Genti Media promeut l’écoute d’histoires africaines en langues locales
Depuis quelques années, les podcasts connaissent un succès croissant dans le monde entier. Deux entrepreneurs du domaine technologique ont décidé de lancer une plateforme pour proposer du contenu audio mieux adapté aux auditoires africains.
Genti Media est une plateforme nigériane dédiée à la promotion de récits africains, proposant des histoires, des drames ou encore des supports éducatifs narrés en langues africaines par des voix africaines. La start-up basée à Lagos a été fondée en 2021 par Ojiugo Uche et Ekemezie Uche.
L’application mobile accessible sur iOS et Android a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois sur le Play Store. L’utilisateur doit y créer son compte avec son adresse e-mail, son compte Google ou Facebook. Il peut ensuite accéder au catalogue de Genti Media, qui revendique plus de 15 000 heures d’histoires audio africaines, de matériel pédagogique, de pièces radiophoniques ou encore de sermons, disponibles en une vingtaine de langues.
Le bouton « Explorez maintenant » permet de tester la plateforme sans avoir créé de compte. La création du compte devient néanmoins obligatoire pour poursuivre les écoutes au bout d’un certain moment. En outre, il faut souligner que les contenus de Genti Media ne sont pas totalement gratuits.
« Plusieurs titres sont gratuits sur l’application. De plus, les bandes-annonces et un ou deux épisodes de contenus payants sont gratuits afin que vous puissiez découvrir un titre. Une fois que vous avez confirmé que vous aimez le contenu et que vous souhaitez en écouter plus, vous pouvez le débloquer soit en regardant des publicités (aucun paiement nécessaire), soit en achetant un pack de pièces. Vous avez plusieurs options » explique la jeune pousse.
Genti Media rémunère ses créateurs. Avec cette politique, elle a attiré plusieurs conteurs de récits nigérians, notamment ceux s’exprimant dans les diverses langues véhiculaires du Nigeria telles que l’igbo, le haoussa ou encore le yoruba
Adoni Conrad Quenum
Mariama Ndiaye propose une plateforme d’éducation financière aux Sénégalais
Elle est une experte en éducation et en gestion financière. Grâce à l’utilisation des technologies, elle partage ses compétences en gestion financière pour accompagner les entreprises et soutenir les populations des zones rurales.
Mariama Ndiaye (photo) est une entrepreneure technologique sénégalaise spécialisée dans la finance. Elle est la fondatrice et la présidente-directrice générale de The UpTribe, une société d’éducation financière.
Créée en 2020, The UpTribe a pour mission de favoriser l’inclusion financière des Africains. Sa plateforme d’automatisation financière propose aux jeunes des produits et services financiers, accompagnés de conseils pratiques. L’entreprise met à disposition diverses ressources telles que des cours sur la gestion des finances personnelles, des sessions de mentorat individuel, des articles, du contenu audio et une communauté en ligne.
Les formations de The UpTribe sont adaptées aux besoins des entreprises et des entrepreneurs, tandis que les sessions de coaching visent à aider chacun à mieux gérer ses finances personnelles. Parmi les initiatives phares de l’entreprise, on trouve Achieve, un programme conçu pour soutenir les entreprises. PEFE, quant à lui, est destiné à renforcer les compétences en gestion financière des entrepreneurs, tandis que Yokkuté Kom se concentre sur l’éducation financière en langues locales pour les populations vivant en milieu rural.
En parallèle, The UpTribe développe une plateforme innovante nommée FinEducation, avec pour objectif de former 100 000 jeunes d’ici 2026. Cette plateforme est spécialement conçue pour être utilisée dans les établissements scolaires.
Mariama Ndiaye est titulaire d’un master en comptabilité et gestion financière obtenu en 2018 à la CESAG Business School au Sénégal. En 2021, elle a également obtenu des certificats en éducation et planification financières, complétés par un certificat en finance et services de gestion financière en 2024.
