçues comme des tremplins vers les carrières les plus prestigieuses de France et du reste du monde.

Les classes préparatoires ou « prépas », comme l’indique leur nom, préparent en deux (02) ans les étudiants français, sénégalais, marocains, tunisiens, belges, chinois et autres étrangers aux concours d’entrée dans les grandes écoles notamment d’ingénieurs telles que Science Po Paris, Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, Ecole Polytechnique de Paris, Haute école de commerce (HEC), Ecole Centrale Lyon, Télecom Paris, Ecole militaire Saint Cyr-Coetquidan, Ecole polytechnique de Lille, Ecole des Mines Paris, Ecole nationale de l’aviation de Toulouse, Ecole des Ponts et Chaussées voire Conservatoire national des Arts et Métiers etc…

Selon B. Seck, étudiant sénégalais à Lille, près de 150 lycées comme Henri IV, Louis Le Grand, Saint-Cyr-Coetquidan, Jean Bart, Prytanée national et autres abritent des classes préparatoires. « Ces établissements d’excellence répartis sur l’ensemble du territoire français ont été toujours considérés comme la « voie royale » pour intégrer les grandes écoles d’ingénieurs. D’ailleurs, nos professeurs ne cessent de nous rappeler que la prépa est la filière la plus prestigieuse, la plus sélective et la plus difficile au monde. C’est un système éducatif à la Française, unique en son genre et qui n’existe nulle part ailleurs car il favorise non seulement l’acquisition de connaissances techniques et scientifiques de haut niveau mais aussi cultive également un esprit critique et une capacité à travailler sous pression, des compétences souvent indispensables dans le monde professionnel. En effet, les études dans les prépas combinent excellence, rigueur académique et développement personnel, préparant ainsi les étudiants à devenir les sculpteurs de la société de demain. « Ces qualités essentielles développées par les Cpge — classes préparatoires aux grandes écoles — répondent aux futures exigences attendues en Grandes écoles d’ingénieurs : il s’agit bien d’un écosystème d’excellence global, où l’excellence de la préparation conduit à l’excellence de la formation ultérieure », a précisé notre jeune compatriote après sa réussite au concours d’entrée dans une grande école d’ingénieurs.

Au bout de deux années d’études en classe prépa, trois de ces filières scientifiques à savoir Mathématiques, Physique, Sciences de l’Ingénieur (Mpsi) ; Physique, Chimie, Sciences de l’Ingénieur (Pcsi) ; Physique, Technologie, Sciences de l’Ingénieur (Ptsi) mènent indistinctement à près de 200 écoles d’ingénieurs dont l’École Polytechnique, l’Écoles des Mines de Paris, l’Ecole Centrale etc. Sans oublier les grandes écoles normales (filière littéraire). Justement en milieu estudiantin, tous les débats et discussions relatifs à l’excellence convergent vers l’Ecole Polytechnique de Paris. Jouissant d’un grand prestige dans l’enseignement supérieur hexagonal, l’École polytechnique est souvent associée à sélectivité et excellence mondiale.

Malheureusement, déplore T. Diagne, étudiant en prépa dans un lycée parisien, depuis 2017 aucun sénégalais n’a réussi le concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique de Paris par « voie royale » c’est-à-dire après deux ans de prépa. « Pire encore, cette année 2024, aucun étudiant sénégalais parmi les centaines à avoir fait le concours n’est admis à l’Ecole Polytechnique de Paris toujours en tête du classement des meilleures écoles d’ingénieurs de France et d’Europe. Comme chaque année, les Marocains ont encore excellé. Sur les soixante (60) places réservées aux étudiants étrangers par « voie royale », les Marocains ont décroché haut la main la première place avec 41 admis. Ils sont suivis des Tunisiens avec dix (10) admis puis viennent les Algériens, Canadiens, Roumains, Autrichiens, Chiliens, Libanais et Tchèques qui se partagent le reste des places pour l’accès à l’Ecole Polytechnique de Paris. Ces dernières années, les rares brillants et méritants étudiants sénégalais admis à l’Ecole Polytechnique de Paris sont passés par la filière universitaire, et non par la prépa dite voie royale…»,regrette cet étudiant sénégalais. Qui estime donc qu’« il faut revoir notre système d’enseignement des matières scientifiques. Si les Marocains et Tunisiens brillent régulièrement aux concours c’est parce qu’ils sont trop forts en maths et en physique. Dans notre classe de prépa, ils font partie des meilleurs étrangers grâce à leur très bon niveau scientifique acquis dès le collège », indique Mb. Cissé étudiant à Lyon.

