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Sénégal : croissance du trafic aérien à l’aéroport Blaise Diagne

La dette contractée par l’Etat sénégalais pour supporter la construction de l’aéroport international Blaise Diagne pourrait être remboursée d’ici 2024, a annoncé le directeur général de l’aéroport, Abdoulaye Mbodj. Le responsable a justifié son estimation par une croissance rapide du trafic à l’aéroport.

Inauguré seulement en décembre 2017, l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) affiche déjà des résultats au-delà des objectifs escomptés. Selon son directeur général, Abdoulaye Mbodj qui s’est confié au magazine SkyDakar, pour cette année, AIDB SA, la société de gestion de l’aéroport, a enregistré une croissance rapide du trafic aérien.

«Les projections étaient un accroissement du trafic de 4% l’annéeCette année, nous sommes à 8%, voire 8,5 %. C’est donc un succès indéniable. De plus, de nouvelles compagnies arrivent, surtout africaines: RwandAir, Camair-Co, Air Peace, ce qui est une excellente chose», a déclaré Mbodj.

Avec cette performance, la dette contractée par l’Etat pour la construction de l’aéroport pourrait être «remboursée entièrement d’ici 2024».A

Abdoulaye Mbodj a rappelé qu’il fallait attendre deux à trois ans pour apprécier la gestion de l’aéroport. Il est trop tôt de faire un bilan à partir d’une année seulement, a-t-il laissé entendre.

Le Patron de l’AIBD a également abordé la question des billets d’avion jugés chers actuellement par les passagers. Il a indiqué qu’il espérait une baisse des redevances aéroportuaires avec, pour conséquence, une augmentation des recettes extra-aéroportuaires et donc, une baisse des tarifs des billets.

Universitaires sénégalais cherchent bande passante, désespérément

Le pays tarde à adhérer au projet régional AfricaConnect2, qui permettrait à ses chercheurs de bénéficier d’un meilleur accès à Internet.

En marge du cinquième sommet Union africaine-Union européenne, fin novembre 2017 à Abidjan, plus d’une centaine de chercheurs avaient signé un « appel en faveur de la science et de la technologie », afin d’obtenir un soutien plus important des décideurs africains pour la recherche scientifique. Un an plus tard, au Sénégal, les chercheurs sont toujours confrontés aux mêmes difficultés, notamment pour l’accès à Internet.

« La connectivité est médiocre, déplore Ousmane Ka, chercheur en physique des matériaux à l’université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar. On est souvent obligés d’utiliser la 4G de notre téléphone et de partager la connexion. Une étudiante a même dû abandonner sa thèse car la bande passante ne permettait pas l’accès aux données du laboratoire américain avec lequel elle collaborait. »

Chaque chercheur a son lot d’anecdotes qui témoignent des difficultés au quotidien. Pour Alassane Traoré, chercheur dans le nucléaire, c’est un important appel vidéo avec l’EPA, l’agence de protection environnementale américaine, qui a été empêché, faute d’une connexion stable. « Nous avons l’habitude, relativise-t-il. Avant la rentrée de janvier, on est restés six jours sans Internet à la faculté des sciences et techniques. Les notes ont été rentrées tardivement et toute l’administration était bloquée. »

Fractures numérique et scientifique

Depuis 2015 pourtant, le Sénégal a amélioré sa connectivité, avec une bande passante de 310 kilobits par seconde. Seulement, les étudiants et les enseignants-chercheurs sont plus de 100 000 dans les six universités publiques du Sénégal. « A titre de comparaison, l’université Ashesi, au Ghana, dispose de la même bande passante pour moins de 1 000 étudiants. A Lagos, on est entre 13 et 15 kilobits par utilisateur, là où les Sénégalais en ont 3 », dénonce Boubacar Barry, chercheur au département de physique et directeur général du Réseau de l’Afrique de l’Ouest et du Centre dédié à l’éducation et à la recherche (Wacren).