Sa carrière professionnelle débute en 2015, lorsqu’elle effectue un stage en gestion des risques au Crédit Mutuel du Sénégal. En 2019, elle devient responsable de la YUX Design Academy, un centre sénégalais de formation en design. L’année suivante, elle occupe le poste de comptable financier à l’Unité de coordination de la gestion des déchets solides à Dakar.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Rory Assandey propose des services de télémédecine aux Ivoiriens
Informaticien de formation, il utilise ses compétences pour améliorer le secteur de la santé. Son ambition est de rendre les services de santé accessibles à tous les Ivoiriens.
Rory Assandey (photo) est un ingénieur en informatique et entrepreneur technologique ivoirien. Il est le cofondateur et le président-directeur général de La Ruche Health, une start-up spécialisée dans les technologies de la santé.
Fondée en 2022 par Rory Assandey et Benjamin Sasu, La Ruche Health s’est donné pour mission de rapprocher les communautés ivoiriennes de soins de santé de qualité, abordables et adaptés à leurs besoins. Parmi ses solutions innovantes figure Kiko, un chatbot de santé équipé d’une intelligence artificielle générative, accessible via WhatsApp.
En analysant les données issues de son chatbot, la start-up propose des services de santé personnalisés en collaboration avec des praticiens médicaux indépendants. La Ruche Health a également développé un système de dossier médical électronique destiné aux professionnels de santé partenaires. Cet outil leur permet d’automatiser la gestion des rendez-vous, de la documentation, de la facturation et des paiements.
Ainsi, grâce à ces solutions, l’entreprise offre des services variés, notamment des téléconsultations, des consultations à domicile, des conseils de santé personnalisés et des analyses de laboratoire. En octobre 2024, elle cumulait déjà plus de 160 000 utilisateurs.
« La principale valeur ajoutée que nous offrons est de permettre à la population africaine (60 % de moins de 25 ans) d’éviter l’autodiagnostic et la médication par autodiagnostic. Nous éliminons la frustration et fournissons des conseils instantanés dignes de confiance, ce qui augmente la probabilité que les patients recherchent une assistance professionnelle », explique le PDG de la start-up.
Rory Assandey est titulaire d’un bachelor en informatique d’entreprise obtenu en 2014 à la Dublin City University en Irlande. Sa carrière professionnelle a commencé en 2011 chez Amazon en Irlande, en tant qu’agent de support technique pour l’application Kindle. En 2013, il rejoint SAP, une entreprise technologique américaine, en tant qu’ingénieur stagiaire à Dublin. Il y devient ingénieur support en 2014, avant d’être promu consultant en technologies de l’information aux États-Unis en 2017. Il occupe ce poste jusqu’en 2022, avant de se consacrer pleinement à La Ruche Health.
La start-up de Rory Assandey a été sélectionnée en 2022, aux côtés de 14 autres jeunes entreprises africaines, pour intégrer le programme « Google for Startups Accelerator ». En 2024, elle a également été retenue par les autorités ivoiriennes pour représenter le pays au salon technologique VivaTech, qui s’est tenu à Paris.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
La Côte d’Ivoire va lancer un 1er centre d’e-services de proximité pour le transport routier
La digitalisation des services publics est un moteur clé de l’efficacité administrative. Avec des solutions technologiques, les gouvernements facilitent l’accès aux services essentiels et réduisent les délais des procédures administratives, améliorant ainsi l’expérience des citoyens.
La Côte d’Ivoire va franchir une nouvelle étape dans la modernisation de ses services publics avec l’ouverture prochaine du premier centre de services digital de proximité pour le transport routier. L’initiative vise à simplifier et accélérer les démarches administratives qui ont cours dans ce secteur.
Le centre, qui sera ouvert cette année 2025, proposera plusieurs services dont un espace de self-service équipé de bornes interactives permettant aux usagers d’effectuer leurs démarches de manière autonome. Un service assisté sera également fourni, avec des agents disponibles pour les accompagner dans les procédures. Enfin, l’accès sera possible 24h/24 et 7j/7, permettant de bénéficier des services à tout moment. Il sera possible d’y obtenir des documents administratifs liés au transport routier, comme la carte grise, le permis de conduire, la carte de transporteur, etc.