Une «super-grande» école, un rêve brisé !

Pourtant, les Sénégalais ne sont pas des nullards, loin s’en faut. La preuve par le nombre impressionnant de bacheliers de notre pays rigoureusement sélectionnés et admis dans les classes préparatoires de France réputées être réservées aux meilleurs élèves au monde. Nombre d’entre eux sont des lauréats du Concours général. D’autres des bacheliers ayant obtenu une mention. Hélas, beaucoup de brillants étudiants, âgés généralement entre 17 et 19 ans, échouent dès la première année de prépa. En situation de détresse, ils finissent malheureusement par se réinscrire dans les universités publiques françaises. Le cas de cette fille, meilleure élève du Sénégal il y a quelques années et qui avait plané sur tous les examens et concours nationaux avant de disparaître mystérieusement mettant en émoi toute la communauté, ce cas avait défrayé la chronique. Il semble que la pauvre n’avait pas pu tenir le rythme infernal des classes préparatoires ! Il est vrai que l’essentiel des « préparationnaires » sénégalais en 2e année parviennent à décrocher au moins une grande école parmi tant d’autres qui forment des cadres hautement qualifiés dans divers domaines tels que l’ingénierie, la finance, la gestion, la science politique etc. Il s’agit de grandes écoles situées au milieu voire au bas du tableau. Pour les très ambitieux, leurs ambitions s’arrêtent aux portes des super-grandes écoles. Encore une fois, il s’agit de l’Ecole Polytechnique de Paris ou X, de l’Ecole des Mines Paris, de Télécom Paris, de l’Ecole Centrale Paris, Ponts et Chaussés de Paris, Aviation Toulouse, Saint-Cyr/Coetquidan etc…

Les déçus ne se le cachent pas, cet échec au seuil des très grandes écoles, c’est un moment difficile à vivre. D’où les nombreuses remises en question. Si c’est un homme carré, la première réaction consistera sûrement à refaire la 2e année. En effet, nous explique-t-on, les classes prépas sont prévues sur 2 ans, mais les élèves peuvent se redoubler une fois en 2e année. C’est le seul redoublement possible, cela afin de donner à l’étudiant une seconde et dernière chance. Pourtant ce n’est probablement pas la seule solution qui s’offre à lui, à moins qu’il n’arrive pas à réussir au concours d’entrée d’aucune école. Un échec rarissime !

La précarité, un facteur d’échec…

A en croire Mlle Kh. Sall, étudiante en prépa, bon nombre de nos compatriotes ne parviennent à accéder en 2e année afin de pouvoir concourir aux grandes écoles à cause de la forte pression subie. Sans oublier les exercices, les devoirs et les travaux dirigés de très haute qualité, dans des délais souvent extrêmement courts, sur un rythme intense. « Pour montrer l’intensité du travail, tous les étudiants en prépa sont généralement logés dans des internats avec des chambres individuelles leur permettant de bien travailler. Malgré le bon cadre de vie, l’échec s’explique par le stress et l’extrême précarité. Et les étudiants issus de familles défavorisées sont les plus touchés », déplore cette Sénégalaise avec un sentiment de déception.