Fracture numérique, donc, mais aussi fracture scientifique, avec des calculs et des transferts de données qui nécessitent parfois plusieurs jours. Conséquence : des travaux et des résultats au compte-gouttes, mais aussi des ordinateurs en surcharge de mémoire, avec une durée de vie affaiblie. Face à cette situation ubuesque, une solution précaire a été adoptée par certains chercheurs : embarquer leur disque dur lors de leurs voyages d’études pour faire analyser leurs données à l’étranger et les rapatrier ensuite au Sénégal.

Episode 3 L’Université virtuelle du Sénégal, du numérique au physique

Pour pallier ces difficultés, le Wacren a mis en place AfricaConnect2, un projet visant à interconnecter les pays africains, avec une meilleure connexion et un coût d’accès Internet moindre, financé par l’Union européenne pour un coût global de 26 millions d’euros (17 milliards de francs CFA). Le Sénégal était l’un des tout premiers pays à intégrer le programme, en 2011.

Mais sept ans après, l’adhésion au Wacren n’est toujours pas effective, alors que le déploiement du réseau a eu lieu le 15 mars à Lomé. Le hub qui était prévu à Dakar a finalement été transféré à Abidjan, où les premières installations sont en voie de réalisation, pour une capacité de 10 000 mégabits à terme. « Ce projet était pourtant le nôtre, regrette Alassane Traoré. Mais c’est bien connu qu’ici, on a déjà tout pensé, tout écrit, mais on peine à passer à l’action»

Un supercalculateur… non connecté

« Au Sénégal, nous n’avons pas attendu le Wacren. On a fait notre propre réseau », réagit le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Mary Teuw Niane, qui a placé le numérique au cœur de son action : « L’interconnexion est faite entre toutes nos universités et c’était ça notre priorité. L’objectif maintenant est d’avoir une bande passante de 1 ou 2 gigabits pour une meilleure connexion. Le problème est que, dans certains pays, il n’y a pas d’interconnexion entre les différentes universités, alors comment être interconnecté à eux maintenant ? »

Episode 4 Au Sénégal, un centre pour former les Africains à la cybersécurité

Le projet AfricaConnect2 prévoit la connexion aux différents réseaux mondiaux, comme Géant en Europe, ainsi qu’une mutualisation des ressources pédagogiques entre les différents chercheurs africains. Aujourd’hui, le Ghana et le Nigeria sont connectés. Pour le Togo, c’est en cours, tandis que la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali le seront courant 2019. Ce qui va creuser le retard avec les chercheurs sénégalais, qui, pour se consoler, pourront compter sur le supercalculateur prévu dans la Cité du savoir en construction à Diamniadio, une ville nouvelle à l’est de Dakar. « Mais ce supercalculateur ne sera pas connecté aux autres alors que nous sommes à l’heure du numérique », ironise M. Barry.

La fibre de Tigo bientôt présente partout au Sénégal

Parce que Tigo Sénégal change pour vous, l’opérateur téléphonique vient de signer un partenariat historique avec Sagemcom dans le but d’étendre sa fibre optique partout au Sénégal.

Tigo joue d’ores et déjà un rôle majeur dans l’inclusion numérique au Sénégal grâce à son réseau de fibre optique de 1300 Km. Toutefois, avec cet ambitieux contrat signé en début novembre, Tigo ambitionne de renforcer sa connectivité en en augmentant de manière significative le nombre de kilomètres de fibre disponible. Tigo entend être un acteur incontournable dans la transmission de données haut débit accompagnant ainsi les entreprises sénégalaises dans leur transformation digitale donc dans leur développement.

Monsieur Saliou Dieye, Directeur Général de Sagemcom Sénégal dira à l’issue de cette cérémonie de signature tout le plaisir que cette multinationale a d’accompagner le développement de Tigo dans cet important projet d’extension de son réseau fibre au service exclusif des entreprises sénégalaises.