Ce nouveau centre s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de dématérialisation des démarches administratives dans le secteur du transport, soutenue par le récent déploiement d’une plateforme numérique accessible via www.eservices.cgi.ci, ainsi que sur les stores mobiles. La plateforme vise à réduire les déplacements des usagers en leur offrant un canal d’échanges direct et efficace avec l’administration des transports.
« Situé dans le Mall Cosmos à Yopougon, le nouveau centre fonctionnera conformément au nouveau manuel des procédures édicté par le ministère des Transports, garantissant ainsi le respect des normes et directives en vigueur » informe Quipux Afrique SA, l’entreprise responsable de la mise en œuvre du projet.
Cette initiative reflète la volonté du gouvernement ivoirien d’offrir des services publics modernes, efficaces et accessibles, tout en renforçant la transparence et la qualité des procédures administratives. Elle constitue également un tournant dans l’utilisation locale des technologies numériques pour répondre aux besoins des citoyens.
Cependant, malgré ses progrès, la Côte d’Ivoire doit encore rattraper un retard en matière de digitalisation des services publics. Selon le rapport des Nations Unies sur le développement numérique des administrations publiques, le pays occupait la 120ᵉ position mondiale en 2022 sur ce segment, avant de reculer au 124ᵉ rang en 2024. Ces chiffres indiquent qu’il reste des efforts à fournir pour améliorer la compétitivité numérique du pays et renforcer l’efficacité de son administration.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
L’État guinéen rachète la participation de 75 % de MTN dans Areeba
(Agence Ecofin) – MTN Guinée est opérationnelle depuis le 18 avril 2006. Au 30 juin 2024, l’entreprise servait 20,7 % des 14 millions d’abonnés à la téléphonie mobile recensés dans le pays.
Le lundi 30 décembre, le gouvernement guinéen a officialisé le rachat des 75 % de parts détenues par MTN Group dans la société de télécommunications Areeba SA, opérant sous la marque MTN Guinée. Cette acquisition fait de l’État guinéen l’actionnaire majoritaire de l’entreprise, avec une participation totale de 87,5 %.
Rose Pola Pricemou (photo, à gauche), ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, a déclaré qu’il y a eu des « échanges préalables avec le groupe MTN, portant notamment sur les modalités du transfert des actifs, la période transitoire et les conditions de cette acquisition », sans donner plus de détails. Le groupe MTN ne s’est pas encore prononcé sur la question.
Ce rachat intervient après que MTN Group a manifesté son intention de quitter le marché télécoms guinéen pour se concentrer sur ses marchés à fort potentiel sur le continent. En décembre 2023, l’entreprise a même signé un accord de rachat avec le groupe Telecel à cet effet. Toutefois, le gouvernement guinéen n’avait pas encore donné son accord pour la vente, malgré plusieurs rencontres avec les deux sociétés.
De son côté, le gouvernement guinéen est engagé dans la relance de la société de télécommunications publique Guinée Télécom, successeur de la SOTELGUI, depuis des années. Le lancement initialement prévu pour début 2023 a été reporté à 2024 puis 2025. Le processus est notamment freiné par plusieurs défis majeurs, notamment le vieillissement et l’obsolescence des infrastructures. En mars 2023, l’exécutif avait déjà sollicité l’expertise de MTN pour mener à bien le projet.
Rappelons que le gouvernement guinéen n’a pas encore donné de détails sur ce qu’il compte faire de sa nouvelle acquisition, s’il veut la revendre ou la garder pour ses ambitions de souveraineté numérique. Au moment où nous écrivons cet article, le site Web de MTN Guinée ne fonctionne pas.