« Le Témoin » a effectivement constaté que nos braves jeunes compatriotes sont confrontés à de nombreuses difficultés sociales et financières : les loyers en Internat et restauration plafonnés à 350 euros environ soit 250.000 cfa/mois. De même que les frais d’inscription annuelle fixés à 280 euros (190.000 cfa) pour les étudiants étrangers. Certes un tarif très social, mais de nombreux pauvres étudiants sénégalais peinent à s’en acquitter.

Il est vrai que les étudiants vivant en internat sont persuadés que ce mode de logement est le plus adapté aux exigences de la prépa. Mais l’enfer, c’est le fait que l’Internat abritant le restau est ouvert du dimanche soir 20 h au samedi 7h30 pendant les temps scolaires. Soit cinq (05) jours sur sept (07). Pire encore, les logements sont fermés pendant les vacances scolaires, petits congés (jours fériés) et week-ends. Un mode de fonctionnement que la plupart des parents ignoraient lorsque leur enfant quittait le Sénégal. Le cas de l’étudiant A. S est une triste illustration de l’extrême précarité que l’on constate dans la communauté sénégalaise des prépas. Agé de 18 ans et originaire d’un village situé dans le département de Linguère, il a décroché son bac S1 avec mention. Fort d’une bourse d’excellence de l’Etat du Sénégal (650 euros/425.000 cfa) et admis dans un lycée à classes préparatoires à Lille, A. S débarque dans le Nord de la France où il entame le passage à l’âge adulte dans une période psychologiquement stressante. « Dès mon arrivée à l’Internat de l’école, un dimanche, le concierge m’a remis la clé de ma chambre. C’était ma première nuit en France et, dès le lendemain lundi, j’ai commencé les cours. Le premier vendredi après-midi, le concierge a informé tous les étudiants français et étrangers que les chambres devaient être libérées le samedi à 14 heures jusqu’au dimanche à 20 heures. Ce samedi-là, je trimbalais ma valise dans les rues de Lille à la recherche d’un hôtel bon prix. J’ai dû payer 50 euros /nuitée soit 35.000 cfa. Comme dans tous les hôtels, le client doit quitter la chambre avant midi. Ne connaissant personne à Lille, je suis retourné vers 15 heures le dimanche devant le portail de l’école. Evidemment le temps que l’internat ouvre ses portes à 20 heures. Durant trois week-ends, j’aisubi cette situation de détresse sociale au point d’épuiser tout l’argent de poche que mes pauvres parents m’avaient remis. Car le paiement des bourses n’était pas effectif pour les nouveaux bénéficiaires. Face à cette galère inattendue, l’idée de retourner au Sénégal m’avait traversé l’esprit. Sur conseil d’un oncle installé à Paris, je prenais le train tous les samedis pour aller chez lui, juste pour une nuit avant de revenir à Lille le dimanche. Je dépensais presque 40 euros soit 30.000 cfa Aller/Retour pour une distance de 600 km. Je n’arrivais même pas à faire mes exercices durant tous ces weekends ou je ne dormais pas bien et ne mangeais pratiquement pas à ma faim », raconte cet élève qui fut brillant mais qui n’a pas pu réussir la prépa. « Mon niveau avait considérablement baissé. Au lycée, de la seconde à la terminale, mes notes en maths tournaient autour de 16 et 18/20. Pour mes premiers devoirs de Maths et Physique en Prépa, j’ai eu respectivement 7 et 9/20. De nombreux camarades se trouvant dans cette même situation et incapables de la surmonter ont fini par abandonner la prépa. D’autres épuisés, surmenés ou financièrement fauchés ont déserté la prépa pour ne plus y revenir ! », regrette notre jeune compatriote rencontré à Lille.

Frais de concours : 500 euros par école !

