Décès de Mbaye Diack, le combattant dépose les armes

Sénégal

La grande faucheuse vient, à nouveau, de frapper la classe politique sénégalaise.  Mbaye Diack, acteur majeur du mouvement estudiantin lors des événements de Mai-68, en sa qualité d’ancien président de l’Union démocratique des étudiants du Sénégal (Udes), est décédé, ce dimanche, à l’hôpital Principal de Dakar. Une période pendant laquelle il ferraillait avec des socalistes comme feu Djibo Laïty Kâ.

Compagnon de très longue date de figures tutélaires de la gauche sénégalaise comme Abdoulaye Bathily, Landing Savané, Babacar Sané, Mbaba Guissé, Mamadou Diop Decroi, Mamadou Ndoye…, ce professeur de mathématiques par accident fut, pour ceux qui ne le savent pas, d’abord étudiant à Centrale de Paris. Brillant sujet mais révolutionnaire dans l’âme, il avait fait les frais du régime socialiste d’alors qui l’avait retenu au Sénégal, emprisonné et engagé de force dans l’armée.

Dans une sortie mémorable, le Secrétaire général adjoint de la Ld/Mpt de l’époque avait fusillé Abdoulaye Bathily, l’accusant au passage de tous les péchés d’Israël, avant de claquer la porte. Il flétrissait sa mise à l’écart quand il s’est agi, au lendemain de la victoire de Me Abdoulaye Wade, de composter le premier gouvernement du Front pour l’alternance (Fal) dirigé par Moustapha Niasse.

Connaissant ses aptitudes, le nouveau chef de l’État le nomme Secrétaire général adjoint de la présidence de la République. Des années plus tard, Mbaye Diack a mis sur pied sa propre formation politique : l’Union des forces politiques émergentes (Ufpe) qui fut membre de la coalition présidentielle d’alors, en l’occurrence la Cap 2, que coordonnait le Pr Iba Der Thiam.

Dernièrement, les sorties médiatiques de l’époux de Mame Bousso Samb, une grande militante des causes politiques et syndicales qui fut député à l’Assemblée nationale, se faisaient de plus en plus rares, mais il avait tout de même demandé, à travers une lettre ouverte, au président Macky Sall «de tout faire pour avoir un consens sur la question du parrainage». C’était à la veille de la dernière élection présidentielle.

Réputé intègre, il disait, en novembre 2012, dans une interview accordée à Walfadjri, fustigeant la traque aux biens dits mal acquis, ces propos : «Je sais bien comment l’argent circulait dans ce pays. Il y a des gens qui cherchaient à avoir de l’argent. Si je le voulais, j’en aurais eu. Mais, j’ai refusé par principe». Tout le monde ne peut pas en dire autant. L’heure et le lieu de l’enterrement ne sont pas encore communiqués.