Au deuxième trimestre 2024, MTN Guinée détenait 20,7 % des 14 millions d’abonnés à la téléphonie mobile recensés dans le pays par l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT). Ses concurrents Orange et Cellcom détenaient des parts de marché respectives de 74,7 % et 4,6 %.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Les 10 événements qui ont marqué l’actualité économique et politique africaine en 2024
(Agence Ecofin) – Du 1er janvier au 31 décembre, l’Afrique a connu son lot de nouveautés et de surprises. Dans le domaine politico-économique, l’année a été l’une des plus bouleversantes précisément en Afrique de l’Ouest. Du lancement de la raffinerie de Dangote au Nigeria à la victoire de John Dramani Mahama au Ghana en passant par la sortie de l’AES de la CEDEAO, l’équipe Politiques publiques de l’Agence Ecofin vous propose une rétrospective des événements les plus marquants du continent en 2024.
1- L’Ethiopie et l’Egypte rejoignent officiellement les BRICS qui deviennent les BRICS+
Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont décidé d’inviter six nouveaux pays à rejoindre leur bloc, dont l’Ethiopie et l’Egypte à partir du 1er janvier 2024. Alliage hétéroclite de pays géographiquement éloignés et dotés d’économies à croissance inégale, les BRICS ont en commun la revendication d’un équilibre mondial plus inclusif et d’une meilleure représentativité des pays émergents dans les organes de gouvernance internationale. Les BRICS+, qui comptent désormais neuf pays, représentent près de la moitié de la population de la planète (3,6 milliards de personnes) et près de 26% du PIB mondial.
2- La raffinerie de Dangote entre officiellement en service
Après son inauguration en mai 2023, la raffinerie Dangote est entrée en phase de test en décembre 2023. Lancée officiellement le samedi 13 janvier 2024 au Nigeria, la méga-infrastructure pétrolière, d’une capacité de 650 000 b/j, produit désormais du diesel, du carburant d’aviation et de l’essence. Près d’un an après son démarrage, elle exporte de l’essence vers le Cameroun, principal client africain de sa production d’essence. Cependant, elle doit faire face à d’importants défis d’approvisionnement qui minent ses ambitions d’autonomisation du secteur pétrolier nigérian.
3- Sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont annoncé leur retrait immédiat de la CEDEAO, le dimanche 28 janvier 2024, dénonçant une « dérive » de la communauté qui serait sous influence étrangère, devenant ainsi « une menace pour ses Etats membres et ses populations dont elle est censée assurer le bonheur ». Avant cette décision, ces pays avaient formé l’Alliance des Etats du Sahel (AES) pour renforcer leur coopération face aux sanctions internationales, adoptant 18 recommandations le samedi 25 novembre 2023. Malgré les appels à une solution négociée de la CEDEAO et les médiations du Sénégal et du Togo, les trois Etats ont rejeté, le dimanche 22 décembre, le moratoire de six mois proposé par la CEDEAO pour envisager leur réintégration.
4- Election de Diomaye Faye à la présidence du Sénégal
Le Sénégal a entamé une nouvelle ère démocratique avec l’élection de Bassirou Diomaye Faye (photo) comme président de la République. Plus jeune chef d’Etat de l’histoire du pays, M. Faye, désigné candidat du Pastef-les Patriotes après l’invalidation de la candidature d’Ousmane Sonko, a hérité d’une économie dynamique mais confrontée à des défis importants, nécessitant des réformes structurelles et une gestion macroéconomique rigoureuse pour maintenir la stabilité de la croissance et la viabilité de la dette. Le chef d’Etat a mis un accent particulier sur la transparence et la bonne gouvernance des finances publiques, en lançant un audit des finances publiques (2012-2024) en collaboration avec le FMI. Il a également promis des réformes de la justice et des institutions, lors de son discours d’investiture. En octobre 2024, son administration a présenté un plan quinquennal aligné sur l’agenda « Sénégal 2050 », axé sur la compétitivité économique, l’équité sociale, le développement durable et la bonne gouvernance.
5 – Changement de régime au Togo
Au Togo, le Parlement a adopté une nouvelle Constitution le lundi 25 mars 2024, promulguée par le chef de l’Etat, marquant ainsi le passage du pays d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire. Cette réforme a été approuvée par une majorité de 89 voix pour, une voix contre et une abstention. Le président de la République sera désormais élu pour un mandat unique de six ans par le Parlement (Assemblée nationale et Sénat), et occupera un poste honorifique. Le véritable pouvoir exécutif sera dévolu au président du Conseil des ministres qui sera le chef du parti ou de la coalition majoritaire aux législatives.