Ayant échoué au concours d’entrée aux deux prestigieuses grandes de son choix, A. S accuse l’extrême précarité et l’instabilité sociale dans lesquelles il vivait en dehors de l’internat à savoir les week-ends, les jours fériés et les congés scolaires. « Vous savez, en prépa, les frais d’inscription pour chaque concours d’entrée à une grande école sont fixés à 500 euros c’est-à-dire 325.000 cfa pour les étrangers ou non ressortissants de l’Union européenne. Pour multiplier vos chances, il faut au moins choisir quatre (04) grandes écoles et faire quatre (04) concours pour un montant total de 2.000 euros soit 1.300.000 cfa. Des camarades issus de familles riches font jusqu’à six concours. Compte tenu de mes moyens financiers limités, je ne pouvais faire que deux concours. Il s’y ajoute que la plupart des concours se font à Paris qui est le lieu de convergence de tous étudiants en prépa. Un déplacement qui nécessite beaucoup de moyens pour les étudiants de Lille, Lyon, Nancy, Marseille, Toulouse etc. Lesquels sont contraints de faire face aux frais de restauration, de transport et de logement en hôtel à défaut d’avoir une connaissance ou un parent à Paris. La prépa, c’est l’enfer des études ! Ce même si elle symbolise la réussite professionnelle au bout de l’effort. Audelà de l’exigence, de la rigueur, la régularité de l’effort, l’encadrement individuel et la dynamique collective font le reste ! C’est en prépa que je me suis rendu compte pourquoi les Français font partie des meilleurs ingénieurs et littéraires au monde. Car le système d’enseignement français, c’est du sérieux ! », reconnaît A. S

En France, les ressources des étudiants sénégalais en prépa comme en université sont en effet très faibles pour subvenir à leurs besoins. Ainsi, ceux issus de famille défavorisée et qui ne vivent que de leurs bourses d’Etat perçoivent moins de 400 euros (260.000 cfa). Un montant qui ne couvre pas le loyer, le transport, la restauration, la connexion Internet, les fournitures scolaires et l’habillement qui constituent un facteur déterminant de la réussite dans l’enseignement supérieur.

En France, les ressources des étudiants sénégalais en prépa comme en université sont en effet très faibles pour subvenir à leurs besoins. Ainsi, ceux issus de famille défavorisée et qui ne vivent que de leurs bourses d’Etat perçoivent moins de 400 euros (260.000 cfa). Un montant qui ne couvre pas le loyer, le transport, la restauration, la connexion Internet, les fournitures scolaires et l’habillement qui constituent un facteur déterminant de la réussite dans l’enseignement supérieur.

L’impact négatif du job étudiant…

M. J. Luc, professeur de nationalité française confirme que les lycées publics ou privés ayant des classes préparatoires sélectionnent les meilleurs élèves du monde. « Donc ces élèves qu’ils soient Sénégalais, Ivoiriens, Français ou Maliens ne sont pas des nullards lorsqu’ils débarquent en prépa. Croyez-moi, j’ai fait plus de 20 ans d’enseignement dans les classes préparatoires. Donc je suis particulièrement bien placé pour vous dire que les Sénégalais et les Béninois font partie des étudiants non européens les plus intelligents et les plus brillants. Malheureusement, ils sont souvent confrontés à des situations de précarité. Entre le coût du voyage, les frais de scolarité, le logement et le coût de la vie quotidienne en France, la facture peut vite grimper et, là encore, les étudiants ne s’y attendent pas forcément. D’ailleurs c’est ce qui justifie les job-étudiants et autres petits boulots qui impactent sur les études. D’où un risque accru d’échec parmi les étudiants « salariés ». Parce que le petit boulot n’a pas sa place dans le système d’enseignement français aux emplois du temps trop chargés. Et pire encore en prépa où l’étudiant doit avoir une bonne stabilité sociale et une santé financière, deux facteurs clés pour mieux se concentrer sur l’immense travail pédagogique que nécessite la prépa. Car, en étant dans la précarité, l’élève voire l’étudiant aura peu de chance de réussir sa prépa… », explique cet enseignant du supérieur et titulaire d’une classe prépa que nous avons rencontré au quartier Latin lors de notre récent séjour à Paris.

