L’armée impérialiste française envoie le sénégalais Omar au coma L’Etat du Sénégal arrête ceux qui s’indignent

Sénégal

Le 16 septembre dernier, notre compatriote Omar Watt a été violemment passé à tabac par un militaire français au Sénégal. Depuis lors, Omar est dans le coma.

Le Collectif pour la justice et contre les violences policières a voulu organiser une manifestation le 29 septembre dernier entre la Place de la nation (ex Place de l’Obélisque) et la RTS pour exiger 1) l’évacuation de Omar par les Etats sénégalais et français 2) dire « Plus jamais ça ! » et 3) réclamer justice. Le préfet de Dakar a interdit la manifestation. Les quatre motifs fallacieux invoqués pour l’interdire : 1) risque de trouble à l’ordre public 2) risque d’infiltration 3) affaire pendante devant la justice 4) tentative de discrédit d’une institution de la république. Le FRAPP dénonce énergiquement cette atteinte au droit des citoyens à manifester. Cette interdiction est d’autant plus scandaleuse que le président de la république Macky Sall a participé à une manifestation à Paris pour dire « Je suis Charlie » et son préfet interdit que des sénégalais dans leur propre pays manifestent pour dire « Je suis Omar ». Le plus cocasse dans cette interdiction est que la police de la Médina n’a même pas fait semblant d’enquêter. Aucun des membres du Collectif n’a été convoqué pour enquête.

Le FRAPP avait introduit une lettre d’information pour marcher de la Grande mosquée de Dakar à l’ambassade de France au Sénégal. Une marche pour demander 1) l’évacuation de Omar par les Etats sénégalais et français 2) dire « Plus jamais ça ! » demander 3) le retrait de l’armée française du Sénégal. Le préfet de Dakar a interdit cette manifestation pour les mêmes motifs que ceux qu’il avait invoqués pour interdire la marche du Collectif mais en y ajoutant un cinquième motif : arrêté Ousmane Ngom. Le FRAPP savait que le président

Macky Sall était l’homme de l’impérialisme, particulièrement de l’impérialisme français. Mais interdire une manifestation devant l’ambassade de France au Sénégal avec entre autres motifs « tentative de discrédit d’une institution publique » : le président Macky Sall et son administration touche le fond de la collaboration anti-nationale.

Aujourd’hui le militaire français annoncé à la prison de Reubeuss, puis au Cap Manuel est mieux traité qu’Omar Watt qui est dans une structure de santé où le scanner était tombé en panne. Aucune autorité n’a été à son chevet ni visité sa famille.
En lieu et place de la marche, le FRAPP a tenu à organiser un point de presse devant l’ambassade de France au Sénégal pour dire

  1. que plus jamais le FRAPP n’acceptera qu’un militaire français, c’est-à-dire un soldat d’une armée d’occupation, ne lève la main sur un sénégalais en territoire du Sénégal
  2. que si l’Etat impérialiste français veut avoir une utilité, il n’a qu’à voir avec l’Etat sénégalais comment prendre en charge l’évacuation de notre compatriote Omar Watt
  3. que l’armée française, armée impérialiste, doit s’en aller du Sénégal dans les meilleurs délais

Voilà pourquoi nos camarades Thierno Diallo, Alioune Badara Mboup, Pa Moussa Camara, Ablaye Diallo, Mansour Diatta et Guy Marius Sagna ont été arrêtés aujourd’hui mercredi 03 septembre 2018 à 10h45.
Le FRAPP dénonce ces arrestations et exige la libération sans délai des membres du FRAPP.
Le FRAPP exige :

  •  L’évacuation de Omar au frais des Etats sénégalais et français
  •  A l’Etat du Sénégal, que justice soit faite dans cette affaire Omar Watt
  •  L’amélioration des structures publiques de santé pour qu’elles répondent davantage aux besoins des populations
  •  L’arrestation des meurtriers de Seck Ndiaye, Abdoulaye Timera, Elimane Touré, Pape Sarr, Fallou Sène assassinés par la Police et la gendarmerie et que justice soit faite
  •  Le départ de l’armée française du Sénégal

Dakar, le 03 octobre 2018

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