L’activiste camerounais Ramon Cotta dans un état critique

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Ramon Cotta, de son vrai nom Yves Kibouy Bershu, vivait au Gabon depuis dix ans, où il était également connu sous le nom de Steve Akam. Un activiste devenu célèbre pour ses vidéos TikTok très critiques envers les autorités camerounaises.

Avec le réchauffement des relations diplomatiques entre le Gabon et le Cameroun, depuis le coup d’Etat militaire au Gabon, Libreville est devenue une ville moins sûre pour les dissidents camerounais comme Ramon Cotta.

L’activiste a donc été arrêté, puis remis aux autorités camerounaises à la mi-juillet, selon HRW. Puis, plus aucune trace de lui.

Etat critique

Le 20 août 2024, les avocats de Ramon Cotta ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils l’avaient localisé dans une cellule de sécurité du tribunal militaire de Yaoundé, paralysé du côté gauche et souffrant de « graves déficiences visuelles », à la suite de tortures subies en détention.

La dernière fois que Ramon Cotta avait été vu, c’était dans une vidéo diffusée sur les médias sociaux le 21 juillet, où il se tenait menotté et entouré par des membres de la police camerounaise à un poste frontière entre le Gabon et le Cameroun, dans la ville camerounaise de Kye-Ossi.

« Des informations inquiétantes indiquent qu’il pourrait déjà avoir perdu la vue et la capacité de marcher correctement à cause de la torture », estime Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Human Rights Watch, dans un rapport publié ce mardi 24 août.

« Ses avocats ont déclaré à HRW que leur client était accusé d’actes de terrorisme, d’insurrection, de financement du terrorisme, de trafic d’armes et d’insulte au chef de l’Etat et aux membres du gouvernement », ajoute la chercheuse.

La répression des opposants

Pour HRW, depuis des années, le gouvernement camerounais réprime l’opposition et la liberté d’expression, emprisonne des militants politiques, des journalistes et des dissidents.

A l’approche des élections générales de 2025, il restreint de plus en plus les libertés d’expression et d’association dit l’ONG de défense des droits de l’homme.

L’assassinat du journaliste Martinez Zogo, en janvier 2023, avait remis au-devant de l’actualité la question des atteintes aux droits de l’Homme et à la liberté d’expression au Cameroun.

Le gouvernement camerounais dénonce de son côté « la montée des propos injurieux contre les institutions et ceux qui les incarnent », dans la perspective de l’élection présidentielle de 2025.

Georges Ibrahim Tounkara

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