Entre le rythme de travail intense et l’éloignement de la famille, le choc culturel aussi le passage de la classe «prépa» à la grande école par nos brillants élèves est un véritable parcours du combattant. Que, hélas, nos élèves n’arrivent pas à parcourir jusqu’au bout. Si on ajoute à ces facteurs défavorables, voire à ces handicaps, l’extrême précarité, l’échec au concours d’entrée aux prestigieuses grandes écoles comme Polytechnique de Paris serait presque.

Pape NDIAYE https://www.seneplus.com/

« Du fait des changements climatiques, Saint-Louis pourrait disparaître d’ici 1500 ans » Pr Boubou Aldiouma Sy de l’Ugb

A l’occasion de la visite de presse organisée à Pilote-Barre par L’association African Journalists Forum (Ajf), Boubou Aldiouma Sy, Professeur en géographie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, est revenu largement sur les conséquences désastreuses des changements climatiques et les menaces qui pèsent sur Tassinère, Pilote Barre, Salguir et autres villages du Gandiolais.

Il a, à ce propos, rappelé que l’île de Doune de Baba Dieye et le village de Keur Bernard ont disparu, que l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof), exposée également aux conséquences des changements climatiques, pourrait disparaître dans 1500 ans.
S’adressant à la presse, il a précisé que le village de Pilote-Barre fait partie des anciennes localités du Gandiolais situées dans l’estuaire du fleuve Sénégal et des fragments de cordon dunaire de la Langue de Barbarie.

Il a laissé entendre que les populations de Pilote-Barre, Tassinère, Mouit et des localités environnantes ont des traditions socioéconomiques et culturelles qui leur permettaient de s’adonner aux activités de pêche et maraîchères.
Cependant, a-t-il souligné, du fait de l’existence de cette brèche, des changements climatiques, des phénomènes exceptionnels de submersion marine, de l’érosion côtière, de la salinisation des terres, ces populations ont abandonné leurs villages pour aller vivre ailleurs.

Le Pr Boubou Aldiouma Sy a fait savoir que ces changements climatiques n’ont rien à voir avec la présence de l’homme dans ces localités, « ils sont liés au rapprochement de la terre par rapport au soleil, à l’augmentation du volume d’eau des mers, à la fonte des glaciers au niveau des pôles, etc ».

Ainsi, a-t-il poursuivi, du fait des conséquences de ces changements climatiques, des vagues extrêmes viennent frapper régulièrement le trait de côte.

De l’avis de cet expert en géographie, en poste à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, la solution consisterait d’abord à comprendre ces phénomènes exceptionnels de submersion marine, avant d’envisager de mettre en place un dispositif performant qui pourrait permettre de ralentir la vitesse de destruction des habitats et des infrastructures aménagés sur le trait de côte, « c’est tout ce qu’on peut faire car, on ne pourra jamais arrêter ces phénomènes naturels ».

SOS pour sauver Pilote-Barre et autres villages du Gandiolais

Conséquences des changements climatiques

African Journalists Forum (Ajf), dans le cadre de la mise en œuvre de son Projet « Veille Informationnelle sur l’Environnement à Tassinère, Pilote Barre et Salguir (VIE-TAPISA) », a organisé le jeudi 17 octobre 2024 une visite de presse au village de Pilote Barre, une localité de la commune de Ndiébéne-Gandiole, située une quinzaine de kms de la ville tricentenaire de Saint-Louis.

Selon le président d’Ajf, Dr René Massiga Diouf, cette activité a eu pour objectif majeur d’attirer l’attention des gouvernants et de leurs partenaires sur le danger qui guette cette localité, et de les pousser à l’action.

Il a rappelé que cette visite effectuée à Pilote-barre intervient après celles organisées à Doune Baba Dieye, Keur Bernard et Tassinère, qui présentent les mêmes similitudes environnementales.