Il est vrai que Tigo a toujours accompagné les entreprises avec des solutions innovantes qui restent accessibles. L’objectif aujourd’hui est de mettre son expertise au service de leur croissance et de leur rentabilité

Selon Monsieur Mass Thiam, Directeur Général de Tigo « L’engagement de Tigo est de connecter l’ensemble du Sénégal en tant que fervent ambassadeur de l’internet pour tous. C’est un point d’honneur pour nous de concrétiser cette vision en investissant massivement pour l’extension de notre réseau. Ce partenariat que nous venons de signer s’inscrit dans notre stratégie de déploiement de technologies innovantes qui permettront d’offrir des services numériques performants à nos clients particuliers et entreprises.».

Enfin, cette stratégie ambitieuse s’inscrit parfaitement dans le cadre du Plan Sénégal Numérique 2025.

Bosun Tijani : « Le Nigeria peut devenir un fournisseur mondial de talents dans les technologies »

S’inspirant du modèle indien, le nouveau ministre de l’Économie numérique de Bola Tinubu veut faire du Nigeria un pourvoyeur de mains-d’œuvre pour les entreprises technologiques du monde entier

Le président nigérian Bola Tinubu l’a placé à la tête du ministère des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique depuis août dernier. Le 2 octobre dernier, Bosun Tijani, désormais ex-patron de Co-creation Hub (CcHub), un des incubateurs de start-up les plus influents du continent, a dévoilé les grandes lignes de son plan pour doper l’économie digitale du Nigeria.

Dans un document de 31 pages nommé « Accélérer notre prospérité collective grâce à l’efficacité technique », cet ancien entrepreneur social déroule ses ambitions pour « digitaliser le service public », « créer un pool de talents de l’écosystème tech » ou encore faire du Nigeria un « hub de l’intelligence artificielle ».

Orange Bank Africa : 1,2 million de clients, et maintenant le Sénégal

Jusqu’ici présente uniquement en Côte d’Ivoire, la filière bancaire africaine du groupe français a obtenu le feu vert de la commission bancaire de l’UMOA pour se lancer au pays de la Teranga. Elle visait initialement un lancement en 2021

Trois ans après son lancement à Abidjan en partenariat avec NSIA, devenu actionnaire à hauteur de 15 %, Orange Bank Africa (OBA) s’apprête à débarquer sur le marché sénégalais. La filiale bancaire du groupe français a effet été notifié de la décision favorable de la commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) concernant l’ouverture d’une succursale au Sénégal.

« Cette décision est une étape importante de notre évolution », s’est félicité sur LinkedIn Jean-Louis Menann-Kouamé, le patron d’OBA, malgré un processus d’agrément plus long que prévu. La filiale de services bancaires du groupe français de télécommunications, dont le siège est à Abidjan, misait sur un lancement rapide, en 2021, au Sénégal, avant de se déployer au Mali et au Burkina Faso.

Des crédits instantanés jusqu’à 1 million de F CFA

En Côte d’Ivoire, Orange Bank Africa dispose actuellement de 1,2 million de clients sur son unique marché en Afrique ; au Sénégal, son objectif est « simple », à en croire Jean-Louis Menann-Kouamé. La filière bancaire africaine du groupe tricolore devrait désormais proposer des services similaires à l’offre ivoirienne, développée depuis trois ans, explique le patron d’OBA.

Bien que la date de lancement effectif des services n’a pas encore été officialisée, « le marché sénégalais est bien préparé pour s’approprier notre offre phare de crédit et d’épargne digitale Tik Tak », estime la direction d’Orange Bank Africa, qui propose un crédit instantané entre 5 000 et 1 000 000 de francs CFA (de 7,62 à 1 524,8 euros) au profit des clients d’Orange Money, avec des échéances de remboursement qui s’étalent de un à six mois.

