Présidentielle 2019: Le Sénégal risque de « sombrer à nouveau dans des violences préélectorales… », selon Alcaly Ben Mohamed Diouf

Sénégal

« Sur une échelle de 1 à 10, le facteur de risques se situe à 10« , selon Alcaly Ben Mohamed Diouf. Le spécialiste en rendez-vous électoraux et spécialiste en Marketing Politique, DIG du cabinet Panafricain de Stratégies de rdv 2swrs (Cabinet 2SWRS) est revenu sur les possibilités de risques de violences lors de l’élection présidentielle de 2019.

Une présidentielle qui risque de se faire sans deux potentiels candidats de grande envergure tels que Karim Wade et Khalifa Sall, tous deux empêtrés dans des dossiers judiciaires, nous rappelle Source A. Karim Wade, candidat déclaré du Pds et le maire, « révoqué » de Dakar n’ont pas dit leur dernier mot. Ce qui faire dire à Alcaly Ben Mohamed Diouf que tous les paramètres sont réunis pour que le Sénégal sombre de nouveau dans des violences préélectorales.

Entretien !

La présidentielle de 2019 pointe son bout du nez. En tant que spécialiste des rendez-vous de marketing électoraux, que pensez-vous de l’opposition ?

L’opposition, pour l’instant, a été fléchée dans les clous du passage clouté ou piétons. Ceci, par la volonté du Maréchal à la pensée unique. Le président sortant qui réside dans la stratégie militaire de la terre brulée. C’est-à-dire, le locataire actuel s’est muté en pompier enfumeur et pseudo sauveur ou destructeur de l’essaimage exponentiel des partis politiques disposants d’un récépissé.

Le Général 7 étoiles a pensé réinventer le fusil d’assaut en utilisant le parrainage masqué derrière un rideau de fumée pour neutraliser les essaims d’abeilles nichés dans son battle-dress de guerre. L’opposition est Groggy, mais toujours debout dans cette bataille aux résultats incertains. Match nul et balle à terre ! Car, opposition et pouvoir sont « au garde à vous » et en ordre de guerre de collecte (de parrains). Ce qui, de facto, devient une primaire avec un vote à bulletin non secret.

Quels sont, aujourd’hui, les candidats à la succession de Macky qui ont un bon positionnement ?

Jusqu’à quelques mois du jour « J » de ce rendez-vous, ma position professionnelle de dirigeant d’un Cabinet de stratégies de rendez-vous m’impose de rester factuel et neutre pour ne faire de pub à personne ou déclencher la paranoïa, qui est le corollaire du pouvoir et un ostracisme inutile sur des leaders. J’ai ma certitude sur les deux finalistes du 2ème tour ; vu qu’une élection ne se gagne pas, mais se perd.

Il faudra que toute l’opposition ait un positionnement de réponse sociale et d’expertise pour faire perdre le 1er tour au sortant. Les candidats à la candidature qui survivront d’abord aux parrainages. Y compris, l’impopulaire sortant et ensuite les candidats parrainés qui ont une base politique significative. Car, le « Macronisme » Français ou le « Talonisme » Béninois ne sera pas encore d’actualité en 2019. La notion de terroir avec ancrage politique a heureusement survécu à la balkanisation géographique du colon.

Je suis cash en affirmant que cet ancrage de fief n’a rien à voir avec la communication ethnico-politique, très à la mode en Afrique, puisque la porosité régionale et le nomadisme ont imposé une agglomération globalisante des implantations multiethniques. Sans me cacher derrière mon petit doigt et jouer à l’apprenti sorcier alimentaire, je précise que la loi des séries africaines ne faisant pas exception, au Sénégal, avec cinq ex premiers ministres dans la course, alors de ce chapeau, sortiront les deux finalistes.

Qu’en est-il des autres ?

Les autres recalés traverseront le désert de l’échec d’une primaire mafieuse de parrainages institutionnalisés par le Capo. Puis, ils rumineront les 30 millions de patates de francs CFA perdus qu’ils essaieront de négocier en alliance avec l’un des finalistes, comme d’habitude, en attente du prochain loto dans cinq ans.

Toute l’opposition rêve d’empêcher Macky Sall d’avoir un second mandat. Au regard des derniers développements, relatifs aux candidatures hypothétiques de Karim Wade et Khalifa Sall, quelles sont les chances pour que cela arrive ?

Les chances de faire échec et mat, il y a 2 solutions. D’abord, que chaque candidat dans l’opposition renforce son camp et massifie ses troupes. Puis, les galvanise pour inverser la tendance de la prime au sortant afin de provoquer la débandade psychologique dans le camp adverse du pouvoir.

La 2ème solution pour empêcher à Macky Sall d’avoir un second mandat consistera à former les sentinelles des bureaux de votes pour sécuriser le scrutin afin d’éviter les fraudes qui étoufferont les tentations de dol électoral, afin qu’il y ait le fatidique second tour.

Le secrétaire général du Pds, Mr Abdoulaye Wade, s’entête à vouloir imposer la candidature de son fils Karim Wade au mépris des avis contradictoires au sein de sa formation politique. A votre avis, que cherche l’ancien président de la République ?

La politique de la terre brûlée. Comme pour son ex étudiant sorti de la bonne école, il va imposer un tempo de guerre des tranchées et de ce corps à corps. Nul n’en connait l’issue d’avance, car il y a eu ailleurs des précédents électoraux avec corollaires déstabilisateurs. Le PDS de Wade et Karim, qui a eu à forger Idy puis Macky, l’a bien compris et ce parti aguerri aux combats multiformes se prépare à livrer la mère des guerres. Car, sauf miracle, si Karim débarque ou traverse la frontière en novembre, quel que soit le mode d’entrée, la confrontation parait inévitable.

Il y a aussi le cas de Khalifa Sall, le socialiste. Dans le désespoir, ces entités politiques n’auront plus rien à perdre, nonobstant, les blindés des forces anti émeutes etc.

Quels sont les risques de voir le Sénégal sombrer de nouveau dans des violences préélectorales ?

Sur une échelle de 1 à 10, le facteur de risques se situe à 10. Car, tous les paramètres sont réunis avec un Wade sans peur, forceur de barrages de police. Puis, un Maréchal (Macky Sall) dont l’addiction pour franchir la ligne rouge est certaine, ayant voté sans carte d’identité en 2002, imité dans ses libéralités, par un autre ministre libéral, Khoureichi. Alors à qui le tour en 2019 ?

Avec Omar Ndiaye (SourceA)