Les populations de ces localités du Gandiolais, a-t-il souligné, vivent à quelques encablures de la brèche et sont menacées de voir leurs villages respectifs disparaître dans quelques années.

A en croire René Massiga Diouf, cette brèche est dangereuse et menace de plus en plus la survie de ces populations riveraines, qui assistent impuissantes aux flux migratoires importants qui prennent leur source à partir de leurs terroirs.

De nombreux jeunes, a-t-il précisé, s’intéressent à l’émigration clandestine pour tenter de rallier les côtes espagnoles et d’autres bras valides de ces localités ont tendance à aller se réfugier en Casamance ou dans d’autres régions de notre pays, « nous devons réorganiser ces populations et les aider à faire face à ces changements climatiques, tout en attirant l’Etat et ses partenaires sur l’urgence et la nécessité de les protéger de manière durable contre les effets de ces changements climatiques ».

Dr René Massiga Diouf a enfin rappelé que le problème de la brèche, réalisée en 2003 pour soulager la ville de Saint-Louis de terribles inondations, a contribué à rendre le danger plus proche. Ce canal de délestage qui était de 4m à 5m de large au départ a dépassé en 2024 les 7 km de largeur, selon des chercheurs.

Aujourd’hui, les spécialistes s’accordent à dire que Pilote-Barre est sous influence directe des courants océaniques, subissant de fortes et dangereuses perturbations, avec un impact négatif sur l’horticulture qui était l’une des bases productives pour l’économie de la zone.

Bassirou Diomaye Faye : «Nous combattrons durement la corruption»

‘’L’Agenda national de transformation Sénégal 2050’’ est dévoilé ce lundi 14 octobre. La cérémonie, qui s’est déroulée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, a vu la présence des représentants du secteur privé national et international, de la société civile, des partenaires au développement, des universitaires, des acteurs publics, des organisations non gouvernementales et des syndicats.

Dans son discours, le chef de l’État a déclaré que «l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 est désormais notre boussole pour un Sénégal souverain, juste et prospère». «J’appelle chaque Sénégalais, dit-il, à s’approprier cette vision et à apporter sa pierre à l’édifice pour bâtir ce futur ambitieux ».

«L’Agenda national de transformation Sénégal 2050 est désormais notre boussole»

Bassirou Diomaye Diakhar Faye de rappeler que le 24 mars 2024, le peuple sénégalais souverain a décidé, dans un élan de responsabilité historique et patriotique, de l’élire à la tête du Sénégal. « Ce choix sans précédent a consacré une volonté collective de rompre, de haute lutte, avec des pratiques d’un autre temps. Pour rappel, lors de ma prestation de serment, le 2 avril 2024, je m’engageais à mobiliser les Sénégalais d’ici et de la diaspora autour d’un projet national fédérateur orienté vers un futur serein. J’ai impulsé la gouvernance publique autour du Jub, Jubal, Jubbanti, pour transcrire, dans nos actes et discours de tous les jours, la cause primordiale et la volonté sacrée du peuple sénégalais souverain », a-t-il fait remarquer.

Ainsi, avance le président de la République, cette nouvelle stratégie nationale de développement est une réponse innovante aux défis de la transformation systémique du Sénégal. «Elle repose sur une vision endogène claire, cohérente, ambitieuse et assumée », insiste-t-il.
«Le premier axe consiste à asseoir une économie compétitive et créatrice d’emplois. Nous visons à bâtir une économie diversifiée, résiliente et inclusive. Cela passe par la valorisation de nos ressources naturelles à travers une industrialisation. Le deuxième axe est celui de la durabilité et de l’aménagement du territoire. Notre développement ne sera viable que s’il respecte et préserve notre environnement. Nous avons le devoir de protéger notre biodiversité et de promouvoir l’économie circulaire », a-t-il répété.