Un potentiel de 13 millions de clients actifs

Au Sénégal, 3 millions de clients actifs sont détenteurs d’un porte-monnaie électronique Orange. Si l’opérateur télécom français ne prévoit pas de fusion entre ses entités de mobile money et de banque en ligne, la filiale de services bancaires considère que son succès s’appuie principalement sur celui d’Orange Money, soit 13 millions de clients actifs – répartis entre la Côte d’Ivoire (4 millions), le Mali (3 millions), le Burkina Faso (3 millions) et le Sénégal, donc –, qui peuvent prétendre aux services financiers destinés aux ménages, aux commerces et à de nombreux acteurs économiques.

Lors de son lancement, en juillet 2020, Orange Bank Africa visait les 10 millions de clients à l’horizon de 2025, grâce notamment à une expansion éclair au Sénégal, puis au Mali et au Burkina Faso. À ce jour, l’entreprise n’en compte que 1,2 million.

Lomé accueille la semaine africaine de la microfinance

C’est un rendez-vous à ne pas manquer ! Lomé accueille actuellement et jusqu’au 20 octobre la Semaine africaine de la microfinance (SAM). Cet événement biennal organisé depuis 2013 est devenu en dix ans une référence de l’inclusion financière en Afrique

Mise sur pied pour la première fois à Arusha, en Tanzanie, la Semaine africaine de la microfinance s’est ensuite tenue à Dakar, à Addis Abeba, à Ouagadougou puis à Kigali, en 2021. Il était logique que l’événement face halte à Lomé, centre financier et logistique majeur devenu en 2021 le premier pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en termes d’inclusion financière, avec 85,72%.

Le modèle togolais

C’est le président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, qui a fait depuis près de dix ans, de cet enjeu, une priorité en créant le ministère de l’Inclusion financière et de l’organisation du Secteur informel, l’hôte de la SAM, ainsi que le Fonds national de la finance inclusive (FNFI).

À ce jour, plus d’1,860 million de personnes, dont une majorité de femmes, ont bénéficié de l’un des 13 produits de microfinance créés par le FNFI. Tout cela, pour un taux de remboursement de 95% ! « Nous partageons notre expérience avec les acteurs régionaux dans la mise en place de bonnes pratiques », souligne Mazamesso Assih, la ministre de l’Inclusion financière.

L’inclusion financière au Togo en quelques chiffres

  • Taux d’inclusion financière 85,72%
  • 1,860 million de bénéficiaires des 13 produits du FNFI
  • 109 milliards de FCFA distribués par le FNFI
  • 65% de femmes bénéficiaires
  • 95% de taux de remboursement

Meilleures pratiques, innovations : une plateforme unique sur la microfinance

La SAM, qui avait jusque-là attiré environ 900 participants, en reçoit plus de 1300, venant de 50 pays dont 40 en Afrique. Son ambition est d’offrir une plateforme unifiée d’échanges sur les enjeux de la finance inclusive en réunissant tous les professionnels du secteur : investisseurs, institutions de microfinance, chercheurs, banques, innovateurs ou encore autorités publiques.

Une plateforme unifiée d’échanges sur les enjeux de la finance inclusive

Cinq jours de manifestation

Ces cinq jours sont structurés autour de plusieurs événements :

  • Une conférence est organisée sur un sujet spécifique avec des experts du secteur. Le but : partager les meilleures pratiques et imaginer des solutions créatives aux problèmes qui affectent le secteur de la finance inclusive. Autour des sessions plénières, se tiennent des sessions parallèles qui se concentrent sur des sujets variés, tels que les zones rurales, la micro-assurance ou les produits de la microfinance dédiés aux femmes, aux jeunes et aux plus démunies;

 

  • La Foire aux investisseurs, pendant deux jours, permet aux institutions de microfinance (IMF) de tisser des partenariats avec les financeurs, notamment lors de speed-datings de vingt minutes. Plus de 400 de ces rendez-vous ont été organisés en 2021 entre 200 établissements de microfinance et une vingtaine d’investisseurs.

 

  • Le Village des innovateurs offre de son côté à une trentaine d’exposants la possibilité de présenter leurs produits et services innovants. Leurs solutions et idées novatrices doivent contribuer à améliorer la performance des IMF et à rendre leurs services accessibles aux populations les moins desservies.