6- Condamnation de l’ex-dirigeant guinéen Moussa Dadis Camara
En Guinée, c’est une page sanglante de l’histoire moderne qui s’est refermée le mercredi 31 juillet 2024. Ce jour-là l’ancien dirigeant Moussa Dadis Camara est condamné à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité en lien avec le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Rappelons que des membres de la junte militaire en Guinée avaient brutalement réprimé une réunion de l’opposition dans un stade, causant la mort de plus de 156 personnes.
7- Crise post-électorale au Mozambique
Au Mozambique, après la proclamation des résultats de la présidentielle par la Commission électorale nationale (CNE), le mercredi 9 octobre 2024, le pays a été secoué par des émeutes. L’élection de Daniel Chapo, du parti au pouvoir, le Frelimo, a été contestée par son principal opposant, Venâncio Mondlane, occasionnant des manifestations violentes, des blocages et des pertes en vies humaines. Lundi 23 décembre 2024, le Conseil constitutionnel a proclamé Daniel Chapo, vainqueur de l’élection avec 65,17% des voix contre 70% initialement proclamés. Cette annonce est intervenue deux mois après la contestation, plongeant le pays dans une crise politique.
8- 300 milliards $ de financement annuel pour les pays en développement à la COP 29
La 29e Conférence des parties sur le climat (COP 29) s’est tenue du lundi 11 au dimanche 22 novembre 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan. Elle a réuni les pays développés et les pays en développement sur la question du réchauffement climatique. A la fin des négociations, les pays riches ont promis d’engager au moins 300 milliards $ de financement par an, d’ici 2035 en faveur des pays en développement. Un montant jugé « dérisoire » et « insultant » par les membres de ces pays qui avaient demandé une aide de plus de 1000 milliards $.
9- Rupture des accords militaires entre le Tchad, le Sénégal et la France
Le Tchad a annoncé, le jeudi 28 novembre 2024, la rupture des accords militaires avec la France, mettant en question le maintien des 1000 soldats français stationnés sur son territoire. Historiquement allié de Paris, certains analystes estiment que le pays pourrait envisager une adhésion à l’AES, bien qu’aucune déclaration officielle n’ait été faite à ce sujet. Cette décision s’inscrit dans un rejet croissant de la présence militaire française en Afrique, comme l’illustre l’appel du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à fermer les bases françaises au nom de la souveraineté nationale.
10- Victoire de John Mahama à la présidence au Ghana
John Dramani Mahama est réélu président du Ghana, lors du scrutin du samedi 7 décembre, 2024, qui marque aussi la victoire de son parti, le Congrès démocratique national (NDC), aux législatives. Il propose un programme axé sur des réformes économiques, sociales et environnementales : réduction des taxes, création d’emplois, amélioration de l’éducation et protection de l’environnement, tout en maîtrisant les finances publiques. Malgré une dette élevée et une dépendance à l’égard du FMI, M. Mahama ambitionne de moderniser le secteur énergétique et de poser les bases d’une croissance durable.
D’autres événements ont également marqué le continent, notamment la crise économique au Nigeria, l’épidémie de Mpox, les tensions climatiques ou encore la montée des tensions entre la RDC et le Rwanda. Avec son lot de mauvaises et de bonnes nouvelles, l’année 2024 laisse présager pour l’an 2025, son lot d’événements importants.
Réalisé par l’équipe Politiques Publiques de l’Agence Ecofin
La BOAD sécurise 336 milliards FCFA auprès de ses partenaires internationaux
(Agence Ecofin) – Avec ces nouveaux apports, la BOAD se dote des moyens d’amplifier son impact sur l’économie sous-régionale. Une bouffée d’oxygène pour l’UEMOA qui cherche à renforcer ses secteurs clés.