Diomaye félicite Sonko et son équipe

Avant de poursuivre : «Le troisième axe porte sur le renforcement du capital humain et de l’équité sociale.  L’investissement dans l’éducation, la formation et l’innovation sera au cœur de cette transformation. Le quatrième axe concerne la bonne gouvernance et l’engagement africain. La refonte de nos institutions est indispensable pour servir au mieux les aspirations de notre peuple. Nous combattrons durement la corruption et nous réformerons l’Administration pour en faire un levier puissant au service du développement. »

Le successeur de Macky Sall de souligner que l’Agenda 2050 s’adresse autant aux Sénégalais d’aujourd’hui qu’aux générations futures. Il relève : « C’est une vision pour un Sénégal qui n’aspire pas seulement à participer au monde de demain, mais à y jouer un rôle majeur. »

« Notre souveraineté ne pourra être complète que si nous avons les moyens de notre autonomie économique, monétaire, énergétique, alimentaire, mais aussi sociale et culturelle. Ensemble, comme seul peuple poursuivant le même but et animé de la même foi en notre progrès, nous construirons un Sénégal plus fort, plus juste et plus prospère », affirme Bassirou Diomaye Faye.

Pour finir, il a adressé « ses chaleureuses félicitations au Premier ministre Ousmane Sonko qui a mené, de main de maître, avec l’ensemble du gouvernement, les services de l’État et les experts nationaux du public et du privé associés ce travail ».

Par: Awa FAYE – Seneweb.com

Sénégal 2050 : Qui est Victor Gorom Ndiaye, PDG de Performances Group ?

Depuis plusieurs années, il est considéré comme une figure incontournable du conseil en management stratégique en Afrique francophone. Son cabinet, fondé en 1995, est à l’origine du nouveau Plan stratégique économique du chef de l’État sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, sous la direction du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce lundi 14 octobre, il a présenté au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio le référentiel « Sénégal 2050 : Agenda national de transformation ».

Lors de la création de Performances Group en 1995, il n’existait pas de marché local du conseil en Afrique subsaharienne, hormis les études financées par les bailleurs de fonds. En trois décennies, le cabinet a su se positionner en leader. Il totalise plus de 500 missions, dont deux tiers financés directement par des clients africains. Avec un portefeuille de plus de 100 clients et une centaine de consultants intervenant sur tout le continent, Performances Group se distingue comme un acteur clé dans le développement économique de la région.
Ses succès sont nombreux. Le cabinet a élaboré des plans stratégiques d’émergence pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. En outre, il a joué un rôle majeur dans le retour des talents africains et la formation de ressources de haut niveau. Ce qui a permis à de nombreux jeunes diplômés de s’engager dans des projets de développement.
Victor Ndiaye, lui-même issu de ce processus, a décidé de revenir en Afrique, après avoir acquis une expérience de dix ans dans le conseil en Europe. Il considère que sa contribution à la transformation du continent est plus déterminante ici.
« Il y a 20 ans, j’avais 32 ans et j’ai décidé de quitter la douillette vie de consultant en Europe pour venir contribuer à la transformation de l’Afrique », a-t-il déclaré. Ce choix a été salué par le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, qui a rappelé le chemin parcouru depuis les débuts du cabinet, lui qui a occupé le poste de directeur de l’Industrie.
Né d’un parcours académique prestigieux avec un MBA à l’université de Californie à Berkeley et une formation à HEC Paris, Victor Gorom Ndiaye a piloté de nombreuses missions d’élaboration de stratégies, de plans de développement et de politiques de compétitivité pour une quinzaine de pays africains. Son cabinet a également collaboré avec des organisations régionales telles que la CEDEAO et l’UEMOA ainsi qu’avec l’Union africaine, pour élaborer des stratégies de développement et renforcer l’intégration régionale.