 

  • Une vingtaine de formations et ateliers sont mis en œuvre autour de la finance agricole, de la finance digitale, de l’assurance inclusive ou encore de la performance sociale ou encore du changement climatique.

 

  • L’édition togolaise de la SAM a introduit pour la première fois une exposition des bénéficiaires, l’occasion de matérialiser l’impact économique des actions de la microfinance sur les populations.

 

  • Comme lors des éditions précédentes, la SAM offre de multiples autres opportunités de networking, notamment lors d’un dîner de gala avec tous les participants de la Semaine.

Le soutien de partenaires prestigieux

Depuis sa création, outre les pays hôtes, le Grand-Duché de Luxembourg est le principal promoteur de la SAM. Son ministère des Affaires étrangères, plus particulièrement sa direction de la coopération au développement et des affaires humanitaires, fait de la microfinance l’une des priorités de sa politique de développement en Afrique.

Il a depuis reçu la reconnaissance de l’Alliance internationale pour la finance inclusive (AFI), du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), du Fonds d’équipement des Nations unies (FENU), de la Banque européenne d’investissement (BEI) ou encore de la Banque africaine de développement (BAD).

 

« Plastic Man », le super-héros qui combat la pollution au Sénégal

Depuis plus de quinze ans, Modou Fall arpente le Sénégal pour sensibiliser ses concitoyens aux dangers des déchets plastiques. Avec son costume, il est devenu un visage international de la lutte pour la protection de l’environnement.

« Chaque jour, cinq millions de sacs plastiques sont jetés à Dakar. C’est un fléau pour l’environnement et un poison qui tue l’océan et notre santé. » Un petit attroupement de pêcheurs s’est formé sur la plage de Soumbédioune, connue pour son marché aux poissons au sud de la capitale du Sénégal. Ils entourent un géant dont la tenue confectionnée à partir de centaines de déchets plastiques ne passe pas inaperçue. Tous acquiescent au discours bien rodé de l’homme au béret militaire et à la pancarte : « Non aux déchets plastiques ».

fin de rencontre et n’ont pas été loin de donner plus d’ampleur au score sur la fin.

Le message de « Plastic Man », comme l’a surnommé un jour un journaliste anglais, résonne particulièrement sur cette étendue de sable blanc où les pirogues multicolores cohabitent avec les bouteilles en plastique, les sacs jetables et les filets de pêche usagés qui jonchent le sol. « Avant, cette plage était paradisiaque et on trouvait des centaines de poissons à 10 m du bord », se souvient Ibrahima Diop, 50 ans, qui pêche ici depuis qu’il est enfant.

À partir des années 1990, il a vu augmenter la quantité de déchets plastiques, au rythme de la diminution des poissons : « Nous tentons de nettoyer au maximum pour éviter que tous les déchets qui se déversent ici ne soient emportés par l’océan, mais nous ne pouvons pas le faire seuls. Voilà pourquoi nous remercions « l’homme plastique » pour son long combat. »

Ancien militaire, Modou Fall, 50 ans, a tout quitté pour…

Sénégal : Urbasolar exporte l’autoconsommation en Afrique

Grâce à son expertise et son goût pour l’innovation, Urbasolar fait partie des leaders français dans le secteur photovoltaïque. Fruit d’un partenariat avec le cimentier Vicat, la centrale off grid sur trackers de Rufisque (Sénégal) constitue un nouveau défi pour l’entreprise montpelliéraine.

Présent depuis 1999 au Sénégal, à travers sa filiale Sococim Industries, le spécialiste du ciment Vicat y dispose d’une usine qui s’étend sur 14 hectares. Dans le cadre de la maîtrise de ses coûts de production, il a fait appel à Urbasolar pour concevoir une solution qui remplace les six groupes électrogènes alimentant actuellement ses installations. « Nous avons découvert les enjeux de ce projet en discutant avec Vicat. Il faut savoir que, sur le site de Rufisque, l’énergie pèse pour 30% dans le coût de production du ciment, sans parler de l’impact écologique de l’utilisation du fioul », explique Arnaud Mine, cofondateur et président d’Urbasolar. C’est ainsi que l’usine va accueillir la plus grande centrale « off grid » sur trackers en autoconsommation d’Afrique.

