Mois sans tabac : à quels effets s’attendre lorsque l’on arrête de fumer ?

Santé

ÉCLAIRAGE – Le « mois sans tabac », qui débute le 1er novembre, est l’occasion idéale pour arrêter de fumer. Afin d’éviter les rechutes, cette démarche nécessite cependant d’être bien informé et préparé.

t si cette fois-ci, c’était vraiment la bonne ? À partir du 1er novembre débute le « mois sans tabac », un défi collectif qui propose aux fumeurs d’arrêter le tabac pendant un mois, accompagnés de leurs proches. Fumeurs occasionnels ou réguliers, depuis quelques mois ou de longues années… Quelque soit votre profil, cette manifestation peut-être l’occasion de franchir le pas.

Avant de se lancer à corps perdu dans ce défi, il est important d‘être informé au maximum. « C’est une démarche qui nécessite de se préparer et d’en avoir envie », rappelle le Pr Michel Reynaud, psychiatre, addictologue et président du Fonds d’Action Addiction contacté par RTL.fr.

Le médecin recommande par ailleurs aux fumeurs qui souhaitent arrêter de se faire accompagner, par exemple en s’inscrivant dans un groupe Facebook, ou encore en étant suivi par un addictologue.

Durant les premiers jours

Car dès l’instant où l’on cesse de fumer, les effets, positifs ou négatifs, apparaissent. Ces symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre et changent également dans le temps.

Durant les premières 24 heures après votre dernière cigarette, vous pouvez ressentir un étourdissement ou une sensation de vertiges. Celui-ci peut être lié au stress lié à l’envie de fumer, mais aussi à la meilleure oxygénation de votre organisme. Cette sensation disparaît généralement au bout de 72 heures.

Irritabilité, obnubilation par la cigarette, pression dans la tête ou les yeux… Pour éviter de ressentir les effets liés au manque, le Pr Reynaud conseille de commencer par prendre des substituts nicotiniques (patches, e-cigarettes) avec le bon dosage de nicotine. Selon le degré de dépendance et sur conseil du médecin, ce traitement pourra être arrêté au bout de plusieurs mois.

Mais ces désagréments sont compensés par des effets positifs, qui apparaissent très rapidement : 8 heures après votre dernière cigarette, l’oxygénation de vos cellules redevient normale. En 24 heures, l’organisme ne contient plus de nicotine. Le goût et l’odeur des aliments revient en deux jours, et votre souffle s’améliore au bout de 3 jours, selon la Fédération Française de Cardiologie.

Durant les premières semaines

Au cours des premières semaines, de nombreux autres symptômes peuvent également apparaître. « Mais ils ne sont pas les mêmes pour tout le monde », précise le Pr Reynaud, d’où la nécessité « d’adapter le traitement pour que le sevrage se passe au mieux », rappelle le médecin.

Cela peut se traduire par de la constipation, liée à la réaccoutumance de votre organisme. Pour l’éviter, mangez des aliments sources de fibres, faites du sport et buvez de l’eau. D’autres ex-fumeurs peuvent éprouver des difficultés à s’endormir, qui peuvent être limitées en évitant la consommation d’excitants et en adaptant son rythme de vie (lecture le soir, pas de télévision…).

Le goût et l’odeur réels des aliments reviennent, ce qui ravive l’appétit et peut augmenter l’envie de sucre. Pour limiter ce désagrément, posez-vous la question : avez-vous vraiment faim, ou avez-vous simplement envie de porter quelque chose à votre bouche pour remplacer le geste de la cigarette ? Si vous ressentez vraiment l’envie de grignoter, privilégiez des aliments peu caloriques.

Dans le même temps, vous pourrez déjà noter des effets positifs : « on augmente son périmètre de marche et de course, l’haleine est meilleure« , explique le Pr Reynaud. En quelques semaines, les individus souffrant de bronchite chronique et problèmes cardio-vasculairesconstatent également une amélioration de leur condition.

Au bout de quelques mois

À partir de trois mois environ, les effets indésirables tendent à disparaître, tandis que le souffle et les capacités physiques s’améliorent. Peut subsister, néanmoins, une envie soudaine de fumer déclenchée par des situations particulières (période de stress au travail, fête avec de l’alcool…).