Mauritanie : le collège de défense du G5 Sahel ouvre ses portes

Mauritanie

Trois ans après sa création, le G5 Sahel se dote d’un collège de défense, entièrement consacré à la formation de ses forces conjointes. Une coopération transnationale indispensable à la sécurité de la région.

Rentrée des classes pour la première promotion d’officiers supérieurs des pays du G5 Sahel ce lundi, à Nouakchott. Près de 35 officiers supérieurs recevront donc « des cours d’état-major et de guerre » afin de les préparer au passage au grade de général. Le tout, « en huit mois », a affirmé à l’AFP un responsable militaire mauritanien. L’établissement est sous la responsabilité du général de brigade mauritanien Brahim Vall. Il a été financé en partie par les pays du Golfe. Cette réalisation, qui coûtera 800 000 euros par an, est soutenue par plusieurs pays, à l’instar de l’Égypte, de l’Allemagne et de la France. Cette dernière fournit un coopérant inséré, des missions d’appui pédagogique et des équipements. Pour rappel, la mise en place d’une telle école fut une des premières décisions validées par le G5, à sa création en 2015.

« Adopter un concept » transnational

L’objectif du collège, « première école de guerre transnationale dans la monde », d’après Charles Michel, officier et directeur des études : améliorer l’efficacité de la force conjointe et développer la coopération entre leurs cinq armées. Autre finalité, suggérée par le secrétaire permanent de l’organisation, Maman Sambo Sidikou, en septembre dernier lors de l’inauguration de l’établissement : « tirer le bilan des six opérations de la force conjointe du G5 Sahel avec leurs parties prenantes afin d’améliorer les prochains déploiements de bataillons et d’adopter un concept pour nos activités civilo-militaires ». Un appel entendu par le nouveau chef de la force conjointe Hanena Ould Sidi, dont le quartier général est désormais établi à Bamako. Le général mauritanien a en effet programmé trois nouvelles opérations dans les prochaines semaines, a annoncé la semaine dernière la ministre française des Armées Florence Parly, en déplacement au Tchad.

Réagir à un environnement plein de dangers

Cette décision prise alors que de nombreuses attaques terroristes frappent encore régulièrement cette région d’Afrique. Une force du G5 Sahel a d’ailleurs été visée en juin dernier à Sévaré, au Mali, faisant cinq morts. L’attaque avait été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, une organisation liée à Al-Qaïda. Elle avait été suivie d’un attentat perpétré à Gao, le 1er juillet, contre des soldats français de l’opération Barkhane. Ces derniers mois, le Burkina Faso paie le plus lourd tribut. En deux semaines, plus de vingt membres des forces de sécurité ont été tués dans le nord et l’est du pays. Une situation qui a poussé ses dirigeants à solliciter l’aide de la force Barkhane. « Avec le Burkina, nous restons disponibles, car le rôle de Barkhane, c’est aussi d’appuyer les forces nationales [de la bande sahélo-saharienne, NDLR] partout où c’est nécessaire et si elles le demandent, comme on le fait au Niger ou au Mali », avait souligné Florence Parly. De quoi faire évoluer la donne de cette région du Sahel rendue instable par les terroristes islamistes.