Pilotage des panneaux et programmation des tâches

Avec 250 MW installés depuis sa création et un quart de son chiffre d’affaires réalisé à l’international, Urbasolar fait partie des champions du secteur. Les montpelliérains savent concevoir une solution adaptée à chaque demande : « Le projet a mis deux ans à murir car il a fallu développer des logiciels et des outils de pilotage de l’installation très précis qui puissent proposer des programmations de tâches en fonction des prévisions de production », détaille Arnaud Mine.

Chaque jour, les trackers qui équipent les 2 500 panneaux photovoltaïques du site vont analyser les données météorologiques et les combiner aux différentes données de fonctionnement de l’usine pour proposer une organisation optimale du travail, calquée sur l’hypothèse de production d’énergie solaire. La centrale sera donc optimisée au quotidien pour fournir l’électricité nécessaire à l’usine, sans batterie de stockage. De quoi diviser par trois le coût du kilowattheure et réduire les émissions de Co² de 10 000 tonnes par an.

Transfert de compétences

Urbasolar a déjà modélisé des centrales solaires sur d’autres sites industriels africains, notamment dans la filière coton, au Burkina Faso. Cette connaissance du terrain sera mise à profit sur le projet ambitieux de Rufisque. « En Afrique, nous savons que les conditions climatiques impliquent des choix technologiques, pour supporter les températures ou les amas de poussières. Sur un site isolé, nous savons aussi qu’il faudra consacrer un temps précieux au transfert de savoir-faire », souligne Arnaud Mine. Une expertise d’autant plus importante que Vicat restera propriétaire de cette centrale de 7 MWc une fois construite.

L’Université virtuelle du Sénégal, du numérique au physique

Après des débuts hasardeux en 2013, l’UVS, qui dispense ses cours en ligne, a revu sa copie : près de 27 000 étudiants y ont fait leur rentrée cet automne.

Quand l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) vont à Dakar, c’est à l’Université virtuelle du Sénégal (UVS) qu’ils se retrouvent. Il y a un mois, c’est là que les deux prestigieux établissements français ont organisé un atelier d’initiation à l’analyse des réseaux. Depuis que l’UVS, premier établissement de ce type en Afrique francophone, a ouvert ses portes il y a cinq ans, Dakar est entré de plain-pied dans l’ère numérique.

Enterrés les doutes et les balbutiements des débuts. Aujourd’hui l’UVS a trouvé sa place dans le paysage. Près de 27 000 étudiants y ont fait leur rentrée cet automne. On y prépare désormais douze licences allant des mathématiques aux sciences politiques, en passant par la gestion ou les arts graphiques. Une majorité des formations sont à visée professionnelle, avec un accent fort mis sur le numérique. Dix masters sont aussi disponibles et, depuis avril, tout est accessible aux salariés dans le cadre de leur formation continue. Preuve qu’un long chemin a été parcouru depuis la création, en septembre 2013, de ce programme qui paraissait au mieux audacieux, au pire totalement hasardeux.

Ajustements majeurs

Cependant, même si la notoriété du lieu s’est accrue, Fatoumata Niang, étudiante en licence 2 de communication numérique, ne nie pas les craintes qu’elle a ressenties lors de son arrivée en première année et avoue même s’être « inscrite dans une formation privée en parallèle ». Quelques mois lui ont permis de lever ses doutes et, aujourd’hui, elle étudie « sans filet » à l’UVS, projetant même d’y faire son doctorat. Et les cours de l’espace numérique ouvert (ENO) de Guédiawaye, en banlieue dakaroise – l’un des douze centres où sont répartis les étudiants de l’université –, font désormais partie de son quotidien.

