Sénégal: dernier acte de l’affaire Khalifa Sall le 20 décembre à la Cour suprême

Sénégal

Au Sénégal, Khalifa Sall sera fixé sur son sort le 20 décembre. C’est la date fixée par la Cour suprême qui fait office de Cour de cassation et qui jugera donc les questions de droit. L’ex-maire de Dakar a été condamné cet été en appel à cinq ans de prison ferme pour escroquerie portant sur des deniers publics.

Depuis son arrestation en mars 2017, Khalifa Sall a toujours dénoncé une procédure politique pour l’empêcher d’être candidat à la présidentielle de février prochain. Cette date est donc fixée dans la précipitation, selon la défense.  Pour son avocat, Maître Seydou Diagne, la Cour suprême est aux ordres du pouvoir politique : « Comme depuis le début, la justice est aux ordres. La justice sénégalaise elle-même a un calendrier électoral puisque ces actes de procédures et l’instruction du dossier sont fondés sur le desiderata du gouvernement et du président Macky Sall. L’affaire, c’est de donner le maximum de moyens juridiques au gouvernement pour invalider la candidature de Khalifa Sall. C’est pour ça, on n’est pas surpris. On n’est pas devant une justice. C’est pour ça, nous ne nous faisons pas d’illusions. Nous alertons l’opinion publique nationale et internationale sur l’instrumentalisation honteuse de la justice sénégalaise en ce moment contre des opposants politiques. On n’a jamais vu ça au Sénégal ».

L’avocat de l’Etat du Sénégal, maître Baboucar Cissé estime au contraire que la justice est indépendante, qu’il est logique que cette affaire Khalifa Sall aboutisse : « Nous sommes sereins. Le 20 décembre, nous répondrons à la convocation de la Cour suprême. Mais la Cour suprême n’est pas enfermée dans les délais. C’est un argument qu’ils brandissent pour dire que c’est un dossier à caractère politique, etc. Donc rien n’empêche la Cour de statuer. Il vaut mieux traiter le dossier avant la présidentielle pour au moins clarifier les choses. Parce que seulement monsieur Khalifa Sall n’est pas candidat. Il est candidat déclaré. Il vaut mieux que ce dossier-là soit vidé le plus rapidement et que monsieur Khalifa Sall sache au moins sur quel pied danser ».

Le premier tour de l’élection présidentielle est fixé pour le dimanche 24 février 2019.

Khalifa Sall est en prison depuis le 7 mars 2017. L’enquête et le dossier judiciaire ont été menés tambour battant. Alors maire de Dakar, l’élu est inculpé pour détournements de deniers publics. La justice lui reproche d’avoir mal géré une caisse d’avance en produisant chaque mois des fausses factures.

En août 2017, Khalifa Sall depuis sa cellule est néanmoins élu député. Son immunité est levée, son procès s’ouvre en janvier 2018. A la barre durant deux mois, le maire de la capitale affirme qu’il a hérité d’un système, que cette caisse d’avance est un fonds politique connu de tous, jusqu’à la présidence. Il est condamné à 5 ans de prison pour escroquerie portant sur des deniers publics. En appel, en août dernier, la peine est confirmée et s’aggrave, car Khalifa Sall doit en plus rembourser les 1,8 milliard de francs CFA (2,7 millions d’euros), escroqués.

En septembre, par décret, le président Macky Sall le révoque de ses fonctions de maire de la capitale. Depuis sa cellule, Khalifa Sall confirme qu’il est candidat à la présidentielle de février 2017, en cas de confirmation de sa condamnation, la peine de 5 ans de prison le rendrait inéligible. La Cour suprême rendra donc sa décision le 20 décembre.

rfi.fr

Originally posted 2018-12-13 10:49:08.