Hier Etat paria, l’Erythrée en passe de devenir un acteur central de la Corne de l’Afrique

Afrique

Avec la levée des sanctions des Nations unies, le pays d’Isaias Afwerki pourra exploiter son potentiel économique et géostratégique.

En votant à l’unanimité, mercredi 14 novembre, l’annulation des sanctions contre l’Erythrée, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a fait le pari que le pays aura ainsi plus de chances de se réformer et de passer du statut d’Etat paria à celui d’Etat participant à l’élaboration d’une « nouvelle Corne de l’Afrique » apaisée.

La levée des sanctions (embargo sur les armes, gel d’avoirs, interdiction de voyager pour certains responsables) revient aussi à accorder une victoire à son président, Isaias Afwerki.

Celui-ci a tout traversé. Les décennies de guerre de libération contre l’armée éthiopienne, alors appuyée par l’Union soviétique (URSS), jusqu’à l’indépendance, en 1993. Les purges dans le maquis. Puis un nouveau conflit avec l’Ethiopie (1998-2000) et, enfin, deux décennies de tensions régionales, accompagnées, sur le plan international, d’une mise au ban. Il a aussi imposé un régime de fer à l’Erythrée, l’une des nations les plus fermées au monde.

Des milliards de tonnes de potasse

A présent, Isaias Afwerki savoure sa victoire. Mieux, comme l’explique un de ses proches, qui mène de discrets offices dans les capitales étrangères et « gère » la relation avec le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed : l’Erythrée s’apprête à vivre « un moment capital comme il n’y en a jamais eu ».