Episode 1 Ces étudiants français qui choisissent le Sénégal

Si aujourd’hui de nouveaux bacheliers sont enthousiastes pour intégrer l’UVS, c’est aussi parce que le système pédagogique a largement évolué, en s’adaptant aux besoins des étudiants. A la rentrée 2017, l’université a connu des ajustements majeurs. Le modèle est passé du cours à suivre seul devant son écran, sans soutien spécifique, à une organisation plus encadrée. « Des enseignements où la présence de l’étudiant est obligatoire au sein de l’ENO viennent désormais compléter les cours en ligne, rappelle Yacine Samb, responsable au sein de la structure de Guédiawaye. Et depuis 2015, les examens requièrent la présence physique de l’étudiant. »

Il ne s’agit pas d’une remise en cause de la virtualité des enseignements, juste d’un accompagnement offert aux étudiants, parfois en difficulté dans le travail solitaire. Toujours pas de professeur « en chair et en os », donc, si ce n’est pour les cours de remise à niveau dispensés avant les examens. La seule concession au modèle est la mise en place d’un cours projeté pour que les premières années apprennent à accéder à la plate-forme. La mesure a été mise en place pour juguler le taux d’abandon précoce de 30 % lors des premières promotions.

Episode 2 Au Sénégal, une école vétérinaire à vocation panafricaine

La première année avait été assez chaotique. Compte tenu de la faiblesse de l’encadrement administratif, huit mois ont été nécessaires pour assurer le démarrage. Un retard qui a repoussé la première cohorte de licenciés à janvier 2018. « En fait, on a fait notre licence en quatre ans », résume Alpha Diallo, un étudiant en licence 3 qui fait partie des « pionniers », comme il aime à se baptiser. Des pionniers « actifs », car les étudiants ont aussi été les moteurs des changements de l’UVS.

Travaux de groupe et entraide

Fini les couloirs vides des premiers mois. Dans les différents espaces numériques, les étudiants ont investi les salles de cours à toute heure pour y monter ensemble des travaux de groupe ou réviser à plusieurs avant les examens. Chaque ENO a mis en place son bureau des étudiants, le « BENO ». Et, en plus de cette entraide au sein des promotions, les anciens jouent le rôle de moniteurs auprès des nouveaux et servent de relais pour les informations relatives aux œuvres sociales. Non contents d’avoir investi physiquement le lieu, ils ont aussi mis en place des pages spécifiques sur les réseaux sociaux, pour la discussion et l’entraide, afin d’éviter de rester seul face à ses blocages.

Au Sénégal, un centre pour former les Africains à la cybersécurité

 L’établissement formera policiers, militaires et civils à la lutte contre le terrorisme, le piratage informatique et la criminalité dans l’espace numérique.

Les ministres français et sénégalais des affaires étrangères ont inauguré, mardi 6 novembre à Dakar, une école de cybersécurité à vocation régionale. « Aucun pays ne peut se prémunir à lui seul des cyberattaques », a déclaré le chef de la diplomatie sénégalaise, Sidiki Kaba, à l’occasion du cinquième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Présenté lors de l’édition précédente du forum, le projet a été conçu pour développer les compétences des pays africains en matière de lutte contre la cybercriminalité et le cyberterrorisme, mais pas seulement. « Cette école n’est pas qu’un projet de défense mais répondra aussi aux besoins de régulation économique dans l’espace numérique », confiait lors de l’annonce de sa création, en novembre 2017, une source haut placée au sein de la Direction de la coopération de sécurité et de défense, organe du Quai d’Orsay qui pilote ce projet : « L’Afrique est en train d’effectuer des sauts technologiques plus rapides que l’Europe sans avoir tous les systèmes de protection nécessaires. Cet établissement permettra aux élites africaines de pallier leurs vulnérabilités informatiques. »

L’une des « priorités du futur »

Impulsée par la France mais portée par le Sénégal, l’idée de ce centre de formation est d’abord une volonté de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, qui voit dans la cybersécurité l’une des « priorités du futur » sur le continent.

