Les bons et mauvais comptes du Sénégal

Sénégal

Sur le plan économique, l’année 2018 a été marquée par  la polémique autour de  la tension budgétaire du Sénégal, le bras de fer entre les commerçants sénégalais et le groupe français Auchan s’activant dans la grande distribution. La finalisation de  l’accord de pêche entre le Sénégal et la Mauritanie et la signature des deniers actes concernant l’exploitation du gaz découvert sur les frontières entre le Sénégal et la Mauritanie sont aussi des faits saillants de l’année 2018. Et pour terminer l’année en beauté, la 7ème édition du Groupe consultatif de Paris tenue les 17 et 18 décembre derniers, a permis au gouvernement sénégalais de mobiliser 8091 milliards de FCFA.

Le 31 octobre 2018 lors d’une conférence de presse à Dakar, Michel Lazare, chef de mission du FMI pour le Sénégal indiquait que des tensions budgétaires guettent le Sénégal, et qu’il allait connaitre un manque à gagner de 115 milliards de FCFA sur les 3 derniers mois de l’année 2018. Michelle Lazare expliquait également  que cela est dû en partie à la hausse des prix mondiaux du pétrole, au maintien de la stabilité des prix de l’énergie dans le pays qui ont amoindri la rentrée d’argent provenant des produits pétroliers. Dans cette dernière  revue de l’instrument de soutien à la politique économique(ISPE), le FMI avait prédit une croissance supérieure à 6% pour l’année 2018.

Suite à cette alerte, le ministre de l’Economie et des finances Amadou Ba est montée au créneau pour apporter des précisions sur la question. L’argentier de l’Etat déclarait que « le Sénégal avait délibérément opté pour cette situation face à  certains défis qu’il se devait de relever lesquels demandent des sacrifices qui ne peuvent pas ne pas influencer sur la trésorerie ». Amadou Ba révélait également  que le Sénégal n’est pas confronté à des tensions de trésorerie, mais à des tensions budgétaires, précisant que les propos qu’il avait tenus le 13 novembre concernant cette question ont été mal interprétés. Finalement, le mardi 13 novembre, lors de la revue conjointe du portefeuille entre le Sénégal et la Banque mondiale, l’argentier de l’Etat a lui-même reconnu cette tension de trésorerie nette. Toutefois, il a tenu à préciser qu’une telle situation s’explique par la hausse du prix du baril de pétrole de près 80% et du cours du dollar non répercutés sur les prix du carburant et de l’électricité. Ce qui constitue un manque à gagner de recettes fiscales de plus de 100 milliards par an.

Tiraillement entre les commerçants sénégalais et le groupe Auchan

La prolifération des magasins du groupe Auchan avait suscité l’ire des commerçants sénégalais et du ‘’collectif Auchan dégage’’ qui a été installé le 26 juin 2018. Ces derniers réclamaient le départ de Auchan, estimant que sa présence représente un frein au développement économique de leur activité. Et pour l’Unacois, 15000 emplois de petits commerçants pourraient disparaître à cause d’Auchan. Face à cette situation, le chef de l’état Macky Sall avait instruit au gouvernement d’interdire toute nouvelle ouverture de magasin Auchan, jusqu’à la mise en place de la réglementation sur la grande distribution au Sénégal.

Accord de pêche et accords gaziers finalisés

Le 19 décembre 2018, le ministre de la  Pêche Oumar Guèye avait procédé  à la signature du protocole d’accord avec son homologue mauritanien. D’une durée d’un an  renouvelable, cette nouvelle convention accorde aux pêcheurs sénégalais 400 licences de pêches, pour une capture de 50000 tonnes de poissons pélagiques. Toutefois, les captures seront désormais débarquées en présence d’experts halieutiques Mauritaniens. Le 21 décembre 2018, le Sénégal et la Mauritanie ont  signé de nouveaux accords gaziers, avant le lancement de l’exploitation à l’horizon 2022 du champ marin de ‘’Grand Tortue Ahmeyim’’ a la frontière entre les deux pays. A rappeler que le gisement de ‘’Grand Tortue Ahmeyim’’  a été découvert en 2015 par Kosmos Energy et British Petroleum.

Pari réussi au Groupe consultatif de Paris

Au Groupe consultatif de Paris tenu les 17 et 18 décembre, le Sénégal a encore gagné la confiance des bailleurs de fonds. En effet, le gouvernement de Macky Sall qui cherchait 2 850 milliards de FCFA, s’est retrouvé avec 8091 milliards de FCFA. Les partenaires techniques financiers, convaincus de l’exécution de la première phase du Plan Sénégal émergent (Pse), ont été généreux.