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) vient de sécuriser 336 milliards FCFA (532,7 millions $) de financements, approuvés par son conseil d’administration le mercredi 18 décembre. Ces ressources, fruit du partenariat avec la KfW, la banque allemande de développement, et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), vont alimenter des projets stratégiques dans l’UEMOA. Objectif : donner un coup d’accélérateur aux petites entreprises, au numérique et aux infrastructures.
Première annonce majeure : une cinquième ligne de crédit de 100 millions d’euros (104 millions $) de la KfW destinée aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME). Ces fonds transiteront par les établissements financiers de l’UEMOA – banques, institutions financières et de microfinance – pour offrir des prêts aux MPME, souvent exclues du financement classique. Un coup de pouce essentiel pour un secteur qui représente jusqu’à 90% des entreprises dans la région et joue un rôle clé dans la création d’emplois.
Autre volet stratégique, le numérique. Le conseil a également validé un prêt et une subvention de 13,5 millions d’euros de la KfW, destinés à la deuxième phase du Fonds de transformation digitale en Afrique de l’Ouest (FTD). Cette initiative tente de répondre au besoin urgent de financement pour les projets numériques dans les Etats membres de l’UEMOA, afin d’accélérer leur transition technologique.
Enfin, la BOAD bénéficiera d’un concours conjoint de la JICA et d’un consortium de banques commerciales, à hauteur de 400 millions d’euros. Un financement qui devrait cibler entre autres des projets stratégiques dans les domaines des infrastructures, de l’énergie et de l’agriculture.
En 2024, la BOAD a frôlé de peu les 1000 milliards FCFA d’engagements cumulés, un record pour l’institution.
Fiacre E. Kakpo
Edité par M.F. Vahid Codjia
L’AfricaMobile clôture une série A de 6,5 millions € avec le soutien de Bpifrance.
LAfricaMobile, une plateforme panafricaine spécialisée dans la communication cloud et le mobile marketing, a annoncé le jeudi 5 décembre la clôture d’une levée de fonds en série A, réalisée avec le soutien de Bpifrance. 6,5 millions d’euros ont été collectés. Ce financement permettra à l’entreprise de consolider sa présence sur le marché de la communication mobile en Afrique francophone.
La fintech sud-africaine Tyme devient une licorne
Depuis 2019, la fintech sud-africaine Tyme a multiplié les opérations financières pour développer sa technologie et accélérer sa croissance. Elle a annoncé la réussite d’une nouvelle opération, ce qui lui permet de changer de statut et de devenir une licorne.
Tyme, start-up sud-africaine opérant dans les technologies financières, a obtenu le statut de licorne (une start-up valorisée à plus de 1 milliard USD, Ndlr.) en étant valorisée à 1,5 milliard USD après l’annonce ce mardi 17 décembre de la réussite d’un tour de table de 250 millions USD mené par la néobanque brésilienne Nubank.
« Nubank a révolutionné les services financiers au Brésil. Nous sommes enthousiastes quant à la valeur que leur expertise pourra nous apporter, notamment dans des domaines tels que les données, les produits et le marketing, des leviers clés pour assurer notre leadership sur nos marchés » a déclaré Coen Jonker, PDG et cofondateur de Tyme Group.
Malgré le ralentissement des investissements dans les jeunes pousses africaines, Tyme est devenue cette année la 2e start-up du continent à accéder au rang de licorne après la fintech nigériane Moniepoint. Pour y parvenir, elle a enchaîné plusieurs cycles de financements depuis 2019. Entre autres, elle a levé 79 millions USD en juin 2019, 110 millions en février 2021, 70 millions en décembre de la même année, et plus récemment, 78 millions en mai 2023.
Tyme devient ainsi la 9e licorne africaine, rejoignant les fintechs Interswitch, Flutterwave, Opay, Chipper Cash, Wave, MNT-Halan, Moniepoint et l’edtech Andela. Il faut préciser que la plateforme d’e-commerce Jumia, première licorne de l’histoire du continent en 2016, et la fintech Fawry, ont perdu ce statut après leur entrée en bourse en 2019.
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