 

Succession de Aliou Cissé : la piste Habib Bèye relancée

Selon L’Equipe, Habib Bèye a décliné l’offre de la Fédération sénégalaise de football (FSF), en quête d’un nouveau sélectionneur après le limogeage d’Aliou Cissé du banc des Lions du Sénégal par le ministère des Sports. L’ancien international sénégalais devenu entraineur dément l’information. « C’est une fausse info; je n’ai jamais été contacté », corrige le concerné sur les réseaux sociaux.

« L’ancien joueur de l’Olympique de Marseille reste toujours un potentiel candidat pour succéder à Aliou Cissé », en déduit Le Quotidien. D’autant que soutient le journal, « si Pape Thiaw va s’asseoir sur le banc pour la double confrontation [les 11 et 15 octobre] face au Malawi dans le cadre des 3e et 4e journées des éliminatoires de la CAN 2025, voire aussi lors des deux dernières en novembre, la FSF vise à terme un profil plus huppé ».

La même source cite aussi Omar Daff, actuellement en poste à Amiens, en Ligue 2 française, parmi les potentiels candidats au poste. « Lors de la présentation du trophée UFOA A remporté par les Lionceaux U20, [Augustin Senghor, président de la FSF] a réitéré la volonté de [l’instance dirigeante du football sénégalais] de poursuivre avec l’expertise locale. Une option qui a donné les résultats [premier titre continental des Lions] que l’on sait avec Aliou Cissé », rappelle le quotidien d’information.

Une option qui écarte Hervé Renard, tranche Le Quotidien.

Revenu par habitants, espérance de vie, dette, inflation… : Les ambitions du duo Faye-Sonko en chiffres

Le gouvernement compte augmenter le revenu par tête de 50% en cinq ans et allonger l’espérance de vie de trois ans, tout en réduisant le déficit et la dette, aux termes d’un vaste plan présenté lundi en grande pompe six mois après son installation.
 
Le président Bassirou Diomaye Faye a présidé au côté de son Premier ministre Ousmane Sonko à Diamniadio au lancement d’un ambitieux programme de transformation de l’économie et de l’Etat courant jusqu’en 2050 et destiné à rompre avec le « sous-développement, la dépendance et le surendettement ».
 
La présentation de ce plan, baptisé « Sénégal 2050: agenda national de transformation », intervient quelques semaines avant les législatives anticipées du 17 novembre.
 
D’ici à 2029, donc la fin du mandat de M. Faye, « le Sénégal doit jeter les fondements de ce nouveau modèle et assainir le cadre économique », a dit Souleymane Diallo, directeur général de la planification au ministère de l’Economie.
 
Le gouvernement table sur une croissance annuelle entre 6,5 et 7% sur la période 2025-2029.
 
Il entend ramener la dette de l’Etat central de 83,7% du PIB en 2023 à 70%, et le déficit budgétaire à 3% « dans un délai raisonnable », a détaillé M. Diallo. Le déficit a atteint 10,4% en moyenne sur la période 2019-2023, selon le gouvernement.
 
M. Diallo a affirmé la nécessité d’augmenter les recettes fiscales en élargissant l’assiette sans augmenter les impôts, de maîtriser les dépenses courantes et de mieux cibler les subventions à l’énergie, qui représentent selon lui 4% du PIB, « sans pour autant impacter le tarif de l’électricité ».
 
L’inflation « sera maîtrisée autour de 2% pour les cinq prochaines années », a-t-il assuré.
 
Avec les autres actions prévues, « le revenu moyen du Sénégalais devra augmenter de 1.660 dollars à 2.468 dollars, augmentation de près de 50% en cinq ans », a-t-il dit, en référence au revenu par tête, c’est à dire le revenu national brut annuel rapporté au nombre d’habitants.
 
« L’espérance de vie à la naissance augmentera au moins de trois ans », a-t-il dit. Elle était de presque 69 ans en 2023, selon l’Agence nationale de la statistique.
 
Le gouvernement entend parvenir à un accès universel à l’eau et à l’électricité.
 
En cinq ans, le pays devrait passer des pays à développement humain faible à développement moyen, selon M. Diallo.
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