Appel au dialogue politique : Rewmi et Pastef déjouent le piège de Macky

Sénégal

Les antécédents de la présidentielle. Les coalitions «Sonko Président» et «Idy2019», n’avaient pas reconnu la victoire au premier tour de Macky Sall. Au point qu’ils l’ont vilipendé par toutes les façons. La sortie au vitriol de Sonko à «Jeune Afrique» et le livre blanc de la coalition Idy2019 ont plus creusé le fossé…C’est en ce sens que l’appel au dialogue de Macky Sall serait vu comme un piège.

Idy et Sonko déjouent le piège tendu par Macky…

  Le Front National de Résistance ( FNR) a répondu à l’appel de Aly  Ngouille Ndiaye sur l’avant-projet des termes de référence du dialogue national prévu le 28 mai 2019, avec le chef de l’Etat. Mais, Idrissa Seck et Ousmane Sonko, ont brillé par leur absence. Ils n’ont pas envoyé de mandataires.  Cet état de fait montre une fois de plu que les deux les farouches opposants du Président Macky Sall restent scotchés à leur logique. Celle de ne pas reconnaitre la victoire de Macky Sall, encore moins de l’appeler pour le féliciter. Car, après cet acte posé aux yeux et au su de tout le monde, donner une suite favorable à l’appel de Macky Sall, serait un véritable déni qui peut leur coûter très cher aux yeux de l’opinion. Et les conséquences peuvent être immédiates. Car, comment ne pas reconnaitre la victoire d’un adversaire et reconnaitre immédiatement son autorité. C’est ce piège politique que Sonko et Idy ont évité.

  «Macky ne mérite pas d’être reconnu vainqueur»

 Ousmane Sonko  est amer après la victoire de Macky Sall au premier tour de la Présidentielle du 24 février 2019. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le président de Sonko Président explique pourquoi il n’a pas félicité Macky Sall.

Arrivé troisième à la Présidentielle derrière Idrissa Seck  et Macky Sall, Sonko ne digère pas toujours. Dans un entretien accordé à « Jeune Afrique », Ousmane Sonko, leader du Pastef a expliqué les raisons pour lesquelles il n’a pas accepté la victoire du président Macky Sall.

«Je considère en effet que Macky Sall ne mérite pas d’être reconnu vainqueur. Car, il a fait cavalier seul, définissant les règles du jeu sans aucune concertation avec l’opposition, en violation du consensus qui prévalait au Sénégal depuis 1998. Cela concerne l’élaboration du fichier électoral, la distribution des cartes d’électeur, l’absence de neutralité du ministre de l’Intérieur… La position commune que nous avons adoptée tous les quatre est donc de ne pas reconnaitre la légitimité du président Macky Sall, dont la victoire est purement technique», a déclaré Ousmane Sonko.

Le livre blanc

Les experts électoraux de la Coalition Idy2019 ont présenté à la presse le Livre blanc de la Présidentielle produit par la coalition, intitulé : «Élection présidentielle 2019 : Observations saillantes sur un hold-up électoral».

   Le  Président de la commission électorale Mamadou Diop Decroix qui est, en substance, revenu sur le contenu de ce rapport de 56 pages, a mis en exergue « la dimension du hold-up ». Et selon lui déjà, cette opération de trucage de l’élection présidentielle a débuté depuis le Référendum de 2016.

A l’en croire « la coalition au pouvoir a déclaré pour le vote à l’étranger, que 1.213 bureaux de vote ont été répertoriés, alors que sur le fichier électoral seulement 600 bureaux y figurent».

En outre, a révélé toujours Decroix, «le nombre de sénégalais qui avaient voté en 2017 lors des législatives, et ceux qui ont voté pour la Présidentielle, a augmenté de 115.232 voix. Et sur ces voix Macky Sall y a gagné 97.612 lors de la Présidentielle. Pour finir sur le plan national 1,71 million de personnes ont été ajoutées sur la liste, a accusé Mamadou Diop Decroix. Et  Macky Sall a simplement obtenu 917.000 de ces voix».

Analysant l’impact de ces chiffres sur l’élection présidentielle, il a laissé entendre que «le Chef de l’État Macky Sall a eu 1 million de votes fictifs. Il se serait retrouvé avec un taux de 46%, l’obligeant à un deuxième tour».

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