Les femmes seraient moins enclines à admettre qu’elles ronflent

Santé

Selon une nouvelle étude scientifique, les femmes auraient tendance à sous-estimer leurs ronflements, tant en termes de survenue que d’intensité. Or, celui-ci peut indiquer un syndrome d’apnée du sommeil.

Menée auprès de 675 femmes, une nouvelle étude, dont les résultats sont parus dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, suggère que les femmes ont grandement tendance à sous-estimer leurs ronflements, tant en termes de fréquence que de volume.

L’étude portait sur 1 913 patients, envoyés dans un centre de traitement des troubles du sommeil d’un hôpital universitaire en vue d’une évaluation de leur sommeil. Les participants, ayant une moyenne d’âge de 49 ans, ont reçu un questionnaire leur demandant d’évaluer la gravité de leurs ronflements. Le volume objectif du ronflement a été quantifié à l’aide d’un appareil de mesure du son, et ce durant toute une nuit. L’intensité du ronflement a ensuite été classée selon son niveau sonore : intensité légère (40 à 45 décibels), modérée (45 à 55 décibels), grave (55 à 60 décibels) et très sévère (60 décibels ou plus).

Les résultats montrent que 88% des femmes (591 sur 675) ronflaient à une intensité modérée, mais seules 72% des 675 femmes (soit 496 participantes) ont déclaré ronfler. En revanche, chez les hommes, le ronflement objectif observé (92,6%) était plus proche du ronflement autodéclaré (93,1%). L’étude indique en outre que les femmes ronflaient aussi fort que leurs homologues masculins, avec une intensité de ronflement maximale autour de 50 décibels chez les femmes, contre 51,7 décibels chez les hommes. Et si environ 49% des femmes de l’étude avaient un ronflement grave voire très grave au niveau sonore (329 femmes sur 675), seules 40% des femmes (269 sur 675) ont évalué leurs ronflements à ce niveau.

Nous avons constaté que, même si aucune différence d’intensité de ronflement n’était constatée entre les sexes, les femmes ont tendance à sous-estimer le fait qu’elles ronflent et à sous-estimer l’intensité de leur ronflement”, a résumé Nimrod Maimon, auteur principal de l’étude et professeur à la faculté des sciences de la Soroka University Medical Center de Be’er Sheva en Israël. “Les femmes ont déclaré ronfler moins souvent et ont décrit [leurs ronflements] comme plus doux”, a-t-il ajouté, soulignant qu’il existe une stigmatisation autour du ronflement chez la femme, alors qu’il est assez banal chez l’homme.

Le soucis, c’est que cette sous-estimation peut contribuer à un sous-diagnostic de l’apnée du sommeil chez la femme, le ronflement étant l’un des symptômes et signes d’alerte d’un syndrome d’apnée du sommeil.

Aussi l’équipe de recherche invite-t-elle les médecins et autres professionnels de santé à prendre en compte d’autres facteurs que le ronflement autodéclaré pour diagnostiquer une apnée du sommeil chez les femmes, comme la fatigue chronique, les somnolences en journée ou encore les troubles de la mémoire et de la concentration.

Source : Science Daily