« Les phénomènes d’usage d’Internet pour le financement du terrorisme et la diffusion de discours extrémistes encourageant à la radicalisation constituent des menaces pour la stabilité de ces Etats, a expliqué dans un communiqué le ministère français des affaires étrangères. Extorquer de l’argent ou détourner des systèmes de transfert constitue également un défi à la sécurité. En outre, le cyberespace ne connaissant pas de frontière, cette criminalité peut potentiellement affecter les Etats au-delà du continent africain. »

Episode 2 Au Sénégal, une école vétérinaire à vocation panafricaine

Provisoirement installé à Dakar, au sein des locaux de l’Ecole nationale d’administration (ENA), ce centre de formation disposera bientôt de son propre bâtiment dans la ville nouvelle de Diamniadio, située à une trentaine de kilomètres à l’est de la capitale. Il fera partie du réseau des Ecoles nationales à vocation régionale (ENVR), ces établissements de formation sécuritaire issus de partenariats entre la France et des Etats africains. Il en existe aujourd’hui seize dans dix pays, couvrant des domaines tels que le déminage, le maintien de l’ordre, la sécurité maritime et la protection civile. Deux ENVR ont été créées au Sénégal, l’une pour la formation de l’infanterie, à Thiès, et l’autre pour les officiers de gendarmerie, à Ouakam. Comme pour les autres établissements du réseau, l’école de cybersécurité devra respecter la règle suivante : 30 % d’étudiants nationaux et 70 % en provenance d’autres pays africains.

Si l’école s’adresse en priorité aux policiers et aux militaires, il est prévu qu’elle accepte aussi des civils et forme des jeunes à destination des entreprises. Ses cursus couvriront aussi bien la lutte contre le piratage informatique ou la surveillance d’Internet et des réseaux sociaux que la mise en place de cyberpatrouilleurs et de réseaux étatiques sécurisés.

Succès de la division spéciale

Plusieurs raisons expliquent le choix du Sénégal comme pays d’accueil. « Les Sénégalais possèdent des capacités numériques avancées et nous coopérons activement avec eux dans ce domaine,avance Jay Dharmadhikari, conseiller de Jean-Yves Le Drian. En outre, Dakar organise chaque année les Security Days [sur la sécurité numérique en Afrique] avec des entreprises françaises et le pays a adhéré à la convention de Budapest sur la cybercriminalité en 2016. »

La création de cette ENVR apparaît comme la suite logique des succès de la division spéciale de cybersécurité. Mise sur pied en six mois et opérationnelle depuis juillet 2017, cette structure, qui dépend de la direction de la police judiciaire sénégalaise, a déjà plusieurs faits d’armes. Elle a par exemple permis l’arrestation d’une quarantaine de hackeurs qui s’étaient introduits dans le système informatique de grandes entreprises sénégalaises pour détourner des sommes évaluées à plus de 100 000 euros. La France avait participé à la création de cette unité en fournissant 80 000 euros de matériel et en mettant à disposition un expert technique.

Episode 3 L’Université virtuelle du Sénégal, du numérique au physique

« Internet ne peut pas être une zone de non-droit qui échappe au contrôle de nos sociétés », a souligné Jean-Yves Le Drian, estimant que l’école « permettra de renforcer les capacités des Etats africains à exercer leur souveraineté sur le cyberespace ».

Des pays comme le Tchad, le Cameroun, la République démocratique du Congo (RDC), le Mali, le Gabon et le Niger sont régulièrement épinglés pour des coupures d’Internet et la censure sur les réseaux sociaux, en particulier lors des périodes électorales ou des manifestations d’envergure. N’y a-t-il pas un risque de voir ces enseignements et ces outils de cybersécurité détournés de leur usage afin d’augmenter la surveillance électronique et de limiter la liberté d’expression des populations du continent ? La question reste en suspens.